Les syndicats dans le Cantal

10 juillet 2015.

Riom, réactions après le congrès. 

Au moins sur deux points, la présentation de la CGT, suite à son congrès à Riom es Montagnes a fait des vagues pas que dans la Vérone :

-François Boisset, maire de la ville, a démontré son alignement sur la gauche sectaire, et, sous-entendu, son intolérance vis-à-vis de la droite républicaine, mal à l’aise d’avoir été populaire.

-La photo de la salle du congrès pose question : où sont les femmes à la CGT ?

Sur le premier point, nous invitons les détracteurs à aller voir les panneaux indicateurs de direction au rond-point, dit de Chicago. Le sectarisme était où ? Du côté des anciennes municipalités qui avaient choisi de signaler l’existence du collège privé du Sacré Chœur et de passer sous silence la présence du collège républicain  Georges Bataille ou du côté de la nouvelle majorité qui n’a rien changé ?

Sur le deuxième point, inutile de contester le peu de dames sur la photo : c’est une évidence, le photographe aurait pu prévoir la réaction… même si à la tribune elles étaient 4 sur 8 (en comptant l’orateur qui venait d’être élu secrétaire départemental). Contactés, les responsables ont donné des chiffres et, non sans malice,  ils ont aussi fait remarquer que la quasi-totalité des syndicats cantaliens ne peuvent pas être pris en défaut sur la parité dans une telle occasion puisqu’ils ne se réunissent pas en congrès départemental…

32,04 % des adhérents CGT sont des  femmes : elles représentaient 31 % des délégués au Congrès. Elles sont 14 sur 44 élus à la commission exécutive et 4 sur 12 membres du bureau départemental. La parité est en route, c'est un des objectifs fixés par le congrès, mais chez nous les routes montent : se syndiquer quand on est femme à temps partiel avec un contrat précaire…

Entrée de Riom, route de Bort les Orgues, panneau installé depuis des années. Deux remarques : -il est où le collège public ? -funérarium juste après le pôle santé : faut-il y voir une suite automatique ? (rires)

Représentativité.

Histoire de la paille dans l'oeil du voisin et de la poutre... Régulièrement, les politiques, une grosse centaine d'adhérents pour le PS, se plaignent du manque de représentativité des syndicats. Au travers de présentations ou de comptes rendus, éclairages sur l'état des troupes dans le Cantal. Plus d'une fois, nous avons été contacté pour soulever des dossiers... avant d'être amenés à ne rien publier : l'action syndicale reste encore très souvent mal perçue, le monde ici étant tout petit, la peur des retombées incontrolables paralyse trop souvent les énergies.

Ne rien dire quand les choses vont mal est la pire des solutions : les difficultés débouchent alors sur des crispations jusqu'au moment où elles éclatent au grand jour, souvent trop tard, rappelez-vous le dossier de la Sauvegarde toujours pas complètement appuré. 

à chacun sa façon de voir rouge...

Le Cantal a une marque, la marque rouge. Pour commencer le tour des organisations syndicales, visite à la CGT, elle aussi marquée, mais depuis toujours, par le rouge.

Précision à l'attention de ceux qui ne savent pas. Depuis six ans, le secrétaire départemental du syndicat n'était autre que Thierry Bonhoure, mon fils.

D'un commun accord, nous avons tout fait pour que Testu papier et le blog des amis de Testu ne soient pas une courroie de transmission des infos de la CGT. Aucune information syndicale, non rendue publique par ailleurs, n'a été traitée dans nos articles. Certains, y compris parmi les plus "hautes autorités" du département, incapables d'imaginer que l'on pouvait ne pas fonctionner comme eux, ont eu tendance à tout mélanger. Il est même arrivé qu'il y ait confusion entre le père et le fils. 

Thierry a consacré six ans à l'animation de l'Union départementale. Contrairement aux habitudes, il a choisi de ne pas faire carrière dans le syndicalisme qui, comme la politique, ne peut pas être un métier. Il revient dans la fonction publique avec un beau projet à concrétiser dans les cinq années à venir. Le congrès CGT de Riom es Montagnes a été l'occasion de passer la main. Je voulais lui faire un petit coucou public pour la qualité de son engagement, j'espère ne pas vous avoir importuné avec cette parenthèse.

NB : désormais je me sentirai plus libre par rapport à des dossiers syndicaux qui pourraient alimenter nos rubriques.

Bernard bonhoure.  

à Riom, le changement au présent

Un congrès départemental de la CGT, comment ça marche ?

Les caricaturistes présentent souvent la CGT comme une armée de soldats endoctrinés dans une pensée unique : ont-ils, une fois dans leur vie, pris le temps d’aller voir la réalité d’un congrès de ce syndicat ?

Jeudi et vendredi derniers la CGT tenait congrès à Riom-es-Montagnes ; compte rendu.

Première réalité à prendre en compte : la « CGT Cantal » n’existe pas ; ce qui existe c’est une Union départementale de la bonne quarantaine de Syndicats CGT cantaliens (cheminots, LAFA, hospitaliers, postiers, CABA, INRA, Abeil, retraités, Bar Plus, département, ADAPEI…). Nombre total d'adhérents : plus de  1 600 à jour de cotisation. 

La préparation d’un congrès est un long travail : l’objectif est de prendre en compte les aspirations de tous les syndicats et d’organiser rigoureusement la discussion. À la CGT, démocratie et pagaille ne font pas bon ménage : au congrès, chaque syndicat est porteur de voix en fonction du nombre de ses adhérents, les prises de paroles sont multiples et  écoutées avec une grande attention. Pas de vote, de motions ou de résolutions sans confrontation préalable des points de vue.

Cadre idéal pour ce 31ème congrès.

La mairie de Riom avait mis à disposition le gymnase municipal pour les débats, les rencontres et la partie restauration livrée par des commerçants locaux. La nuit du 11 au 12, trop courte pour certains, les congressistes logeaient collectivement dans les gites autour du camping. Ambiance conviviale garantie.

Programme minuté. Jeudi 11 juin. 8h15, accueil des délégués (kit congrès + tickets repas + n° chambre) ; 8h45, élections bureau du congrès et commission mandats et vote ; 8h50, intervention Union Locale de Riom-es-Montagnes ; 9h00, le mot du Maire ; 9h10, rapport d’activité ; 9h25, débat ; 10h30, vote du rapport d’activité ; 10h40, pause ; 11h00, la vie syndicale CGT dans le Cantal ; 11h15, débat… 14h00, rapport d’orientation ; 14h20, débat ; 15h15, pause ; 15h30, reprise du débat d’orientation ; 16h30, vote du document d’orientation ; 16h45, intervention Comité Régional par Rosa DA COSTA – Conséquences de  la réforme territoriale ; 17h15, inauguration de l’union locale ; 18h00, pot fraternel. Matinée du vendredi organisée sur le même schéma avec point presse avant le repas de clôture servi dans le gymnase.

Document d’orientation.

C’est le document essentiel du congrès puisqu’il définit les objectifs et les méthodes pour les trois années à venir. Le projet de document discuté avait été adopté par la commission exécutive le 3 mars 2015. Les discussions en interne sont toujours d’autant plus animées que chacun des quarante syndicats membres de l'Union départementale peut avoir une approche singulière des sujets traités.

La CGT souhaite faire grandir un rapport de force durable et efficace en Europe, en France, en Région et dans le Cantal.  Objectif ambitieux, certainement utopique aux yeux de beaucoup mais qui a le mérite de s’appuyer sur une prise de conscience clairement affichée : ce que vivent les cantalous n’est pas le fruit du hasard, c’est la conséquence directe de décisions prises ailleurs au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la marchandisation du monde… la toute-puissance du dieu pognon, pour faire court. Refaire le monde, diront certains : est-ce plus condamnable que vouloir garder ce monde pour en tirer un profit strictement personnel ?

Pour se donner les moyens de cette ambition, localement la CGT veut :

-relancer la bataille des idées  sur les lieux de travail ;

-se renforcer dans les entreprises et créer des syndicats là où elle est absente ;

-former les adhérents ;

-renforcer la communication

-à travers ses journaux : le « Travail » envoyé à tous les adhérents, le « Courrier aux Syndicats » envoyé aux bureaux de la quarantaine de syndicats CGT cantaliens.

-sur des réseaux qui n’ont pas grand-chose de social, mais qui ont l’avantage (et les inconvénients) d’être accessibles à tous ceux qui pensent avoir trouvé là un moyen de s’ouvrir au monde.

La lecture complète du document d’orientation définitivement adopté illustre parfaitement la rigueur des débats, la volonté d’aller au fond des problèmes et la nécessité de mettre en œuvre des moyens concrets pour atteindre les objectifs.

Cette feuille de route sera-t-elle tenue ? C’est une autre histoire, l’avenir est fait de surprises et l’ambiance actuelle n’est pas porteuse pour le monde des salariés…

Un nouveau secrétaire départemental.

La fin du congrès, ici les idées sont débattues avant de passer à l’attribution des postes, a débouché sur une nouvelle commission exécutive de quarante-cinq membres dont douze formeront le nouveau bureau. On pourrait dire que le poste de secrétaire départemental ressemble plus à une nomination qu’à une élection : c’est vrai, à ce niveau de responsabilité, les candidats ne se bousculent pas au portillon et ce pour deux raisons.

Pour celui qui veut l’assumer dans sa plénitude, la tâche est rude. Il faudra croiser le fer avec le MEDEF cantalien, les politiques de tous bords (mais c’est à peu près les mêmes quoi qu’en disent les uns et les autres), convaincre les salariés qu’il n’y a pas de fatalité…

Celui qui s’engage ne peut le faire sans certaines garanties, comme celle non négligeable, de retrouver son emploi lorsqu’il quittera son poste : le syndicalisme bien vécu, c’est comme la politique, ça ne peut pas être un métier.

Éric Debuire, cheminot, habitué des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, seul candidat à avoir les compétences et à remplir les conditions a été élu à l’unanimité : bonne chance à lui et à ses camarades pour répondre aux attentes.

 

Une partie des congressistes. En incrustation, Eric Debuire, nouveau secrétaire départemental, qui aura, entre autre la lourde tâche d'élargir l'implantation du syndicat (plus de 1600 adhérents actuellement).

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Roger Bouchy | Réponse 23.06.2015 17.04

ou sont les femmes sur cette photo?

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Commentaires

24.10 | 19:16

Vivement que le projet de la sablière vois enfin le jour !! Centre ville trop chère, aucune concurrence !

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17.10 | 11:40

Bonjour bravo pour votre reportage ...pour la gare de st flour, la nouvelle est vraie...il suffit de vérifier auprés du chef de gare...suite au prochain numéro.

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16.10 | 18:37

Malheureusement l'éolien industriel ne marche pas. Peut-être de petites unités perso pourraient être une solution, couplées à d'autres sources et des économies

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16.10 | 13:09

Mais mes amis CARREFOUR c'est du pipo , le géant du discount allemand s'installe ET CONSTRUIT à côté de Casino et personne n'en parle.......

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