Covid 19 ? Poison d'avril !

Cette pandémie qui frappe obstinément, agira-t-elle comme le révélateur de nos erreurs passées et nos gouvernants, vont-ils inverser la tendance ? Les couts de production si bas, trouvés loin de chez nous, sont une conséquence de la misère des populations locales et du cynisme de leurs dirigeants. Nous en sommes, pour le moins complices, sinon responsables.

Allons nous continuer de contraindre (par nos comportements consuméristes et délocalisateurs), des hommes à s’enfoncer de plus en plus profond dans les forêts primaires, remplacées : Ici par des champs de palmiers oléagineux (pour faire rouler nos bagnoles), là par des villes aux multiples usines (pour nous fournir en médicaments, en téléphones « intelligents», en tablettes et autres objets qui semblent indispensables) ?

Le risque est pourtant avéré, d’y croiser bactéries et virus endémiques, qui tôt ou tard nous reviennent, sous forme de bombes aux capacités hautement destructrices.

A mon humble avis, passées les larmes, les bonnes résolutions et les postures victimaires, tout repartira comme avant, en avant !

En attendant des jours meilleurs, Testu continue son travail.

Sommaire d’avril :

Elections dans le Cantal. Un survol d’Aurillac à Neussargues (on évite Saint-Flour, sa Marquise des vents et son Saint-Pierre de poche, tant il est mal de tirer sur les ambulances, surtout en période d’épidémie). En artiste, Bernard Bonhoure, peint un tableau coloré.

Lettre d’Amérique. Testu a des lecteurs à l’international… L’une d’elles nous écrit pour raconter son quotidien.

Philosophie. C’est en amoureux des livres, que Jean-Claude Muet décrit la situation.

Serge Menini

Vers une victoire à la Pyrrhus ou un vrai tournant ?

Prenons un temps d’avance et restons optimistes malgré la douleur qui frappe autour de nous. Services publics, médecine libérale, scientifiques et citoyens du monde finiront par vaincre le virus : pourra-t-on pour autant crier victoire ?

Crise de 2008, les gouvernants ont sauvé la finance internationale, depuis les injustices ont explosé comme jamais...

Passé ce printemps, allons-nous regarder passivement les politiques s’étriper sur le thème « c’est pas moi, c’est lui » ou dire non à la communication permanente, anesthésiant universel inventé contre les peuples par la volonté du fric ?

Dans cette ambiance pour le moins morose, un retour sur les municipales peut paraître dérisoire mais puisque nous en avons le temps autant en profiter pour prendre un peu de recul et penser à la vie publique qu’il faudra relancer au plus vite après la sortie de pandémie.

 

Municipales dans le Cantal

 

Le 15 mars, en prenant les précautions d’usage face à l’invisible ennemi, les cantalous ont voté : 65% de participation contre 44% au niveau national. Dans plus de 90% des communes les jeux sont faits avec l’attribution de la totalité ou de la majorité absolue des sièges. Très largement les sortants l’ont emporté, trop souvent ils étaient seuls en lice… les électeurs n’ont, globalement, pas manifesté un réel désir de changement.

Les marcheurs tombés du ciel  en 2017 n’ont pas réussi à enclencher la seconde : accélérer et freiner en même temps, ça ne fait pas avancer. La « Droite » bien installée aux manettes du département et de la Chambre d’Agriculture, par délégation de pouvoir à la FDSEA, n’a pas fait plus de miracle que ce qu’il reste de la « Gauche » mère porteuse jugée peu crédible pour avoir enfanté le Jupiter du double jeu permanent.

 

Quelques résultats méritent une plus grande attention, à chacun son avis.

Arpajon sur Cère.  

Victoire de la droite surprenante et cependant logique pour ne pas dire salutaire même si elle confirme le conservatisme de l’électorat cantalien. Dénoncée par Testu depuis plus de 10 ans, petite histoire du cabinet politicard de la CABA.

2014. Suite à de savantes tractations à la CABA pour l’attribution des bons plaçous, le duo Roger Destannes/Jacques Mézard adoube Michel Roussy pour « conserver » à « gauche » la mairie d’Arpajon. « Victoire » : Michel Roussy, 50, 23%, Chantal Mazières 17,85% ; total dit de gauche : 68,08 %.

2017. Sur ordre de Jacques Mézard, Michel Roussy se retrouve président de la CABA le 26 juin, la goutte d’eau qui fait péter le bocal. Michel Roussy prend les rênes avec, comme Directeur des services celui qui était jusque là Directeur des services financiers et des marchés publics, Serge Destannes (le fils à Roger). Méthode de gestion ultra simple : le pouvoir est dans le secret, faire le maximum en (tout) petit comité, dire le minimum au petit peuple… Chez les 69 autres conseillers de la CABA, traumatisés par le sort réservé à Thierry Galeau en son temps, pas de rébellion : en conseil communautaire, on dit « amen ».

2019. Illustration de la méthode en Conseil communautaire le 11 février.

Un technicien présente le projet Esban II. Quand il veut donner le prix de revient du mètre carré, il se fait taper sur les doigts. Extraits dialogue :

Le technicien : «…18, 5 millions d’investissements. Le prix moyen de cession des terrains »…

Michel Roussy : « Non, Jean Noël, je vous interromps...passons sur ces points là… sinon nous risquons de mettre les choses dans le désordre ». Traduction : si on parle prix du mètre carré ça va être le bordel.

Le technicien : « je ne développe donc pas la partie investissements… » Quelques murmures sur les lèvres. J.A. Moins dit qu’il aimerait savoir. Aucune information n’est donnée. Le projet Esban II est cependant adopté à l’unanimité.  

2020. Impérial à la CABA Michel Roussy ne s’était pas abaissé à jouer la transparence dans « sa » mairie, à se mettre à la hauteur des citoyens… qui ont sagement attendu le 15 mars pour lui dire « on a compris, tu n’es pas de notre monde ». Isabelle Lantuejoul (61 %) a balayé Michel Roussy (39%), les partis dits de gauche sont passés de 68,8 % à 39% : merci Jacques Mézard devenu marcheur vers la Droite à Aurillac !

Ce que les conseillers communautaires n’ont pas fait à la CABA, par aveuglement, lâcheté ou calcul personnel et pécuniaire, les électeurs d’Arpajon l’ont fait,  merci à eux… même si la victoire de la ligne Républicaine (façon Wauquiez ?), n’est guère porteuse d’espoir pour l’avenir.

 

Aurillac.

 

Rendez-vous compliqués avec l’association « AGIR ».

 

Comme en 2014, nous avions prévu de rencontrer les 3 têtes de liste. Malgré plusieurs contacts dont un en face à face devant l’entrée du marché couvert d’Aurillac, Catherine Amalric n’a jamais accepté de caler un rendez-vous. Vous pouvez en penser ce que vous voulez. Nous, on en pense pas moins… même si, depuis le 15 mars au soir, elle, ne pense qu’à Moins !  

Pierre Mathonier s’est prêté normalement au jeu des questions. Tout en critiquant le fonctionnement cadenassé de la CABA depuis au moins 10 ans, il assume les décisions prises par ses prédécesseurs et posera sa candidature à la présidence s’il est élu maire d’Aurillac.

Primauté aux enjeux de pouvoir avec Jean Antoine Moins. Remarque préalable très négative à mon encontre à propos du soutien à la FDSEA : je dénonce, Jean Antoine Moins justifie. Il affirme que le maire d’Aurillac doit être président de la CABA, mais si Pierre Mathonier l’emporte, il se refusera à voter pour lui car c’est un mauvais maire parce qu'il est menteur (celui qui le dit qui l’est ?).

 

Le détail des engagements pris sera éventuellement diffusé quand le 2ème tour sera organisé.

 

Campagne :

1) Plus vert que moi tu meurs !

 

Le concours du « plus vert » reprendra certainement pour le 2ème tour, avec le risque de tomber dans le ridicule ? Avec « bon sens », reconstituer la « forêt en ville » : c’est largement aussi stupide que de vouloir construire les villes à la campagne. Planter des arbres pour faire d’Aurillac une « ville nature » et pas une ville dans un écrin nature : concrètement, on construit des parkings en supprimant le béton, le goudron, la bagnole ?  Comment éduquer les enfants à une alimentation saine, à la bonne cuisine en gardant des cuisines centrales ? Passons, l’écologie n’est plus une mode, elle est présente partout dans les discours ; aux associations de faire pression pour qu’elle rentre effectivement dans le quotidien en restant crédible : faire comme si l’agriculture n’existait pas et imaginer que des maraichers et des éleveurs de volailles vont nourrir la ville relève du fantasme.

 

2) Plus sale et violent qu’Aurillac, y a pas !

En fin de campagne, comme par hasard, un éclairage national est venu ternir l’image de la ville.  C’est drôle un éclairage qui assombrit. Qui a bien pu avoir assez d’influence à Paris pour demander au Figaro de missionner une « journaliste » chargée de détruire la réputation de la ville et nuire au bilan du maire sortant ?  Le ou la « coupable » à la base de cet enfumage est certainement trop en dessous pour dire « c’est moi qui l’ai voulu ». Une chose est certaine, les aurillacois et aurillacoises n’ont pas aimé du tout cette caricature malveillante

 

Résultats et perspectives.

Pierre Mathonier, 48,1% ; Jean Antoine Moins, 42,4% ; Catherine Amalric, 9,7 %. Pour les trois têtes de liste, rien n’est fait ; c’est réglé pensent de très nombreux citoyens. Pourquoi un tel écart d’appréciation ?

Trois « états majors ». Un multicolore avec un nuancier du rouge à l’orange en passant par le rose passé. Un bleu dur mal occulté par un slogan passe partout (mon parti, c’est la ville d’Aurillac). Un incolore sans éclat aucun.

Pour espérer l’emporter au 2ème tour, Jean Antoine Moins, droite dure, façon Fillon et ses 500 000 fonctionnaires à éliminer, devra récupérer les voix qui se sont portées sur Catherine Amalric, représentante de la République en Marche empêtrée dans la réforme des retraites et bien d’autres soucis liés à l’absence de culture politique d’une grande partie de ses « cadres ». Autre point qui n’est négligeable, il faudra expliquer à l’électeur que

a) pendant 5 ans et demi Catherine Amalric n’était guère fréquentable puisqu’elle était dans l’équipe du mauvais maire.

b) depuis 6 mois, elle est formidable et s’associer avec elle ne pose aucun problème.

c) ce changement de point de vue n’est pas un retournement de veste mais la marque d’une volonté de travailler pour la ville.

Jean Antoine Moins et Catherine Amalric ont des visées nationales pour l’un, européennes pour l’autre. Ne pas l’emporter ferait mauvais genre.

Pierre Mathonier, expert comptable, sait faire une addition : 42 + 9 = 51 et donc le 2ème tour n’est pas gagné d’avance.

Nos trois têtes de listes savent donc que rien n’est joué.

Les électeurs n’aiment pas entrer dans toutes ces considérations. Moins annonçait qu’il gagnerait, il est à 6% de Mathonier : comme en 2014 et avant, avec ses prédécesseurs, ce n’est pas lui qui fera gagner la Droite à Aurillac.

Si le virus est vaincu, suite du feuilleton dans quelques mois, la bataille sera rude !

 

Vic sur Cère et Riom es Montagnes.

Ces deux communes faisaient partie des objectifs de la Droite cantalienne, Bruno Faure l’avait annoncé.

Vic : match nul, résultat tout à fait extraordinaire. Le conseil départemental pensait avoir missionné une pointure : Madame Tourtoulou-Delrieu, conseillère départementale. Il faudra repasser : être élue sur un canton en 2015, en tandem avec Philippe Fabre, sortant plus que bien implanté et mener une liste avec un projet bien ficelé, ce n’est pas tout à fait le même enjeu. Dominique Bru élue à la surprise générale en 2014 a plus que bien résisté, 2ème tour passionnant en perspective.  

Victoire du sortant à Riom : ses adversaires avaient bâti leur campagne sur le thème « Boisset est gentil, il parle à tout le monde mais ils n’ont rien fait ! ». Les citoyens ont parlé et rejeté ceux qui avaient osé baptiser leur liste « Compétence et projets », laissant entendre que les sortants… Un tel mépris de l’adversaire qui a fait ses preuves six ans plus tôt et pendant toute la mandature relevait du mépris et méritait une sanction, c’est fait. Les « experts » riomois pourront continuer leur apprentissage de l’humilité six ans de plus.

B.B.

 

"Neussargues en Pinatelle : l’audace ça eut payé mais ça ne paye plus pour Bernard Delcros.  

Pour créer la nouvelle grande commune Neussargues en Pinatelle, Bernard Delcros avait beaucoup sacrifié mais espérait jouer les « grands maires » à la communauté de communes des Hautes Terres et rester maître sur « ses » terres de Chalinargues où, officiellement, il n’était plus que « maire délégué ». Rappelez-vous le feuilleton rocambolesque de la délocalisation interdite du mariage de l’ex secrétaire de mairie.

Pour ces municipales, inutile de dire que Bernard Delcros a joué au Sénateur en campagne.

Réussite à Murat. Une plaquette dithyrambique et des arguments à couper le souffle, « les soignants ont autre chose à faire que de la politique »*, ont débouché sur une belle réussite de son poulain : victoire dès le premier tour malgré la présence de trois listes.

Echec retentissant dans son fief de Neussargues en Pinatelle. Il s’était pourtant démené pour monter une liste béton autour de Ghyslaine Pradel et de lui-même, considérant que la présence d’un sénateur sur une liste aux municipales serait une garantie de réussite. Quand la sortante, se pensant gagnante à rester indépendante, déclina l’offre qui se voulait alléchante, le cafouillage sénatorial** déclencha la démarche d’un groupe qui en quelques semaines monta une liste dynamique et un projet cohérent pour l’emporter, Michel Porteneuve en tête, la mariée de l’an 2017 en quatrième position.

* La première liste à s'être présentée était menée par une dentiste et comportait plusieurs soignants dans ses rangs. Le Covid 19 démontre, hélas, que le pays n'irait peut-être pas plus mal si les soignants étaient un peu mieux pris en considération. 

** Quand il a senti que le vent tournait sur les Hautes Terres, Bernard Delcros à invoqué une interdiction légale de se présenter pour retirer ses billes à Neussargues, pendant que Josiane Costes se présentait à Aurillac... 

 

Retombées pour les parlementaires.

 

Les parlementaires locaux s’appliquent à rester au fond du trou ou à crier victoire à propos de stupidités, type le 90 dans les zigzags départementaux et le 80 sur les lignes droites nationales. Sur l’épisode municipales, Vincent Descoeur est resté très discret, son candidat aurillacois ayant décidé de faire campagne en cachant son étiquette de Républicain à Droite toute. Jean Yves Bony a fait très fort à Ally : il s’est déclaré « chef de file » mais pas candidat au poste de maire. Tous les deux, dans un département qui veut bouger sur place sans marcher, ne devraient être impactés par ces élections. Pour le couple de sénateurs, c’est une autre paire de manches.

Josiane Costes a cherché le bâton pour se faire battre, elle l’a trouvé ! Elle intègre la liste de la marcheuse Catherine Amalric pour faire plaisir à Jacques Mézard mais, ce faisant, elle contrarie Alain Calmette qui l’avait fait élire au Conseil départemental. Deuxième averse : avec le score de la liste sans « bon sens » elle se retrouve exclue du jeu municipal. La prochaine élection sénatoriale sera difficile…

Bernard Delcros, pour cause de non cumul ou peur de perdre aux municipales, présentera une carte de visite bien timide à la future sénatoriale. En 2015, il était maire, président de communauté de communes, vice président du Conseil départemental, vice-président du Parc des Volcans, Président de Logisens (Cantal Habitat)… en 2020, le voilà simple conseiller départemental,  même pas conseiller municipal et normalement exclu de cette même communauté où il n’aura pas laissé que de bons souvenirs. Son audace et sa présence médiatique avaient attiré les communes  de Condat, Montboudif, Chanterelle et Saint Bonnet de Condat : dès qu’ils ont pu vivre la réalité de l’intérieur, les quatre maires concernés ont compris qu’ils étaient tombés dans un piège et ont demandé à le quitter, le piège communautaire et sénatorial à la fois.

 

Son étiquette politique, Union Centriste, un pas en avant, un pas en arrière, marcher de gauche à droite, risque de ne pas lui être d’un grand secours : là aussi, la réalité des marcheurs au pouvoir n’est pas éblouissante et pour assumer, il faudra se lever de bonne heure. 

B.B.

Lettre d'Amèrique aux temps épidémiques

Christine Sherman, lectrice passionnée, nous parle à sa fenêtre

Conférence journalière d'Andrew Cuomo, gouverneur de l'état de New-York. Un des bons moments de la journée...

Cher Testu,

Dans cette pause forcée de la planète, on est tenté de dire ce soupir dans l’histoire de l’humanité, le COVID-19 a, d’une certaine façon, rapproché les peuples : Nous sommes tous confrontés à la même menace, unis par la même peur, souffrant les mêmes contraintes. Nous sommes presque tous cantonnés chez nous, et notre vie ne sera plus la même pendant six, douze peut-être dix-huit mois. Ceux qui seront assez chanceux pour survivre (la grande majorité, mais faites le calcul et vous verrez que les morts se compteront par millions) se retrouveront dans un monde qui se sera adapté aux circonstances et sera bien différent sur tous les continents. Cependant, au stade actuel de la pandémie, les différences entre les pays sont encore marquées, en particulier dans la façon d’affronter cette crise nouvelle. Je t’écris donc ici quelques lignes sur le vécu américain, que je suppute mal décrit par la presse française. Les faits ci-dessous seront vite obsolètes, remplacés sans doute par d’autres bien plus terribles.

Extrait de mon journal Covid-19 :

20 mars 2020

Par décret de leurs gouverneurs, tout est fermé dans les Etats de New York, du New Jersey et du Connecticut, et plus précisément dans l’une des zones urbaines les plus denses et les plus importantes économiquement des Etats-Unis : PNB de près de 2 mille milliards de dollars, population de 23 millions en métropole. Ecoles, bibliothèques, salles de sport, restaurants, bars et la plupart des commerces ont mis clés sous la porte, même à Madison (20 000 habitants), la ville où  j’habite et où nous venons d'enregistrer nos quatre premiers cas confirmés (1 avant-hier, 2 hier, 4 aujourd’hui). L'augmentation du nombre de tests (nous avons enfin davantage de kits de test, quoique en nombre encore insuffisant) fera sûrement grimper ces chiffres. Madison est une banlieue prisée et beaucoup de ses résidents travaillent, ou travaillaient plutôt, à Manhattan, zone rouge.

A New York, mesures de confinement en place. La décision de fermer les écoles est venue tard, car ici, en l'absence de revenu minimum, de compensation réelle des chômeurs et de congés maladie, le petit-déjeuner et le déjeuner à l'école sont les seuls sur lesquels 72% des enfants scolarisés peuvent compter. Une honte en temps normal, une catastrophe en temps de crise. Le maire de New York vient donc de mettre en place un service de distribution de sacs repas, déposés devant les écoles de 7 h 30 à 13 h 30. Accessibles à tous les enfants quelle que soit leur école. 133 000 repas sont désormais fournis chaque jour. Des garderies ont été créées pour les enfants des ambulanciers, infirmiers, toubibs, pompiers, policiers... Les universités et les centres de conférence sont aménagés pour abriter des lits supplémentaires. Le gros problème est la pénurie de ventilateurs, de masques, de gants et d'EPIs (équipement de protection individuel). Trump n'a toujours pas signé l'ordre qui permettrait à l'armée de contribuer à ses ressources (il a signé une déclaration de principe, mais pas l'ordre lui-même). Devant les hurlements (polis) des gouverneurs, il leur a déclaré qu'il n'était pas le livreur. Heureusement, l'Etat de New York et la ville de New York ont en Cuomo et en de Blasio de vrais leaders, prenant toutes les mesures de crise inimaginables : par exemple, en date d'aujourd'hui, Cuomo offre un premium aux entreprises vendant ventilateurs, masques etc., un financement aux entreprises de production se reconvertissant pour fabriquer le matériel nécessaire, y compris aux start-ups. Le gouverneur de New York a demandé aux médecins et aux infirmiers/infirmières retraités, ainsi qu'aux étudiants en médecine, de se porter volontaires.

Des cours en ligne s'organisent. Pour éviter que seuls les enfants disposant d'un ordinateur en profitent, la ville distribue des ipads.

Après la fermeture des restaurants (sauf livraison à domicile), bars, et de la plupart des entreprises de service, des centaines de milliers de New Yorkais se retrouvent au chômage.  Les évictions sont suspendues pour trois mois, les pénalités de non paiement aussi. Ceci, comme le reste, est une décision de l’Etat : le gouvernement Trump n’a RIEN fait, sinon des discours alléguant des mesures inexistantes. Ce que tu lis dans tes journaux, cher Testu, copiés-collés de ses discours, est faux ou mal interprété. Note au passage qu’en l’absence d’aide fédérale, les Etats sont en train de s’endetter considérablement pour protéger leur population.

Vie de tous les jours : certaines chaînes alimentaires ont réservé un créneau horaire aux personnes de plus de soixante ans, afin de leur permettre de faire leurs courses sans crainte de la contagion par des personnes plus jeunes. Autrement, on s'approvisionne surtout par livraison à domicile. Les capacités de livraison étaient insuffisantes la semaine dernière, mais je suis certaine que les entreprises réaliseront qu'offrir ce service est une voie de survie. Amazon vient d'embaucher 100 000 personnes pour faire face à la demande. Face à l’incurie de notre gouvernement fédéral, le grand capitalisme nous sauvera peut-être. En tout cas, je compte sur lui pour mon café au lait et mes tartines. Quoique… le pain, ici… pas génial.

22 mars 2020

New York est désormais à court de ventilateurs. Les médecins des meilleurs hôpitaux du monde se réunissent pour décider de la procédure à suivre : qui brancher en priorité, qui débrancher et laisser mourir. Masques, gants, EPIs… la pénurie règne. On improvise : les esthéticiennes font don de leurs gants, les couturières de Broadway cousent des masques.

 

 Jeux interdits

Tous les parcs de jeux sont fermés

Malgrè le confinement,

Le graphe représente les nouvelles demandes d’emploi, par semaine. La barre de droite représente l’augmentation des demandes d’emploi la semaine dernière (3,3 million de personnes). Et ce n’est qu’un début.

Il a fait beau hier, tout le monde est sorti. Les gens redécouvrent les plaisirs de la promenade, puisqu’ils ne passent plus une partie de la journée sur la route ou dans le métro, et les appartements sont petits : la claustrophobie s’installe. Le gouverneur de l’Etat s’est inquiété de la densité des foules dans les parcs de New York, et a exigé du maire un plan de contrôle, quitte à fermer des rues pour offrir davantage d’espace. Chez nous, la « distance de sécurité » est de deux mètres.

Huit cas désormais à Madison. On se demande lesquels de nos voisins ont été frappés, si le plein que l’on vient stupidement de faire à la pompe à essence va nous conduire aux urgences dans quatre ou cinq jours.                                                                                                                                                     

 

L’incendie de Rome :

La courbe des cas met les Etats-Unis sur la même trajectoire que l’Italie. Le plus riche pays du monde n’a pas assez d’hôpitaux, d’équipements et de médecins pour faire face à la crise. Les quelques mesures prises l’ont été trop tard et sont encore incomplètes. Comment en est-on arrivé là ?

Janvier 2020 : le CDC (agence de protection contre les maladies), le département de la sécurité intérieure, le département d’Etat préviennent Trump que l’épidémie chinoise va se répandre et a le potentiel d’entraîner une catastrophe. Il est distrait, tout cela l’ennuie, d’ailleurs il ne lit jamais les mémos. Premier cas américain le 21. Interviewé à Davos sur la possibilité d’une pandémie, Trump répond : « Non. Non, pas du tout. Et tout est totalement sous contrôle. C’est une personne arrivant de Chine. Tout est totalement sous contrôle. Tout va bien se passer. » (note de la traductrice : ici et par la suite, je vais traduire fidèlement les spaghettis verbaux postillonnés par notre président, plutôt que de les cacher en tentant d’en sortir un discours cohérent. Les journalistes français devraient se forcer et suivre mon exemple).

Fin janvier, les avertissements des scientifiques se multiplient. Voyants rouges. Des mesures urgentes s’imposent. Trump continue de déblatérer : « tout va bien se passer », reparle du « contrôle » que « nous », le roi, avons de la situation, retweet des fausses nouvelles sur l’invention supposée d’un vaccin, minimise : « nous avons un très petit problème dans le pays. Cinq. Et tous ces gens sont tous en train de récupérer avec succès. ». Le même jour, l’OMS déclare que le virus constitue un danger majeur, une urgence internationale.

31 janvier : fermeture des frontières aux voyageurs arrivant de Chine, sauf aux Américains. Trump : « nous avons réglé le problème avec la Chine. On s’entend terrifiquement bien, ce qui est très positif. On s’entend bien avec la Chine, on s’entend bien avec la Russie, on s’entend bien. » Note le hors-sujet.

Début février : le CDC envoie quelques tests aux laboratoires du pays, tests défectueux. Pas de tests, pas de contrôle des cas. L’OMS offre son propre test. L’administration Trump le refuse. Elle refuse aussi d’autoriser les laboratoires à développer leurs propres tests. Pourquoi ? Les Etats-Unis prennent du retard. La situation ne s’améliorera qu’à la mi-mars, deux mois après. Deux mois de perdus. Trump tient les « rallyes » qui sustentent son insatiable ego : « On dirait qu’en avril, trompète-t-il, vous savez, en théorie, quand il fera un peu plus chaud, il (ndlt : le virus) s’en ira miraculeusement. ». Ailleurs : « Nous en avions douze (ndlt : cas. Trump saute des mots. Le vague, le flou, c’est l’art et la manie des escrocs), et maintenant ils vont bien mieux. Beaucoup se sont complètement remis (ndlt : la plupart sont morts). »

Fin février : Trump s’aperçoit que la bourse s’inquiète. Ça, c’est grave. Il critique l’alarmisme de la presse, se moque des Démocrates, les traite de bébés, accuse faussement Obama d’avoir ralenti les productions de tests. Je souligne au passage que Trump a éliminé en 2018 le service de lutte contre les pandémies mis en place par Obama et dont cela aurait été le boulot de gérer le problème. Pourquoi ? Juste parce que.

Début mars : Aucune mesure n’est prise. Des mensonges sur la disponibilité des tests. Sur le Covid-19, qu’il appelle désormais « le virus chinois », histoire de chatouiller un peu plus sa base raciste (conduisant à des attaques verbales et physiques contre des asiatiques), Trump affirme : « C’est bien moins grave que la grippe. Nous parlons de bien moins de morts… Je ne me fais pas du tout de souci ». Il visite les bureaux du CDC, coiffé de la casquette rouge de sa campagne présidentielle, se fait expliquer les choses. Conférence de presse : « J’aime ces trucs-là. Je les pige vraiment. Les gens sont surpris que je comprenne. Chacun de ces docteurs a dit : « Comment savez-vous tout ça ? » Peut-être que je suis naturellement doué. Peut-être que j’aurais dû faire ça au lieu de chercher à devenir président. » (ndlt : encore une fois, j’écris comme il parle).

Et ça continue, chaque jour un tissu d’âneries. Chaque jour des tweets sur sa côte de popularité, sur ses rivaux. Chaque jour un manque d’intérêt absolu pour la souffrance des gens. Chaque jour un speech, suivi de flatteries par le VP et les béni-oui-oui autour de lui. Chaque jour l’immobilisme. Chaque jour la preuve que Trump est le Néron de notre époque.

A plus, cher Testu. Reste bien chez toi. Lave-toi les mains.

Christine Sherman

31.03.2020 – D’évidence, on le devine, le tour est joué :

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». (Jean-de-la-Fontaine)


Chacun en est conscient. La situation est pour le moins originale. Partis comme nous le sommes, ne disposant pas ou peu d’informations précises nous permettant de nous forger une opinion, la sagesse la plus élémentaire impose à tout un chacun de se contenter d’observer ce qui se passe, de confronter tout ça au potentiel existant des connaissances unanimement partagées, pour, au final, éviter fermement les bavardages intempestifs. Laissons donc les commentaires hardis et les rajouts inappropriés aux spécialistes que nous ne saurions prétendre être. Evitons donc d’en remettre, même si, pour beaucoup, c’est en quelque sorte devenu la loi du genre.

Le spectacle fourni par le monde médical toute la semaine passée (et ce n’est manifestement pas terminé!) qui vise à mettre en difficulté celui que d’aucuns ont affectueusement baptisé le Savant de Marseille, accusant celui-ci de donner de fausses espérances de guérison à des malades infectés par le virus à la mode sans que cela ait été d’une façon ou d’une autre prouvé  scientifiquement. Remuant nos souvenirs, nous pourrions néanmoins être portés à une certaine forme d’indulgence. En effet, nous avons tous connu, dans nos familles ou parmi nos proches, de réguliers utilisateurs de la fameuse Nivaquine, médicament dont l’efficacité est reconnue par tous depuis des lustres chez les voyageurs ou chez les Coloniaux dans la lutte contre le paludisme. Nous pourrions, dans cette perspective, être tentés de mettre notre grain de sel et nourrir la polémique du moment.

 

Geneviève TABOUIS encore ! « Attendez-vous à savoir ... »

Sentant la pagaille poindre, les plus avisés d’entre nous s’étaient contentés de manifester leur opposition à l’imprudente organisation du 1er tour des élections municipales. Les évènements leur ont manifestement donné raison.

Pire encore, les déclarations de l’ancienne ministre BUZYN qui était en charge de la Santé avant que de se lancer elle-même dans une très improbable conquête de la mairie de Paris, n’ont fait qu’entamer plus profondément la confiance des électeurs parisiens mais tout autant voire plus fort, celle de tous les électeurs appelés à voter ce jour-là, ce qui, additionnées aux autres incohérences gouvernementales expliqueraient l’étendue de l’abstention enregistrée ce dimanche 14 avril.

Un certain état de désorganisation gouvernementale a été mis en relief, notamment parce que l’on a eu tout loisir de se rendre compte combien ceux que nous moquions depuis des jours et des jours – tout particulièrement nos voisins Espagnols et Italiens - se défendaient comme ils pouvaient et, le plus souvent, pas moins mal que nous. Eux, au moins, possédaient en nombre les fameux masques protecteurs.

 

Bon ! … Revenir sur les municipales.

Les mises en cause viendront plus tard. Mais souvenons-nous tout de même du mauvais accueil offert à tous ceux qui, sentant le mal venir, avaient de bon sens suggéré de reporter les municipales de six mois, un an. Ce qui, par le passé, s’est fait plus d’une fois, on le sait. Mais, « vous n’y pensez-pas ? » entendait-on...

Mais le fait le plus marquant de ces élections est l’absence de véritables débats et, notoirement, celui qui n’a jamais été sérieusement ouvert, celui du bilan de l’intercommunalité.

Comment expliquer à nos concitoyens le mouvement engagé par trop de Gros malins que chacun a le loisir d’identifier, lesquels ont abandonné en masse leur mairie pour changer de cap en visant ce nouveau lieu de pouvoir généralement bien pourvu en finances et sources (chaudes) du pouvoir qu’est dorénavant l’intercommunalité ? Ce mouvement n’est pas passé inaperçu. Victoire à la Pyrrhus (chère payée) mais sans grande valeur puisque le plus souvent inexpliquée, reposant sur des calculs d’intérêts partisans ou privés. Cela ne manquera pas de ressortir demain.

 

Alors, c’est au vers de Corneille (tiré du Cid) que chacun pense :

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

 

Quand la Guerre du Chef sera achevée, il sera bien temps de comprendre pourquoi nos « élites » se sont données tant de mal pour justifier la disparition des départements et des communes, là même où se développait pour de bon le fameux « vivre ensemble » si souvent invoqué ces temps-ci, à toutes les sauces… Véritable mystification ont qualifié la manœuvre les meilleurs spécialistes du mouvement électoral.

 

à suivre … JCM

 

 

PS. Ces quelques lignes sont, que je le veuille ou non, un encouragement : Il faut lire et se laisser glisser dans la lecture où, sans crier gare, l’on retrouve toutes sortes de réflexions qui nous aident à tenir la route et franchir mille caps. Ainsi ceci, venu sous la plume de Gilles ROSSET, philosophe, lequel nous a quitté il y a tout juste 1 an, le 29 mars 2019) :

 

«  Je viens de lire dans Anatole France une phrase admirable «  Nous n’avons rien à faire en ce monde qu’à nous résigner. » Et la suite est si belle qu’elle mérite d’être retranscrite intégralement : « Mais les nobles créatures savent donner à la résignation le beau nom de contentement. Les grandes âmes se résignent avec une sainte joie. »

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Michel Verniole | Réponse 08.04.2020 18.52

A propos de virus l'homme possède 10 000milliards.decellules et 10fois plus de bacteries et microbes
Les virus font partie de cette microbiote....

Robert Delis | Réponse 04.04.2020 12.22

Bernard, il aurait été dommage d'arrêter, votre connaissance du milieu manquerait. Jean-Claude, votre style tout bon laisse dépasser l'humour caustique Merci

Jean Clergue | Réponse 04.04.2020 12.17

Belles analyses et beau balayage du monde. De l'infiniment petit à l'infiniment grand, tout se ressemble. J'envoie mon chèque de soutien. Bravo à vous continuez

Roger Mallé | Réponse 04.04.2020 12.12

Bravo pour cette lettre d'Amérique qui respire l'authenticité et le vécu !
Tout Testu quoi. Continuez de nous informer et divertir

philippe guilhen | Réponse 02.04.2020 13.31

A coeur vaillant rien d'impossible, prends soin de toi serge

André MARTI | Réponse 02.04.2020 12.22

Bonjour pour info a Maurs la jolie, le poulain du député et du président de région a présenté une liste apolitique ouvrant la voie a tous les extrêmes.

Serge Menini 04.04.2020 12.30

Cher lecteur, il ne tient qu'a vous de développer ce commentaire sibyllin. Ns vs attendons sur journal-testu@laposte.net
Pour des faits ! Pas des ragots

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Commentaires

22.10 | 18:20

L'érudition de Pierre Amiral notamment en politique locale, fait du bien à lire. Merci Testu, merci Pierre Amiral

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19.10 | 11:48

Impressionnant !!!! Merci pour ces informations

...
18.10 | 09:27

Continuez ... libre pensée, libre parole

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15.10 | 12:31

Les grands électeurs confirment l 'ancrage à droite (dure) du département du canta
l Michel devrait remercier l' ami (?) Decoeur pour ce coup de pied de l'âne m

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