En juillet pan sur le Net !

SOMMAIRE

Panique au village, ou quand l'I.A. se mèle d'assister la justice électronique S.M.

Un cartouche encore pour le grand homme J-P R.

 

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Justice électronique

Quand I.A. signifie : Inintelligence Artificielle

Au village j’ai mauvaise réputation. On me prête des capacités d’écriture et d’analyse que je n’aies point. Nonobstant, une amie éleveuse de son état et brave femme par ailleurs (malgré un caractère affirmé de sauvage), me vint trouver éplorée. Deux nuits qu’elle ne dort plus, dit-elle. L’origine du mal ? Une infraction grave au code de la route, qui, en admettant qu’elle eut été possible au siècle d’avant les lumières, aurait conduit tout droit, cette sorcière au bucher.

Historique

Au mois de mars dernier, sur la route revenant de Maurs, elle est photographiée à 87 km/h vers Saint-Mamet-la-Salvetat. Vitesse retenue : 82 km/h, car pour pallier aux errements de la machine, le législateur dans sa grande sagesse, a su reconnaitre qu’il convenait d’ôter 5 km/h en dessous de 100 et 5% au dessus. Il n’empêche ! A cet endroit de la R.N. 122, la vitesse est limitée à 80. Nul n’étant sensé ignorer la loi, l’inconséquente aurait du ajuster son hasardeuse conduite, au dessous du seuil autorisé. Elle était donc punie. Il n’y avait rien à redire à cela, sinon : « Bien fait pour toi ! » Ce que je m’empressais de lui cracher au visage.

Ravi de la voir s’effondrer (je n’aime pas les bandits), mais un peu triste quand même de la savoir tourmentée (c’est malgré tout une amie), je lui dis que perdre un point et payer 68 euros (ramenés à 45 si on règle dans des délais assez larges), n’était rien au regard de son acte délictueux, tant dangereux pour autrui que soi même. J’ajoutais qu’au siècle d’avant les lumières etc. etc.

Elle me fit part alors du grill (à défaut de bûcher), sur lequel l’Administration l’avait placée. La vilaine est récidiviste. En 2018, elle commit le même type d’infraction avec le même type de véhicule. Rongée par le remord, taraudée par l’envie d’expier sa très grande faute, la méchante s’empressa de régler l’amende, pour bénéficier de la remise (en plus d’impécunieuse, la garce est pingre de surcroit). Assurément, elle ne cocha pas toutes les cases de l’imprimé mis à sa disposition par l’Administration. En conséquence, cette oie blanche reçu sans tarder, une condamnation à payer 450 euros d’amende supplémentaire, accusée, la voleuse, de n’avoir pas dénoncé le conducteur.

L’irascible pécore osa contester, au motif que son véhicule (bien qu’utilitaire), est enregistré à son nom propre sur la carte grise. Les choses lui semblaient donc aller de soi. Convoquée derechef à la maréchaussée, la harpie fut reçue par un brave et indulgent pandore, désolé de la mésaventure. Subséquemment l’homme d’arme rédigea un rapport attestant : « qu’à ce jour favorablement connue de ses services, la dangereuse n’était surement pas de mauvaise foi ». Le tribunal l’entendit, qui ramena à 150 euros, la punition de la gueuse. Il faut tout de même payer les frais de justice !

Cette année donc en récidive (fi la mauvaise), elle décida de dénoncer immédiatement le conducteur de la Renault « Kangoo », c'est-à-dire elle-même. Mais quand on dénonce, il ne faut pas payer, c’est prescrit ainsi. Comme au bled la couverture Internet est au mieux, aléatoire et que l’idiote (à part Face book installé par ses enfants sur son portable), maitrise plutôt mal l’outil informatique, elle procéda en ressortant d’un tiroir crasseux, la plume d’oie et l’encrier, pour remplir de ses agricoles battoirs, le formulaire de dénonciation, renseignant les cases idoines de ses, nom, prénom, adresse, numéro de permis (dont on peut penser, au vu de sa conduite, qu’elle l’obtint par corruption ou tout autre moyen mafieux en usage au siècle dernier dans notre beau Cantal). Elle envoya le tout en recommandé avec accusé de réception (R.A.R.), à l’officier du ministère public, qui trône à Rennes, riante cité d’Ille et Vilaine.

Sa requête se vit illico refusée : « non respect d’au moins une des règles impératives prescrites par les articles 529-10 et 530 du code de procédure pénale ». Le motif du rejet étant : « Libellé de voie et complément d’adresse non renseigné ». Sûre de sa bonne foi devant  le courrier arrivé à ses nom et adresse, la méchante s’enfla, sorti l’encrier vermillon, entoura de rouge l’en tête, puis traça de sa main malhabile une flèche tremblante, renvoyant au bas du courrier où elle ajouta rageusement : « l’adresse est bonne et bien complète et c’est bien moi qui conduisait le véhicule ayant commis l’infraction », puis la prétentieuse  prit l’attache de la gendarmerie, pour y chercher conseil, les gendarmes lui suggérant alors en gage de sa bonne foi, de joindre le règlement de l’amende, on ne sait jamais…

Ce qu’elle fit et expédia en R.A.R., comme il se doit, à Rennes. Fin de l’histoire ? Non, grimpé tantôt au sommet de la montagne où crèche l’autochtone, le facteur lui remit en main propre (c’est une expression convenue, car dans ce cas précis…), un courrier stipulant la décision de ne pas donner une suite favorable car : « Non utilisation du formulaire fourni par l’administration, obligatoire pour toute requête ou réclamation ». Quand au chèque de 45 euros, pas de nouvelles.

Arriva enfin pour suivre (et poursuivre), un R.A.R. informant la sotte, que son amende initiale, non réglée dans les délais impartis, se voyait majorée et portée à 180 euros, qui pourraient, faute de prompt règlement, lui être réclamés par huissier avec en plus à charge, tous les frais afférents à la procédure et là… ça rigole moins.

Tout de même ! Quelle idée saugrenue d’habiter un village où d’origine, n’existe pas de nom de voie permettant de renseigner la case « complément d’adresse », pour dénoncer son voisin ou soi-même ? Basta, quand on est une dangereuse délinquante récidiviste, doublée d’une paysanne inculte, sans couverture Internet pour répondre à l’Administration et que l’on vit dans un bled, où en guise de voies libellées, sont seuls cadastrés des lieux dits… on se fait oublier, on roule doucement et on ferme sa gueule. Non mais !

Ah, ce n’est pas en 42 que cela serait arrivé. Nos gentils visiteurs de l’époque avaient faute d’Internet, un certain sens de l’organisation, dans le traitement et l’envoi des dénonciations.

Serge Menini

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Garçon, une momie

Il était bien temps que Pharaon, Grand Pèlerin du Puy, Faucon Resplendissant (mais Vraie Lumière), Maitre du Soleil et du Volcan, Plus Grand Gestionnaire du monde civilisé et d’ailleurs, Universelle Omniscience, Grandiose Potentat, dont  j’ose à peine, avec révérence, écrire le nom sublime : Laurent Wauquiez, l’Unique, reprenne place au sommet de la pyramide régionale, après avoir veillé à la stabilité de celle du mouvement national « Les Républicains ». Depuis sa démission de la tête d’un groupe politique qui ne le méritait pas, notre Immense Homme d’état revient en Auvergne-Rhône-Alpes et, par la grâce de Ra (qui depuis son char d’or, organise l’agencement du grand tout), il rentre enfin nous sauver pour apporter la rigueur, l’aiguillon et le fouet, qui tant nous ont manqués.

Et ça ne traine pas. Il n’est que de lire le journal, pour voir un peu des effets de sa puissance communicatrice.

L’appel du 18 juin 2019.

Ce jour (tout un symbole), la grande région nous offre (même c’est nous qui la payons), une pleine page dans le quotidien La Montagne, proclamant en fond bleu-vert sur photo floue de foule jaune, cette phrase toute en finesse : « Vous nous avez fait vibrer. Merci l’ASM » # yellowarmy. Ah, la judicieuse utilisation de nos impôts ! Laurent le Magnifique, en plus que d’être Grand, se dévoile généreux, magnanime, vibratoire. Il ne se contente pas d’encourager l’excellence, il sait aussi, consoler les perdants de la finale du top 14. Les clermontois vaincus (mais de si peu) par les puissants voisins et amis toulousains, dopés au cassoulet alors que nous n’avions, pour toute médecine, qu’une pauvre truffade en ce funeste 15 juin.

Le lendemain 19, un article parait en forme d’entretien, sous la plume du journaliste Laurent Bernard. Ici, notre mirifique Roi de l’oiseau, en vibrant vibrion colérique (mais pas cholérique), s’indigne de ce qu’il vient d’apprendre : Les guichets des gares fermeraient à tour de bras et bientôt, sans doute, les inutiles lignes de chemin de fer (sauf en Haute-Loire où, à ce jour, le simple rayonnement de son magique patronyme, joint à l’agitation de son bras séculier, tiennent à l’écart, les vampires réformateurs de la SNCF). Il veut un moratoire immédiat, l’Elu ! Il souhaite « reconquérir le terrain perdu et remettre du contact physique là où il a disparu ». Ah le Saint Homme ! Notre Croisé du Puy propose des innovations : « Il faut des solutions comme celles qu’à trouvées la Poste » (de mémoire, il s’agit de guichets fournis par les communes avec un salarié communal attaché et, d’intéressants horaires d’ouverture, genre 9H30 11H30, les mardis, jeudis et 15 heures 16H23 le vendredi, accessibles aux retraités, aux femmes ou hommes au foyer et à divers sans emploi). Il demande poliment (pour ceux qui le croient autoritaire), à la SNCF de se mettre autour de la table pour en  parler.

Sa vice présidente déléguée aux transports, Madame Guibert, marquise de la Cité des Vents, a pourtant du lui rapporter la gabegie sanfloraine.  Mais surement l’a-t-elle fait à voix si basse qu’il ne l’a pas entendue. Il est vrai qu’au Japon, de toute éternité, une femme doit s’adresser à l’Empereur, avec « stupeur et tremblement ». Cela n’empêche pas le persifleur journaliste d’interroger : « la région mettra-t-elle la main à la poche ? » Réponse « NOUS payons déjà 510 millions d’euros l’an pour faire rouler des TER sans avoir la ponctualité que J’attends » Remarquez le passage du Nous (payons), au Je (attends), signature incontestable d’un chef suprême. Mais le généreux gestionnaire convient qu’il est toutefois prêt à mettre la main à la poche « pour financer des solutions ». Oui mais laquelle, de poche ? Celle qui paye ses prestigieux conseillers en communication ?  

Bien sûr il y a toujours de mauvais esprits, pour porter la contradiction. Des gnomes pernicieux et chafouins, à l’œuvre contre les géants. Dans l’édition Cantal du 23 juin du quotidien d’information La Montagne, la journaliste Chemcha Rabhi, rapporte les paroles des belliqueux de la CGT cheminots, en la personne de leur numéro 2, Thierry Nier. Passant par Aurillac, l’infâme y va de son fiel et se permet de juger la réforme proposée par Ceux qui nous dirigent sagement et pensent à notre place (incultes, que nous sommes et resterons) : D’après le syndicaliste, la réforme du ferroviaire 2018 serait « néfaste, impréparée, dogmatique » et il ose, l’outrecuidant : « le gouvernement voulait aller vite et se payer les cheminots » et aussi (ces rouges ont toutes les audaces), que notre cher Laurent Wauquiez tant aimé « fait partie de cette frange politique qui depuis des années a voté des deux mains les réformes qui mènent à la SNCF d’aujourd’hui ». Il prétend aussi que la CGT a depuis longtemps réclamé ce « moratoire » que notre Chef Vénéré appelle aujourd’hui de ses vœux. Puis le dangereux révolutionnaire d’annoncer de nouvelles mobilisations…

Mais où va-t-on ?

Et si ce n’était que cela, des railleries sans fondement, dont la bave purulente n’atteint jamais l’aile si pure de la colombe blanche. Mais il y a aussi les factieux du comité pluraliste de réhabilitation, de défense et de promotion de la ligne SNCF Bézier-Millau-Neussargues-Clermont Ferrand-Paris, qui osent importuner Madame Delphine Couzi, Directrice « SNCF Intercités », jusqu’en sa Tour de la rue Traversière à Paris, d’où elle trône. Que prétendent ces voyous, dans leur poulet de deux pages, expédié depuis leur siège de Bédarieux ? Rien moins que le service serait dégradé, car, au motif de travaux du 8 juillet au 30 aout, entre Millau et Neussargues, la SNCF initie des autobus de substitution depuis Bézier. Ils postulent, ces affreux, que Bézier Millau aurait pu continuer de se parcourir par le train en 1H50, avec arrêt dans toutes les gares du trajet et que l’autocar met 4 heures pour effectuer la même desserte. De plus, il parait qu’en période estivale, des usagers voyageraient avec leur vélo, qu’ils ne pourraient pas caser dans les bus. La belle affaire ! Ils n’ont qu’à pédaler plus. Un vélo dans le train ? N’importe quoi ! Pourquoi pas une trottinette électrique ? Les touristes ont de ces culots… Et, ce n’est pas fini, ces furieux prétendent ordonner à la Directrice, de « garantir au plus vite, l’ouverture à la vente de l’ensemble des circulations, et ce, aux tarifs adéquats en application de la gamme tarifaire habituelle »... Manquerai plus que ça. Par ailleurs, ces va-t-en guerre du comité, assurent que d’après leurs informations, des travaux au nord de la ligne risquent de ne pas être réalisés pour cause d’appels d’offre infructueux auprès des entreprises privées. En conséquence, ces excités voudraient que lesdits travaux soient accomplis en faisant appel aux cheminots de « SNCF réseau ». Et puis quoi encore ? Personne n’a expliqué à ces benêts passéistes, que « SNCF-réseau », « Réseau Ferré de France » et « SNCF-mobilité » sont trois entités différentes, qui ne travaillent pas ensemble, et en tous cas pas les unes pour les autres ? J’ouvre ici une parenthèse : SNCF qui est une entreprise moderne a depuis longtemps organisé sa propre concurrence en devenant le premier réseau de transport routier de France. Mieux encore, elle l’organise aujourd’hui sur le rail, en rappelant des chauffeurs retraités pour leur faire piloter, en France, les trains d’une de ses filiales, à grand coup de contrats à durée déterminée.

Et là, pas calmés, les ancêtres ?

Tout fout le camp ! Surtout, ne nous abandonne pas Laurent, torrent impétueux, Wauquiez, ils sont devenus fous.

Dernière nouvelle

Victoire victorieuse, hosanna, alléluia. Grâce te soit rendue Laurent le puissant, c’est sûr maintenant, le guichet de la gare de Vic-sur-Cère ne fermera pas au 1 décembre 2019. Notre indispensable Maximo leader régionali a obtenu son moratoire. A la niche le Pepy ! Mais au fait, qu’est-ce donc, un moratoire ? Un sursis, un délai, une suspension provisoire… Au moins jusqu’aux prochaines élections. On parie ?   

 Jean Paul Rommot

 

 

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pierre mestries | Réponse 11.08.2019 16.47

Quelle Merde!!

jean louis roche | Réponse 25.07.2019 01.19

j'ai bien ri, avec la verbalisation pour banditisme au volant.
en 2006 puis en 2018 , avec le J 5 ou avec la moto, 2 fois j'aurai payé 90 E pour 1km/h au dessu

Michel Verniole | Réponse 15.07.2019 08.44

Très bonnes a alyses l' humor en plus

guilhen philippe | Réponse 13.07.2019 23.24

trop bon, j'adore!!

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Commentaires

11.08 | 16:54

Les bras m'en tombent!!

...
11.08 | 16:47

Quelle Merde!!

...
25.07 | 01:19

j'ai bien ri, avec la verbalisation pour banditisme au volant.
en 2006 puis en 2018 , avec le J 5 ou avec la moto, 2 fois j'aurai payé 90 E pour 1km/h au dessu

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15.07 | 08:44

Très bonnes a alyses l' humor en plus

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