Mort programmée d'une filière.

Ce n'est pas Testu et le personnel qui le disent

Massacre d'une filière d'excellence

pour le Cantal 

Marleix annonçait qu'il avait sauvé les Haras. Tel un Wauquiez qui s'ignore il avait soufflé du vent. Extraits du rapport de la cour des comptes sur la réforme imaginée par Sarko (Marleix et Descoeur), conservée par Hollande (Calmette et Mézard). 

les 4 documents sont extraits du rapport de la cour des comptes à propos de la fabuleuse réforme des Haras.
Pas de doute : l'IFCE est bien une structure publique.

La vérité éclate au grand jour.

Haras : le personnel avait raison...

mais il paiera quand même les pots cassés.  

 

De la difficulté à être à la fois équitant et équitable.

La passion du cheval ne s’explique pas, elle se vit, les amoureux de la plus belle conquête de l’homme vous le diront. Tout serait pour le mieux si une caste de snobinards, souvent ringards, toujours proches des politicards, ne manœuvrait pas en coulisses pour tirer profit. Entre eux, ils se traitent pompeusement d’ « équitants »… terme scientifique qui n’a rien à voir avec l’équitation : il s’applique à la botanique et signifie feuilles de végétaux pliées en deux à cheval les unes sur les autres (définition du Robert culturel).

Les nuages, chaque jour plus sombres, qui s’amoncellent sur les haras d’Aurillac ne tombent pas du ciel : les « équitants » sont passés par là.

À leur tête Olivier Klein, administrateur à la Fédération Française d’Équitation depuis 1985, président de l’Institut Français Cheval et de l’Équitation depuis 2010. Si le cheval c’est son dada, cet « équitant » est ingénieur, grand conseiller en « main d’œuvre réinventée », en logistique, en informatique, en gestion financière. Il a, par exemple, participé au développement du groupe Atos, une boutique où l’on brasse les milliards, où Thierry Breton, ex-ministre de l’économie sous Chirac, s’est offert, en 2014, un salaire de 2 480 583 €. Pourquoi ces précisions ? Tout simplement pour situer le monde, pas spécialement équitable, dans lequel naviguent ceux à qui l’État a confié la responsabilité de développer (négativement) la filière équine en France depuis 2010.

Usine à gaz à faire exploser le réseau des Haras nationaux.

2010. Le bouclier fiscal met du beurre dans les épinards de quelques contribuables mais vide les caisses de l’État.

Voyant arriver 2012, Sarko veut cependant passer pour celui qui économise l’argent de l’État. Idée de génie : création de l’IFCE, établissement public, qui devra vendre tout ce qu’il pourra, histoire de faire rentrer du cash et de diminuer le nombre de fonctionnaires, vive la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques).

Pour résumer et ne pas être suspecté de caricaturer la réalité, début d’un article paru en juin 2012 dans Libération :

« Imaginez qu’un jour, un grand vignoble - disons le château Cheval-Blanc - se voit interdire la production de vin. Les autorités lui diraient : vous n’avez qu’à développer d’autres activités. Faites visiter le château, dispensez des formations à la viticulture et à l’œnologie, organisez des séminaires, mais la production de vin, les gars, c’est terminé ! Le site perdrait beaucoup de son charme, c’est certain.

Or, c’est à peu près ce qui arrive aux Haras nationaux, auxquels les pouvoirs publics demandent de se débarrasser de tous leurs étalons d’ici à la fin de 2014, d’arrêter toute activité de reproduction et de se recentrer sur de nouvelles missions allant du tourisme à la formation pour adultes, en passant par l’organisation d’événements sportifs et culturels. »

Aurillac n'échappe pas à la règle.

Apprenant la nouvelle le personnel des Haras d’Aurillac s’était mobilisé. Marleix et Descoeur députés sarkosystes, expliquaient que les agents, en particulier les syndicalistes n’avaient rien compris : les nouvelles activités à créer compenseraient largement la suppression de la reproduction, site et emplois seraient maintenus. Mézard s’affichait avec les syndicalistes. Jarlier était plus discret.

À Aurillac, les écuries se sont vidées très vite de leurs étalons : qui a profité des cessions au rabais ? Reproduction abandonnée sur le site, quelques reprises par des vétérinaires dans certains secteurs. Les agents ont découvert les charmes de la réunionnite sur le thème : réinventer des missions en niant sa propre qualification. Une, pas deux, artiste de cirque en résidence. Visites payantes des lieux. Promenades en calèches. Spectacles deux ou trois fois l’an. Ramassage des sapins. Gamineries équestres.

À la moindre occasion une page dans la Montagne pour donner l’impression d’exister mais aujourd’hui, la messe est dite. Les Haras d’Aurillac seront vendus. Les collectivités locales, occupées à structurer les loisirs palliatifs pour masquer la mort lente du département, ont oublié de concevoir un projet conséquent. Les agents et leurs syndicats avaient raison depuis le début. Les politiques ont menti et/ou ont été complices.

Les conséquences des initiatives « équitantes » sont loin d’être négligeables. Les chiffres publiés par l’IFCE, les chambres d’agriculture, le ministère de l’agriculture (qui dit mieux ?) se passent de commentaires. La production de chevaux de traits, qui concerne en premier lieu le Cantal, a baissé de 44% entre 2004 et 2014, de 8% en 2015 et le nombre de saillies a baissé de 15% en 2015, 2016 sera donc catastrophique !

La faute à qui ?

Pour faire court, il y a deux catégories de coupables :

-ceux qui ont approuvé la création de l’IFCE en étant partisans de la RGPP (Marleix, Descoeur, Jarlier à l’époque) ;

-ceux qui, arrivés au pouvoir, ont choisi de conforter le système en le laissant opérer (Calmette et Mézard… ce dernier d’autant plus responsable qu’au début il se disait proche des syndicats qui lui avaient tout expliqué)

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la complicité PS/PRG/UMPRépublicaine/FNSEA, extrait du communiqué de presse du  

3 octobre 2013 :  

« Concertation sur l'avenir de l'Institut Français du  Cheval et de l’Équitation au service de la filière cheval.

L’IFCE au service des professionnels !

Le  GHN (Groupement Hippique National) et  la  FNC (Fédération Nationale du Cheval),  Associations  Spécialisées  de  la  FNSEA,  saluent  l’initiative  de concertation  initiée  par  les  Ministres  Valérie  FOURNEYRON  et  Stéphane  LE  FOLL, concernant les missions futures de l'Institut Français du Cheval et de l’Équitation.

Cette  démarche  a  permis  d’effectuer  un  inventaire  des  enjeux  d’une  filière  agricole  dont les activités équestres sont porteuses d’avenir. »

Pour ceux qui imaginent, comme l’a affirmé J.Mézard dans la Montagne, que l’IFCE agit en douce et trompe les politiques, communiqué paru en décembre 2014 :  

« Stéphane Le Foll (Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt) et Thierry Braillard (Secrétaire d'Etat aux Sports) ont signé jeudi 11 décembre le contrat d'objectif et de performance de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) pour la période 2014-2017 avec Olivier Klein, Président de l'Ifce. Cette signature concrétise une réflexion sur le positionnement de l'Ifce, qui a été menée sous l'impulsion de son président, de son directeur et avec le soutien de leurs équipes. L'État accompagnera l'Ifce dans la construction de ses nouvelles missions en augmentant de 6 millions d'euros sa subvention pour charge de service public. »

Depuis 6 ans, l’IFCE et l’État sont d’accord pour liquider les Haras : comment les parlementaires cantalous peuvent-ils raconter que l’IFCE leur a fait un enfant dans le dos ? La kyrielle d’assistants dédiés aux cantalous sert à quoi si les dossiers chauds ne sont pas suivis de près ?

Que faire à Aurillac ?

À la construction des Haras, en 1983, le département avait cédé les 17 hectares de terrain pour le franc symbolique. Nos parlementaires, à l’abri derrière le bouclier Wauquiez (trois sont copains avec lui, le quatrième passe sa vie à approuver le gouvernement) pourraient se lancer à l’assaut de Matignon. Objectif : obtenir que l’État cède, pour l’euro symbolique, les Haras d’Aurillac aux collectivités territoriales, à charge pour elles de relancer pour la développer, effectivement, la filière équine dans le département.

Rappel : en démocratie, le politique décide, l’administratif exécute. Jacques Mézard a bonne mine de prétendre que les têtes pensantes de l’IFCE l’ont roulé dans la farine pendant qu’il cumulait.   

Les captures d'écran jointe en illustrations sont tirées du site de l'IFCE.

Confirmation : l'IFCE est totalement dépendant des décisions de l'Etat ; pas l'inverse.
Cliquez pour agrandir. L'Etat et les politiques ne sont pas représentés par des plaisantins . Si l'IFCE massacre les Haras et tout un pan de la filère équine (les chevaux lourds), c'est que l'Etat et les politiques le veulent bien.

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Pierre | Réponse 23.01.2016 09.26

Il veulent sûrement aller chercher des chevaux en Chine?? Ce serait tellement plus pratique!!

SCHAFF | Réponse 22.01.2016 18.12

Haras...qui rit....devant la somme de mensonges avancés par nombre d'élus locaux et aux pouvoirs moins tentaculaires qu'estimés ? surtout pas le personnel

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Commentaires

06.05 | 06:43

Merci Bernard pour ces informations
Le vérité fait vivre la démocratie il serait vraiment dommage que Testu se taise nous comptons sur toi à bientôt 😀

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02.05 | 10:27

Bravo Bernard pour ce que tu as fait. Il faut maintenant organiser la passation de Testu aux citoyens qui peuvent et veulent le faire vivre. Réunion ? Quand ?

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02.05 | 08:40

Et toujours et encore le "Decorum"!!
Cela n'a rien d'étonnant!!

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01.05 | 21:52

Ici c'est .... Testu ! Ici c'est Testu !!! Une bien belle tribune..
Merci Bernard souhaitons que le plus grand nombre de citoyens découvre leur pouvoir d'agir !

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