Échos de la ruralité et de la ville

Enfumage au radon

Jouer à se faire peur.

(De notre envoyé spécial chez les gazés du pays vert.) 

Chantons en cœur : Le radon, c'est bon pour le cancer, c'est bon, bon, pour le cancer… L'autre soir (8.04 ), à Sansac-Veinazès, présentation des résultats de l'enquête conduite en Châtaigneraie  sous l'égide de la Communauté  de Montsalvy, dans les communes de Cassaniouze, Calvinet, Sansac-Veinazès et Ladinhac. Le sujet étant par nécessité sérieux : beaucoup de monde dans la toute petite salle, ce qui atteste quand même de l'inquiétude de la population à laquelle il est expliqué depuis des mois que le méchant gaz provoque à Lure Lure, un peu  comme s'il en pleuvait, des cancers du poumon. Quand bien même nous nous situons dans l'un des sept départements où sa présence la plus forte est relevée.

Mais, qu'en est-il réellement ? Ne convient-il pas de relativiser ? Si, d'ailleurs aujourd'hui nous sommes là pour en parler, c'est bien parce que nos ancêtres, avec leurs petits moyens et toute leur ignorance, ont survécu au danger et continué  de se reproduire. C'est là toute l'affaire. Le ministère de la Santé annonce  1 200 à 2 900 décès par an dus au cancer du poumon  liés à l'inhalation de radon. Le chiffre officiel de la mortalité due au cancer du poumon est annuellement en France de 29 000.   LA PRAVDA (9.04), dans l'exaltation, annonce le radon comme étant la cause de 5 à 12 % des cancers du poumons, soit un chiffre oscillant entre 1450 et 3480, c'est à dire un peu plus que le chiffre officiel. Mais il faut relativiser encore : une des personnes présentant les résultats de l'enquête, à la question de savoir quel était l'impact réel du fameux gaz sur l'ensemble des décès causés par le cancer du poumon, répondit à la question en annonçant un chiffre  de 1 pour 100 000. En fait, comme on s'en doutait un peu, même s'il est vrai que le radon n'est pas bon, nul ne sait de quel palmarès il est sérieusement la cause. Car, quid, dans le lot des réputés asphyxiés au radon du nombre de gros fumeurs. Alors, combien dans le Cantal ? On n'en sait précisément rien. C'est d'ailleurs ce qui a été répondu l'autre soir.

La boucle est donc  bouclée. Que ne chercherait-on, par hasard, à affoler les populations comme après, par exemple, la campagne conduite ces dernières années qui mit en lumière les dangers de l'eau arséniée ?  C'est là un des trucs déjà éprouvés pour faire en sorte que le bon peuple se tienne tranquille et concentre toute son attention sur ce qu'on lui montre avec insistance, qui, de notre point de vue, ne saurait revêtir un caractère essentiel. Quand, mystérieusement, sont passés sous silence – ou presque - les ravages causés par les pesticides, chez nous comme dans la bonne bouffe mondialisée ou les nuages de particules fines en provenance de chez nos voisins Teutons (1).  On trouve donc bien les mauvaises têtes que l'on veut.

En attendant, de bons conseils nous sont dispensés : arrêter de fumer, bien sûr, même si cela n'a  pas grand-chose à voir avec le sujet qui nous occupe, ouvrir les fenêtres, aérer. Parfait, même si cela va à l'encontre des consignes officielles visant la circulation de l'air dans les maisons, que l'on nous recommande de toujours plus calfeutrer.

Ce qui est réellement en cause, c'est cette manie d'intoxiquer le péquin  avec des histoires à dormir debout, qui ne correspondent en rien au souci primordial de préserver l'espèce. Le radon, c'est pas bon, certes. Il est présent, on le sait, partout où le socle du sol est granitique. Que l’État et ses services se soucient un peu plus des vrais dangers qui nous menacent. En certains endroits, jusqu'à cinquante passages annuels de traitements extrêmement dangereux sur les pommiers, presque autant dans les vignes et les pêchers. Pas inquiétant ? Bon appétit ! Il n'y a pas que le radon qui est bon pour le cancer du poumon. Pas vrai ?

(1) … lesquels trouvent leur origine dans le charbon massivement brûlé pour compenser la production électrique, très aléatoire, des centrales à vent (éoliennes) tant encensées par les diables hystériques de la vertitude politique.

Le monde rural vu d'en haut

Tout au fond du ciel, du côté des étoiles.

(De notre envoyé spécial au Conseil départemental)

L'autre jour (8.04), au Conseil départemental, petit rassemblement autour du géographe Christophe GUILLUY venu exposer dans les détails, au lendemain de l'entrée en vigueur de la dernière réforme régionale, sa théorie relative à la France périphérique. A l'appui de sa démonstration, plusieurs cartes reprenant et illustrant tous les chiffres amassés visant à prouver qu'aujourd'hui la cassure est grande entre les métropoles (les quelques très grandes villes) et tous les territoires à la marge, banlieues et campagnes, véritables oubliés de la réforme.

Une fois encore,  déplorons le peu de monde assistant  à cette sorte de cours magistral. Sept personnes en tout et pour tout dans le public quand le sujet traité aurait mérité qu'une information plus large favorise la venue d'au moins cinquante (équivalent du nombre de places disponibles) citoyens curieux de savoir ce qui se passe et, plus encore,  ce qui s'annonce. Mais, à quoi bon puisque la règle, immuable, est de rester entre soi, pour ne pas faire circuler la connaissance. « Nous sommes forts de ce qu'ils ne savent pas », antienne récurrente dans l'esprit de nos élites locales. Quel dommage !

Bon. C'est sans surprise que notre géographe, comme quelques autres précédemment, nous confirma que la mise en forme des nouvelles régions avait été bâclée, que l'objectif inavoué était d'arriver à l'extinction définitive des départements, que l'avenir se trouvait dorénavant dans ces grosses régions sans queue ni tête soi-disant élaborées pour acquérir la dimension européenne (?). En la matière, l'humour aidant, notre conférencier nous fît part de sa vision des choses. Pourquoi donc, pour adopter la vraie taille européenne, seule reconnue comme vraiment efficace, ne pas avoir créé une grande région regroupant toutes les autres, qu'on aurait pu baptiser France et qui aurait très certainement donné toutes satisfactions ? Rires.

En fait, on assiste à la démultiplication de solutions contrastées qui aboutissent au dépeçage du territoire avec des zones pleinement favorisées et d'autres, moins récompensées des Dieux, comme à la dérive, dites intersticiaires. D'un côté les banlieues, de l'autre, au-delà, les campagnes.  Pour Christophe G., les intérêts des unes et des autres coïncident suffisamment pour qu'il leur soit conseillé de s'entendre pour se battre ensemble. Ils représenteraient 60 % de la population du pays .Vision qui mériterait la discussion, visant notamment la conciliation de populations si diverses.

Creusant le problème, le conférencier démontre combien chaque métropole nouvelle entend défendre strictement ses intérêts et eux seuls. Et quid  de l'égalisation des ressources au travers des solutions, jamais bien définies, dites de péréquation. En revanche, force est de constater que les apprentis sorciers qui découpent et brassent les morceaux du territoire, bien souvent selon l'humeur du jour, ne se rendent même pas compte de la responsabilité qui est la leur d'être les auteurs d'un véritable massacre à la tronçonneuse. On ne saurait oublier que du temps de la République une et indivisible, tous les citoyens, chaque citoyen, quel que soit le lieu de son établissement, pouvait prétendre à vivre selon des lois partagées et identiques, du nord au sud, de l'ouest à l'est. CQFD.

En attendant, la décentralisation continue. Sur des fiefs plus ou moins grands, nos élites, élues mais toujours moins contrôlées, continuent de dépenser gaiement l'argent que les collectivités qu'ils dirigent ne possèdent pas mais qu'ils savent bien nous faire payer quand s'annoncent les factures. Tout est permis ; le pillage est possible et ils ne s'en privent pas. Le jacobinisme avait donc du bon qui prônait une véritable unité de traitement des citoyens et ne laissait pas les uns et les autres accaparer les comptes du pays. Ici, la farce se poursuit. Le Président du Conseil départemental, sauveur – et expert - des nouvelles croyances dispendieuses ne prend-il-pas, en toutes occasions, devant son public à peine ébaubi, l'allure et la pose d'un véritable chef de gouvernement. Absolument ridicule et bien cher payé par nous tous.  Saluons Christophe G., dispensateur de vérités, à domicile.

Mais, rendons à César ce qui lui appartient pleinement. Des quelques questions convenues posées au conférencier, nous ne retiendrons que la bien meilleure, celle posée avec une très grande humilité par l'excellent – ce jour-là – Maître MOINS, ( « Qui peut le moinsse peut le plusse », n'est-ce pas ? ). Le malaise, l'angoisse de ce que nous vivons aujourd'hui, ne proviendraient-il pas de cet abandon par l’État de ses tâches premières qui nous font ce que dorénavant nous sommes, les abandonnés réels de la République ? Bravo Maître MOINS ! Et confirmation ici de ce que nous soulignions plus haut. Questionné à la hâte à la sortie de sa prestation, Christophe G. nous a confirmé cela. Et toc !

30 avril 2016

Meilleur Quotidien de France, c'était avant...

Ci-dessous le courrier adressé, le 13 avril, par un abonné à la direction de la Montagne et resté sans réponse à ce jour (30 avril).

"Madame, Monsieur,

Je ne suis pas un fan de Jacques Mailhot, mais je ne pensais pas que quelqu'un qui dispose d'une chronique hebdomadaire, soit-disant humoristique, dans le seul quotidien régional d'Auvergne, pourrait se croire autorisé à publier un texte aussi nauséabond. Dans sa chronique parue dans La Montagne le dimanche 10 avril 2016, ce triste personnage réussit quand même l'exploit en quelques lignes de comparer les lanceurs d'alerte, dans l'ordre, à des délateurs, des balances, des prostituées, des collabos, et enfin à la Gestapo.

Ce sera tout merci pour eux.

Puisque Monsieur Mailhot ne supporte pas les lanceurs d'alerte, il pense certainement qu'il vaut mieux tolérer tout ce que ces derniers dénoncent : les scandales environnementaux, sanitaires, ou encore la fraude fiscale portée à une échelle industrielle. En salissant tous ces gens par ses propos pleins de mépris et de haine, il s'en prend aussi à des gens comme Irène Frachon à propos du scandale du Mediator par exemple. Il se range donc plutôt au coté de Servier, et de tous les riches et puissants qui peuvent se permettre d'utiliser les paradis fiscaux et toute l'ingénierie financière pour cacher leur argent.

Mettre sur le même niveau des gens qui ont envoyé des malheureux dans les camps de concentration pendant la guerre, et ceux qui ne supportent pas les fraudeurs fiscaux est totalement indigne. D'un côté les chambres à gaz, et de l'autre l'argent public qui sert à financer quelques petits services publics : l'Education Nationale ; un état de droit avec une police, une justice et une armée ; ou encore un des meilleurs systèmes de santé du monde financé par un système socialisé.

Mais ce Monsieur Mailhot n'en a peut-être pas besoin ? Dans ce cas, il devrait aller vivre très vite au Panama ou aux Iles Vierges Britanniques, ou ailleurs, il a le choix ...

Ce qu'il a fait ce dimanche est grave. Parce que s'en prendre aux lanceurs d'alerte qui dénoncent la fraude fiscale internationale, cela revient à défendre la fraude fiscale. C'est donc aussi remettre en cause une des bases de la démocratie qui figure à l'article 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : " Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés."

Merci de transmettre ce message à Monsieur Mailhot, dont j'espère qu'il ne pourra plus nuire de la sorte dans vos colonnes.

Un abonné révolté"

impartialité, façon Chambre d'Agriculture

Les limites de la loi du plus fort.

Le 14 mars dernier, la FNSEA fêtait son soixante dixième anniversaire. Elle l’a fait dans la plus grande discrétion… et pour cause. Les bobards répétés pour fuir sa responsabilité dans la crise actuelle ne passent plus. Depuis soixante-dix ans, la FNSEA cogère l’agriculture française. Si les ministres changent, la ligne politique ne bouge pas. Mise à part les débuts de l’ère Mitterrand, la FNSEA fait la loi agricole.

Trois facteurs expliquent la dégringolade actuelle de la FNSEA dans l’estime des agriculteurs :

-courir après les marchés mondiaux, c’est courir après les cours mondiaux, une catastrophe pour un pays qui veut faire de la qualité.

-la liberté, pour les uns, de produire plus en s’agrandissant, c’est la certitude de faire mourir les voisins.

- l’enfumage par journaux ruraux et/ou spécialisés tenus par la FNSEA, ça ne marche plus : l’internet et les réseaux sociaux passent par là.

Dans le département le brouillard est encore plus épais qu’ailleurs : il avait inspiré pour partie, l’article « Le Cantal, la Corse sans les bombes ».

La Chambre d’Agriculture est au service de la FDSEA et inversement. Le jeu de chaises musicales entre responsables illustre parfaitement le mélange des genres. P.Escure et D.Noyer, respectivement président et directeur de la FDSEA sont devenus président et directeur de la Chambre le jour où P.Escure est allé présider la FRSEA auvergnate en parfait cumulard.

Paquet cadeau pour emballer toutes les manœuvres, un code éthique qui laisse rêveur. Voir extraits sur la photo ci-jointe. 

Opacité légale

Suite à l’A G du SMSACR15, tentative pour avoir accès au budget de la Chambre d’Agriculture. De la Direction Départementale des Territoires au ministère de l’Agriculture en passant par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs aucun interlocuteur en mesure de dire si le budget des Chambres d’Agricultures est un document public, diffusable ou pas. Meilleur accueil à la préfecture qui, après recherche, annonce que le budget n’est pas public.

Clics sur internet, compte-rendu de la commission des finances à l’assemblée du 14 avril 2015. Extrait de l’exposé de Mme Élodie Lematte, conseillère en charge des affaires financières, de l’emploi et de la protection sociale agricole, au ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

« Le réseau constitué des chambres départementales, des chambres régionales et de région, ainsi que de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) représente un budget total de l’ordre de 910 millions d’euros, se répartissant comme suit : 660 millions d’euros pour les chambres départementales, 200 millions d’euros pour les chambres régionales et de région, et 50 millions d’euros pour l’APCA. Au sein de ce budget global, différentes ressources peuvent être identifiées. Il s’agit de la taxe pour frais de chambre, s’élevant à 292 millions d’euros – ce qui représente environ 44 % des recettes –, des prestations payantes correspondant aux services rendus à titre individuel aux agriculteurs – pour 28 % des recettes –, et de diverses subventions provenant de l’État, des collectivités et de l’Union européenne – pour 22 % des recettes. Enfin, d’autres produits et subventions en transit représentent les 6 % de recettes restants. Si l’on fait la somme de la taxe et des subventions publiques, on constate que les ressources sont à 66 % d’origine publique ou parapublique. »

Résumé : les deux tiers du financement des chambres d’Agriculture sont publics… 

Au nom de cette opacité légale, sur un certain nombre de chapitres les Chambres d’Agriculture font ce qu’elles veulent. Dans le Cantal, sur un total de 243 290 €  pour les subventions non obligatoires, le 28 novembre 2014, les sommes suivantes étaient attribuées :

-JA (aide aux installations, concours labour, acteur milieu rural) : 28 400 €

-FDSEA (sans affectation particulière) : 67 450 €

-Confédération Paysanne (sans affectation particulière) : 7 700 €

-Syndicat de la propriété privée (sans affectation particulière) : 4 600 €

Le SMSACR15 : la ligne n’est même pas inscrite, la Chambre d’Agriculture fait comme si elle était la seule dans le Cantal à ne pas savoir que ce syndicat existe alors qu’au niveau des agriculteurs en activité, aux dernières élections, il a fait plus de voix que la Confédération Paysanne !!! Vive l’impartialité et imaginez la force de frappe des majoritaires par rapport au SMSACR15 et à son budget autour des 5 000 €, fruit des cotisations de ses adhérents.

Monsieur le Préfet doit valider ce budget : comme aurait dit Fernand Raynaud, il pourrait constater qu’ « il y a comme un défaut ».  

B.B.

5/04/2016. N'oublions pas les fondamentaux

Après  le pain…

"Après le pain, l'Education est le premier besoin d'un peuple." Danton

Alors, parlons donc d'Education !

En février,  durant une semaine, France 2 a consacré quelques minutes par jour  au fonctionnement d'une école à  classe unique -quatre niveaux- quelque part dans les Alpes ; le grand public qui n'est pas censé être pédagogiquement compétent  a pu constater à quel point les élèves et le maître étaient heureux d'apprendre ensemble. Il n'est donc  peut être pas complètement  inutile de rappeler qu'au milieu du siècle dernier -c'était hier-  250 écoles à  classe unique -huit niveaux- étaient en  fonction   dans le Cantal ; elles travaillaient certes  dans des conditions matérielles souvent spartiates mais il en est  sorti des gens qui ont accédé aux plus hautes  études et aux plus hautes fonctions.

Des classes "uniques", en 2016,  sept seulement subsistent. Depuis 1950, 380 écoles dont  240 à classe unique  ont été fermées. Toutes ces fermetures sont évidemment les conséquences de la dépopulation du Cantal qui a perdu 5450  élèves en 35 années ; il en restait 9800 à la rentrée 2015. Mais il faut bien avoir conscience que ces fermetures  peuvent aussi  être une cause de dépopulation : quel jeune ménage avec enfants ira s'installer à Fondvialle de Molèdes, Sassenage de Brezons ou la Chaze du Falgoux sachant que l'école la plus proche est à 18, 20 ou  30 kilomètres ?

C'est en raison des données ci-dessus  que l'exercice de révision de la carte scolaire  s'apparente, dans le Cantal,  à la quadrature du cercle.

 Cet exercice a été facilité pour les rentrées 2014, 2015 et 2016 par la conjugaison de l'action du député Calmette, de la compréhension du ministère de l'Education nationale  et de la volonté de l'Association des maires du Cantal. Cela a abouti, en janvier 2014, à la signature d'une charte visant à maintenir, pour les trois rentrées citées, le nombre d'emplois d'instituteurs dans le département malgré la baisse réelle  des effectifs, à charge pour  l'administration de l'Education nationale et les élus  d'améliorer le tissu scolaire du département  et d'innover dans l'intérêt des enfants.

Au lendemain de la réunion du  CDEN (Conseil départemental de l'Education nationale) du 3 mars 2016, La Montagne-Pravda affichait en gros titre en 1ère page : "Le Cantal valide sa carte scolaire". En page 6, le titre d'un article détaillé était : "La carte scolaire validée pour la rentrée" et dans le préambule dudit article on pouvait lire : "la carte scolaire a été adoptée jeudi soir". Un hebdomadaire non satirique paraissant le jeudi titrait, lui : "la carte scolaire actée."

Tous les  citoyens lecteurs  sensés ont pu  légitimement penser que la carte scolaire présentée par l'inspectrice d'Académie avec la bénédiction du préfet  avait été approuvée par le CDEN du 3 mars. Or, ledit Conseil, par 3 voix pour, 8 abstentions et 11 voix contre avait tout simplement refusé les propositions de l'administration !

Merci  la presse pour l'information  fiable !

Le CDEN  est  composé de 30 membres : 10 élus, 10 représentants des enseignants, 7 représentants des parents et 3 divers ; c'est un organisme consultatif et les autorités, après l'avoir consulté, peuvent  décider ce qu'elles veulent. Certes, mais donner le résultat de sa consultation nous semble relever d'un élémentaire souci d'honnête information !

Cela dénoncé, il n'en reste pas moins qu'au jour d'hui (en trois mots), la situation de l'école primaire publique dans le Cantal est confortable et que celle-ci est en mesure d'instruire dans de bonnes conditions  et de manière efficace les enfants qui peuplent encore le  département.

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La mise en œuvre de la charte dont il est question plus haut  supposait la  définition voire la délimitation de "bassins scolaires" ; cela a été fait mais cela ne concernait pas la ville d'Aurillac qui de toute évidence constitue un bassin scolaire à elle seule.

Or, dans  Aurillac, le conseil municipal a décidé de fermer deux écoles : l'école maternelle de la rue J B Veyre et l'école primaire de Marmiers ; les élèves de la première iront monter les marches  des escaliers de l'école maternelle de la Fontaine et ceux de la seconde se dirigeront qui vers l'école de Canteloube qui vers l'école de Tivoli qui vers l'école de la Jordanne !  Cela peut surprendre quand on sait  que les municipalités successives ont, depuis de nombreuses années, très bien traité leurs écoles primaires !

Nous aurions aimé que la municipalité ait le courage et l'honnêteté de nous dire :  "Aurillac a perdu  1100 élèves au cours des 21 dernières  années, nous avons désormais  trop de place dans nos établissements, telle école qui naguère accueillit 400 élèves n'en compte plus que 150, telle autre  est passée de 500 enfants à 180, cela nous coûte trop cher, rapporté à la dépense par enfant…"

A partir de là, une discussion pouvait s'instaurer. Qui a dit  que dans une "grande" ville une école comptant un petit nombre de classes  était une hérésie pédagogique ?  79% des écoles du département comptent 5 classes ou moins de 5 classes ! Qui a dit  qu'un architecte, même peu inventif, n'était pas capable de dire que  telle ou telle partie de telle ou telle école devenue trop grande pouvait  être utilisée à d'autres fins ? Cela se pratique déjà, la quasi-totalité des logements de fonction n'ont-ils pas été reconvertis ?

Ces deux mesures sont négatives : les enfants auront des distances plus longues à parcourir pour se rendre à l'école au détriment de leur confort et surtout de leur sécurité ; oui, de leur sécurité !  Faire traverser rues ou boulevards à des enfants qui auparavant n'y étaient pas contraints n'est pas anodin. Quant à   la vie des parents accompagnateurs, elle  en sera compliquée.

Non, monsieur le maire, quand on est laïque et homme de progrès on ne ferme pas une école dans laquelle il y a 150 élèves ; on cherche et on trouve d'autres solutions ! Un ancien président de la République avait  coutume d'employer cette formule : "Là où il y a une volonté, il y a un chemin !" Alors, c'est bien la volonté qui a fait défaut !

Et, il y a plus grave : depuis 45 ans, l'école était l'âme du quartier de Marmiers, elle était née et avait grandi avec lui,  dans des préfabriqués d'abord, dans une  construction  confortable ensuite. Depuis 45 ans, légal ou pas, la cour de l'école était la place du village, le terrain de jeux, le  lieu de détente.

Plus grave encore, dans  le N° de mars d'Aurillac-info, sous le titre générique "Favoriser le mieux-vivre ensemble", il est écrit : "Avec 1013 habitants  pour un revenu médian de 9700 euros et une population vieillissante en grande paupérisation, le quartier de Marmiers a été identifié comme prioritaire dans le contrat de ville 2015-2020."

On le déclare  prioritaire et on commence par  fermer son école ! C'est de l'inconscience ou de la provocation ?

Revitaliser un quartier autour de son école nous emble pourtant  une idée pertinente et de bon sens !

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Nous parlerons prochainement des collèges. Leur la gestion est de la responsabilité du département ; le Conseil départemental, dans sa session du 18 mars, a adopté une nouvelle sectorisation. Celle-ci a été entérinée sans qu'aucun  conseiller ne fasse la moindre observation. Un chroniqueur  dominical  particulièrement avisé s'en est étonné dans une radio locale. Faut-il y voir un signe, et lequel ?

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Enfin, des nouvelles de   nos deux grands élus  conservateurs ; ils  sont toujours là et fidèles à eux-mêmes :

Le sénateur Cézard a, une fois de plus, "craché dans la soupe" en se moquant de son collègue Baylet qui, en intégrant le gouvernement, serait "monté sur le Titanic !"

Le président, Descoeur-vaillant, a paradé avec son ami Wauquiez et a profité de l'annonce  de l'aide que la région apportera au département -ce dont nous nous félicitons- pour flétrir la politique nationale qui étrangle les collectivités ; c'est de bonne guerre !

Mais, lui qui a combattu toutes les réformes, lui qui  s'est presque fait une gloire d'entrer dans l'histoire à reculons, s'est-il seulement rendu compte que son ami Wauquiez lui avait infligé le plus cinglant camouflet qui soit en déclarant : "Ce plan n'aurait jamais été finançable  dans le cadre de l'ancienne région. C'est un signal fort pour l'Auvergne."

 P.A.

5 avril 2016

 

Comment voulez-vous que ça marche … ? 

L'autre soir, au Centre des Congrès, à Aurillac : Présentation du SCOT ( en langage administratif évolué : Schéma de cohérence territoriale ), en l'espèce, plan officiel de développement de l'arrondissement d'Aurillac qui engagera les pouvoirs publics, contraints de s'y référer,  au moins pour les 20 prochaines années. 

Le projet est accessible en ligne sur le site de la CABA et tout un chacun peut s'y référer. Pour une fois, la prose du cabinet rédacteur est à peu près compréhensible par tous et c'est une bonne raison d'en faire une lecture attentive ( une cinquantaine de pages ). 

Déception : Outre, sur scène, Mézard, Mathonier, Roussy et Albisson ( Président de la Communauté de communes de Cère et Goul en Carladès ), une petite trentaine de personnes dans la salle et pratiquement pas d'élus. Du fait de l'absence de ceux-là, dialogue avorté, peu de questions venant du public. Une intervention, sur le mode classique, à l'ancienne, d'un qui mit en garde les responsables contre la tentation d'ouvrir en trop grand les portes du département. Plus loin, une autre,  en pleine lamentation, interrogeant : Mais qu'est-ce qu'on pourrait faire pour que reviennent des populations dans nos villages du sud-sud de la Châtaigneraie ? Réaction polie de l'animateur, sur l'air : cas tragique, incurable. Déception visible de la dame inconnue qui  attendait autre chose, au moins les premières solutions. Gauche caviar, quand tu nous tiens ! 

 Tout ça laisse à penser que le bon peuple s'en fout ( habitué qu'il est à ce que toutes choses se décident sans lui ) et les élus concernés, tout autant. Puisque, dans chaque Communauté, quatre élus voire six, ont été désignés pour suivre le dossier, pourquoi s'en faire, pourquoi donc se donner la peine de réfléchir ? 

Néanmoins, si l'on veut avancer, et nous ne sommes pas là dans le domaine de l'utopie, il serait grand temps  que les citoyens, si seulement ils souhaitent peser sur l'organisation de leur propre avenir, s' intéressent un rien sérieusement à la chose publique. Nous le souhaitons vivement.

J.C. M.

Jeudi 3 mars 2016

Du bord de la route, de notre envoyé spécial chez les nouveaux aménageurs du territoire.

 La future nouvelle commune déjà baptisée

Le projet de regroupement de cinq communes de la Châtaigneraie dont nous avons rendu compte dans notre dernière livraison provoque quantités de réactions. Outre les chasseurs qui ont bien compris où l'on voulait les emmener, de nombreux habitants découvrent à cette occasion une forme d'humour dont plusieurs de nos apprentis-sorciers ne devraient pas se relever, notamment lors des prochaines consultations électorales.

Ainsi, sur Fessebouc, cette proposition d'un qui semble avoir trouvé un nom au regroupement de Calvinet, Cassaniouze, Mourjou, Sénezergues et Vieillevie.       Recette : Prenez les premières lettres des trois premières. Résultat : CA-CA-MOU. Cette authentique, très fraîche et rigolote trouvaille plaira comme il se doit au futur maire délégué de Cassaniouze, réputé amateur des burlesqueries les plus fines ...

Excellent et de circonstance. Tirons la chaîne.

Que ceux qui en ont d'aussi bonnes nous les fassent parvenir. Ce qui est certain, c'est que l'opération en cours ne déchaîne pas l'enthousiasme des        foules. Les échos sont nombreux qui en attestent.  

Ainsi va le monde …

Le totalitarisme marchand est à l'œuvre. La Commission européenne négocie actuellement les termes d'un accord commercial avec les Etats-Unis. Au final, nous devrons accepter de manger toutes sortes de nourritures médiocres ou carrément mauvaises pour faire plaisir aux sociétés multinationales de négoce. Nos députés – apprend-on -  si toutefois la curiosité les a conduits jusque-là, ne sont même pas autorisés à savoir ce qui se passe réellement. Tout juste peuvent-ils, à la sauvette, regarder un texte en anglais, compte-rendu des dix   premières étapes de la négociation, interdits de prendre la moindre note, sous la surveillance d'un cerbère auquel ils devront au préalable avoir remis leur           téléphone portable ( car les éventuelles photos sont interdites).  Nous vivons sous une sorte de protectorat américain où le clan affairiste de Bruxelles, clairement complice et contributeur, remplit efficacement son rôle de véritable apporteur d'affaires. Si ça ne va pas, pour couronner le bel ensemble, les parties se retrouveront devant un arbitre et pas un juge – justice privée oblige.        

Ce qui conduit tout droit, en cette période de salon à envisager la situation de notre agriculture et de nos agriculteurs. Le syndicat officiel, sous la férule des grainetiers chimistes pollueurs, ne sauvera ni l'une ni les autres. Ce sont           toujours les mêmes qui, sans moyens significatifs, ont le courage entier et nécessaire, de dénoncer sans barguigner à longueur d'année les dérives néfastes et mortelles qui limitent, un peu plus chaque jour, la survie des plus antiques pratiques agrestes. Nous pensons à Baptiste SERVANS, notre ami de guerre – du moins, celle qui nous occupe. 

Éolien

Un amendement présenté au Sénat par un élu du Jura, Gilbert BARBIER ( lequel appartient au groupe RDSE, celui dont Mézard est précisément le Président ) a été voté. Il améliore grandement la législation actuelle en prenant en compte – enfin – la situation des éoliennes «  visiblesdepuis un immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques ou d'un site patrimonial protégé et visibles en même temps, situées dans un périmètre déterminé par une distance de 10 000 mètres ne peuvent être implantées que sur avis conforme de l'architecte des Bâtiments de France. » En voilà une bonne idée. Mais l'affaire sera portée devant les députés qui devront confirmer. Ou, hélas ! Infirmer.

Le groupe RDSE  que d'aucuns ont malicieusement rebaptisé TESC (Tout Et Son Contraire) souffrira de savoir son Président se distinguer, sur le terrain, en poussant parfois certains projets totalement opposés. Son comportement, notamment dans l'évolution du projet du plateau du Coyan, aura été – est et restera – bien trouble... ( On reviendra utilement sur les  mises à jour de janvier 2015 - colonne à gauche : « Vent du Coyan » et « EDF en, c'est du vent » ).

Sur ce même sujet, les amateurs découvriront, en prenant connaissance du rapport que vient de publier l'Institut IFRAP (disponible en tapant « IFRAP agriculture et énergie ») combien l'aventure de l'éolien pèse sur les comptes d'EDF. Sans compter avec ce que versent déjà les consommateurs au travers de la taxe imposée : la CSPE. ( Voir TESTU du 2 décembre dernier – colonne de gauche : « éolien rebelote ! » ) Nous y reviendrons.

À ce sujet, sur le site « la Tribune de l’Art », nous avons découvert un excellent article de Didier Rykner qui nous a autorisé à vous le présenter dans son intégralité : 

"Un des amendements votés par le Sénat à la loi patrimoine fait couler beaucoup d’encre et raconter pas mal de bêtises. 
Si cette disposition était votée définitivement, elle ne signifierait rien d’autre que ce qui est écrit : les éoliennes « visibles depuis un immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques ou d’un site patrimonial protégé et visibles en même temps, situées dans un périmètre déterminé par une distance de 10 000 mètres ne peuvent être implantées que sur avis conforme de l’architecte des Bâtiments de France ».
Il est donc faux d’écrire que cela interdirait l’implantation des éoliennes à moins de 10 000 mètres d’un monument ou d’un site patrimonial. Cela signifierait seulement que l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France est nécessaire. Ceux-ci pourront parfaitement autoriser l’implantation d’une ou de plusieurs éoliennes si celles-ci ne menacent pas l’environnement et la beauté du monument.

Aujourd’hui, les éoliennes les plus grandes mesurent 150 mètres de haut ! On imagine leur impact sur les paysages, sans même prendre en compte les innombrables nuisances qu’elles causent à l’environnement, la moindre d’entre elles n’étant pas les milliers de tonnes de béton coulés dans les sols agricoles qui ne seront jamais enlevés, même quand on se décidera à éliminer enfin définitivement ces monstres.

Le scandale des éoliennes (inefficacité énergétique, coût exorbitant financé par les contribuables, corruption, pollution visuelle…) est avéré. Il a été prouvé par de multiples études. Que cette forme d’énergie puisse encore passer pour « écologique » laisse songeur.
Mais si l’on doit absolument en implanter tout de même en France, que l’on respecte au moins nos paysages, nos sites naturels, nos monuments historiques. L’avis conforme des ABF permettrait leur développement moins anarchique et les rendrait donc plus acceptables pour la population. Même les partisans du tout éolien devraient être d’accord s’ils n’étaient aveuglés par leur idéologie. Il y a fort à craindre hélas que leur lobbying, particulièrement actif et que l’on voit déjà à l’œuvre dans certains articles de presse, ne vienne menacer cette mesure de bon sens lors du retour de la loi devant l’Assemblée Nationale."

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Commentaires

06.05 | 06:43

Merci Bernard pour ces informations
Le vérité fait vivre la démocratie il serait vraiment dommage que Testu se taise nous comptons sur toi à bientôt 😀

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02.05 | 10:27

Bravo Bernard pour ce que tu as fait. Il faut maintenant organiser la passation de Testu aux citoyens qui peuvent et veulent le faire vivre. Réunion ? Quand ?

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02.05 | 08:40

Et toujours et encore le "Decorum"!!
Cela n'a rien d'étonnant!!

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01.05 | 21:52

Ici c'est .... Testu ! Ici c'est Testu !!! Une bien belle tribune..
Merci Bernard souhaitons que le plus grand nombre de citoyens découvre leur pouvoir d'agir !

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