Ouvrir les yeux à la CABA

Les poules et le renard : ce n'est pas une nouvelle fable.

Cézard ou Louis XI ?

Nous l'avons tous appris à l'école ; certains s'en souviennent encore : Charles VII a eu des problèmes avec son fils, le futur Louis XI. Ce dernier, ayant comploté contre lui, avait été obligé de se  réfugier chez son oncle Philippe le Bon. Charles VII avait alors déclaré :"mon cousin de Bourgogne nourrit un renard qui lui mangera ses poules!" Et c'est ce qui advint !

Depuis plus de trente ans, plusieurs observateurs de la politique cantalienne avaient dit aux responsables du Parti socialiste : "vous nourrissez en votre sein un renard qui un jour vous mangera vos poules !" Le renard en question était, on l'a compris,  le radical Cézard !

Eh bien, ça y est ! Cette fois-ci, c'est public, frontal, spectaculaire :

- Lettre aux élus de la CABA pour dénoncer un de ceux qui l'ont fait roi, le député socialiste Alain Calmette,

- Jérémiades d'une impavidité confondante pour se plaindre que la liste de gauche aux élections régionales, menée par Jean Jacques Queyranne, ne traite pas les radicaux avec suffisamment d'égards,

-Pleurnicherie sur le même thème dans le giron  de la sénatrice communiste Cécile Cukierman, tête de liste communiste aux régionales ; quand on sait en quelle mésestime il tient les communistes qu'il avait fait éliminer de la liste de gauche lors des municipales de 1989, on éclate de rire,

- Soutien objectif à la liste du très  droitier Laurent Vauqiez : "le PRG autorise les équipes locales à ne pas soutenir la liste de M. Queyranne" ; là, si ce n'était pas indigne, on rigolerait deux fois :"autorise" et "les équipes locales du PRG" !

- Boycott de fait de la présentation de la liste Queyranne, dimanche 1er novembre au  Nautic par le truchement d'une invitation des élus de la CABA, à la même heure, un étage au-dessous !

Bref, inutile de poursuivre ; tout cela était prévu, le passé préparant toujours le présent. Il n'est que de relire, d'ailleurs,  le portrait qu'avait publié  "TESTU" en 2008  lorsque Cézard avait été élu sénateur !

Alors, Cézard ou Louis XI ?                                                              

PA

Détail de la page 4 du n°66 d'octobre 2008 du journal Testu alors sous la direction de Jacques Vermenouze.

C'est possible, il l'a fait !!!

Avertissement : le texte ci-dessous est un peu long pour être lu sur un écran d'ordinateur. Impossible d'enlever une ligne sans prendre le risque de perdre un élément fort de l'ascencion de cet homme.

Octobre 2008 : Jacques Mézard

par Tarezec dans Testu.

 

Le portrait politique du nouveau sénateur Jacques Mézard, tel qu'il est dressé par les médias ou tel qu'il ressort des discours des élus est certes intéressant mais il manque quelque peu de précisions ; notre propos est de le compléter. 

1982. Pour le citoyen aurillacois ordinaire, Jacques Mézard  pointe son nez en politique lors des cantonales de 1982 : il est candidat dans le canton d'Aurillac I sous l'étiquette "Mouvement des radicaux de gauche". À noter que c'est la seule fois de sa carrière qu'il briguera un mandat sous cette appellation.

Quatre candidats sont en lice : Dejou pour la droite- candidat sortant qui sera réélu- Olivier pour le parti socialiste, 1450 voix dans l'ensemble du canton, 648 dans les bureaux d'Aurillac, Taurant pour le PC,  573 et 322 voix, Mézard pour le MRG,  465 et 207. Il pèse donc 18% de la gauche dans le canton et 17 % dans les bureaux d'Aurillac ; c'est un échec ! 

1983. Il en tirera les enseignements et, lors des municipales de 1983, il se placera sagement sous la houlette de René Souchon dans une liste d'Union de la gauche intitulée "Vivre ensemble à Aurillac". La  liste étant élue, il deviendra adjoint au maire chargé de l'urbanisme et du logement. 

1988. Arrivent les cantonales. Il est candidat sur canton IV –vallée de la Jordanne…- et a troqué le costume peu porteur de  MRG pour celui de "Candidat d'union des démocrates soutenu par la majorité présidentielle". Pour sa campagne, il s'est fait accompagner par son père, Jean Mézard, ancien sénateur maire, ancien conseiller général du canton nord et ancien président du Conseil général. Jean Mézard est un homme éminent, estimable en tous points, aux mérites unanimement reconnus mais il est clairement identifié à droite :  Centre National de Indépendants.

Rappelons au passage que son projet choc pour ce canton, projet prioritaire et capital dit-il, c'est la liaison vallée de la Jordanne-Lioran, projet intéressant mais dont nous n'avons plus jamais entendu parler depuis 20 ans.

Jacques Mézard est battu par Maurs. 

1989. Municipales. Il a été battu à la v cantonale  mais a  fait un score honorable dans les bureaux d'Aurillac ce qui lui donne des idées pour les municipales et il commence à faire un brouillon de liste dont il prendrait la tête. Finalement, il renoncera et reviendra avec Souchon et les socialistes non sans avoir obtenu satisfaction sur trois points : 1° qu'il n'y ait  pas de communistes sur la liste –ceux-ci monteront leur propre liste et auront un élu, Alain Cousin- 2° qu'il y ait quatre radicaux dont deux seront adjoints -3° qu'il soit vice président du district … 

1992. C'est en cours de cette mandature qu'il donne toute la mesure de sa duplicité. Voici les faits :  - dès l'automne, ces 4 radicaux (Mézard. Lablanquie. Flauraud. Monier) seront rejoints par deux sous marins qui étaient sur la liste en tant que représentants de la société civile (Peuchlestrade et Rouchet) ; le groupe compte donc désormais  6 membres qui entre chantages, surenchères et exigences ne facilitent pas la tâche du maire ; les acteurs de l'époque pourraient en raconter de belles sur les réunions inter-groupes d'avant les conseils municipaux

- Cela ne suffit pas et en 1992, coup de théâtre, il débauche trois membres de la liste de droite (Cros. Gallo. Uzols.) qu'il ajoute à ses 6 fidèles pour fonder "Cantal action". Il n'a de cesse alors de clamer  "avec 9 élus, nous sommes le groupe d'opposition le plus important du conseil !" car il est devenu opposant à Souchon ; il déclare même lors d'une conférence de presse rapportée par La Montagne que son ambition est de devenir maire d'Aurillac.

Mais il y a mieux, c'est-à-dire pire.

- Nous sommes donc en 1992, la majorité présidentielle, avec le gouvernement Bérégovoy est en perdition ; arrivent les cantonales qui s'annoncent difficiles pour elle. Souchon est candidat dans le canton 1. Que croyez-vous que fait Mézard ?  Eh bien, il présente un candidat "Cantal Action" contre Souchon -ce sera le sympathique Cros.- et on peut dire qu'il le fait battre puisque Souchon n'est élu qu'avec 6 voix de  majorité devant Mme Brunet-Fuster, dans des conditions disons "laborieuses" si bien qu'il sera invalidé ; il sera réélu en septembre 93 lors de la partielle. La droite étant revenue au pouvoir sur le plan national les élections locales sont alors plus faciles pour la gauche. 

Ce qui est vraiment extraordinaire et qu'il faut souligner c'est que pendant cette période 92-93, malgré ses turpitudes, Mézard a conservé ses postes d'adjoint au maire et de vice-président du district. Comprenne qui pourra !... 

1994. Mézard est élu conseiller général dans le canton d'Aurillac IV avec l'aide pas toujours  discrète du RPR. Pourquoi cette aide ? C'est simple : à l'époque, RPR et UDF se tirent la bourre au Conseil général ; la faible majorité RPR de Besse peut basculer à tout renouvellement par l'arrivée de nouveaux conseillers qui ne sont pas de gauche  mais qui n'ont jamais milité et peuvent aussi bien passer du côté UDF que du côté RPR. Le favori logique après le premier tour est le radical valoisien Robert Mazic, il  est franchement  UDF. Il est dangereux pour la majorité RPR  qui préfère faire élire un opposant  : 6 au lieu de 7, quelle importance ? 

1995. lections municipales. Au vu des résultats peu convaincants  du premier tour des cantonales 1994 dans les bureaux d'Aurillac, Mézard, qui envisageait de monter sa propre liste, dissout "Cantal Action" et rejoint le giron de Souchon. La liste Souchon est battue par la liste Bec. C'est la conclusion d'une longue discorde entre les deux hommes, discorde  sur les braises de laquelle Mézard a continuellement soufflé jusqu'à ce que la rupture définitive intervienne. 

Commence alors pour lui une période de 6 ans au cours de laquelle, non sans talent dialectique et polémique il mènera, en compagnie de Souchon,  une guérilla acharnée contre Bec cherchant par tous les moyens  à le faire échouer, échec qui aurait évidemment eu des conséquences négatives sur les   intérêts des citoyens Aurillacois ce  dont il se moquait complètement. 

1998. Elections régionales. Deux listes sont en piste à gauche : liste Bec plus PC, plus verts et liste Souchon  PS + Radicaux. Cette dernière liste se présente de la manière suivante: Souchon, Boudou, Mme Lablanquie…Il est envisagé qu'à mi mandat, au cas où elle aurait 2 élus seulement, Boudou  cède sa place à Mme lablanquie. Résultats du scrutin : liste Souchon 2 élus, liste Bec 1 élu. 

2001. Elections cantonales : Jacques Mézard est réélu conseiller général du canton d'Aurillac IV.

              Elections municipales : La liste Souchon sur laquelle il figure reconquiert la mairie d'Aurillac. Souchon redevient maire, Alain Calmette est premier adjoint, deux radicaux sont adjoints,  Mme Lablanquie et Lampre , la présidence de la communauté d'agglomération est laissée à Mézard.

 On se trouve ainsi dans cette situation extravagante qui fait que le responsable territorial le plus important du département après le président du Conseil général est un homme qui n'a jamais été élu sous ses couleurs qui a toujours grimpé agrippé au PS. Souchon et le PS lui ont fait ce cadeau. Encore une fois, comprenne qui pourra !

                Mi- mandat  du conseil régional. Le PRG, doté en postes sans commune mesure avec son potentiel électoral : présidence de la CABA, deux postes d'adjoints, en veut toujours plus et réclame la démission du socialiste Boudon qui, s'appuyant sur ses réalisations municipales remarquables  à Coltines  a fortement contribué,  dans la région de St Flour, au succès de la liste Souchon. Boudou refuse d'abandonner son siège a un parti qu'il juge à juste raison trop largement pourvu. Le PS prend fait et cause pour les radicaux, menace Boudon d'exclusion, peut-être même l'exclut, en réfère au bureau national, Mézard tape du pied. Rien n'y fera, Boudou se sentant légitime finira dignement son mandat.  Le bureau national du PS, sans doute bien conseillé, ayant eu la sagesse de ne pas suivre les réquisitions des procureurs Aurillacois. 

2002. Débâcle présidentielle. Sans commentaires !

             Elections législatives : Souchon battu une quatrième fois par Coussain ; personne n' a entendu parler de Mézard 

2004. Elections régionales. Comme monsieur Seguin avec ses chèvres, Mézard n'a pas de chance avec les régionales. Après les déboires de 1998-2001, voici que, par la suite d'une alchimie inaccessible  à l'entendement du commun des mortels,  aucun radical ne figure sur la liste départementale et, comble de frustration, un vert  totalement inconnu est élu conseiller régional dans le Cantal. Ceux qui l'ont approché de près à l'époque savent que la digestion a été difficile et que l'homme a souffert. 

2007. Présidentielle avec duel Ségolène- Sakozy  et le résultat que l'on sait.

 Législatives avec le méritant Markarian candidat du PS contre le président du Conseil général. Markarian, abandonné par les siens est battu, Mézard est aux abonnés absents. 

2008. Municipales : la liste Calmette l'emporte, il y a deux adjoints radicaux et, à la CABA, Mézard est réélu président par acclamations.

             Cantonales : Mézard est réélu dans le canton IV mais, au Conseil général, au lieu de se fondre comme par le passé dans le groupe d'opposition de gauche, il fonde un groupe sans  socialistes et prépare activement, disons encore plus activement car il y pense depuis longtemps, les sénatoriales.

               Sénatoriales : habileté manœuvrière incontestable, élus socialistes circonvenus, démission des responsables du parti, il obtient l'investiture du PS celui-ci lui donnant de surcroît comme suppléant un de ses meilleurs éléments, le sympathique et compétent maire de Bassignac. 

C'est encore plus ahurissant que tout le reste car les élus de gauche,  devenus électeurs sénatoriaux de Massiac, Maurs, St Cernin, Laroquebrou, Villedieu, et d'ailleurs ne lui doivent rien et auraient aimé pouvoir voter pour deux candidats plus marqués à gauche. 

                Voilà donc un politicien appartenant à un parti sans aucun potentiel électoral qui par sa roublardise est élu sénateur du Cantal et cela, avec une profession de foi d'une indigence politique affligeante, illustrée par trois phrases aussi dénuées de sens l'une que l'autre et dont l'analyse approfondie donne le vertige. Qu'on en juge :

"Je ne serai pas un parlementaire mécontent dans le Cantal et satisfait à Paris"!

"Ma candidature rassemble au-delà des groupes d'opposition  du Conseil général, des femmes et des hommes de progrès" !

"Mes convictions et mes engagements sont connus et j'y reste fidèle"! 

                Vous connaissez maintenant un peu mieux le personnage qui vient d'entrer au sénat. A vous d'apprécier.

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ONVAMORFLER | Réponse 12.11.2015 09.19

Pauvre CANTAL! entre le grincheux d'AURILLAC et le roi fainéant de MONTSALVY des glands au pays de la châtaigne, les saigneurs de contribuables.

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Commentaires

24.10 | 19:16

Vivement que le projet de la sablière vois enfin le jour !! Centre ville trop chère, aucune concurrence !

...
17.10 | 11:40

Bonjour bravo pour votre reportage ...pour la gare de st flour, la nouvelle est vraie...il suffit de vérifier auprés du chef de gare...suite au prochain numéro.

...
16.10 | 18:37

Malheureusement l'éolien industriel ne marche pas. Peut-être de petites unités perso pourraient être une solution, couplées à d'autres sources et des économies

...
16.10 | 13:09

Mais mes amis CARREFOUR c'est du pipo , le géant du discount allemand s'installe ET CONSTRUIT à côté de Casino et personne n'en parle.......

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