On est fait pour s'entendre...

Il a fallu rajouter des chaises : plus de 150 personnes ont assisté à la conférence préparée par Michel Angelier (au micro), Abdelmalik Makhchoum (assis à droite sous l'éclairage). Symboliquement Christophe Roucou et Tareq Oubrou avaient tenu à assis ensemble à la même table (à gauche).

Quand les mots retrouvent un sens.

 

L’imam, le prêtre, et les gens de foi

(pas nécessairement en Dieu).

Mardi 9 juin, conférence sur le thème

« Rencontre et dialogue avec le prêtre et l’imam ».

à l’invitation du collectif « On est fait pour s’entendre »

(animé par Michel Angelier).

 

Présentation de Michel Angelier qui a préparé cette rencontre avec Abdelmalik Makhchoum, président de la communauté musulmane d’Aurillac : le prêtre et l’imam interviendront un quart d’heure chacun puis répondra aux questions :

-préparées par des membres du collectif la semaine précédente ;

-posées par des personnes de l’assistance.

Premier intervenant : Christophe Roucou, prêtre chargé, par l’épiscopat, du SRI, Service des Relations avec l’Islam.

Dialogue. D’entrée, affirmation qui décoiffe : le dialogue inter-religieux n’existe pas, la réalité c’est le dialogue entre des personnes traversées par une spiritualité.

La qualité du dialogue ne dépend pas des religions ou des convictions, il dépend de la qualité des personnes, de leur curiosité, de leur capacité à vaincre la peur des différences. Le dialogue suppose le don et le risque de perdre, contrairement au monologue vide de tout respect de l’autre*.

Laïcité. Elle doit ordonner le pluralisme. Si l’État est tenu à une laïcité d’abstention, il faut aller à une laïcité de confrontation des différences pour une vraie connaissance de l’autre. Pique feutrée mais claire pour… tous ceux qui se sentiront visés : affirmer que la religion est une affaire strictement privée est une erreur car c’est nier les conséquences sociales directes fortes des pratiques religieuses dans toute société.  

Quart d’heure passé pour le « catho », Tareq Oubrou, le « musulman », grand imam de Bordeaux, prend le relais.

Fraternité. La République édicte des lois pour organiser la Liberté et l’Égalité. La Fraternité (le vivre ensemble) est une affaire citoyenne en dehors des lois. Les religions ne se parlent pas : à chacun ses croyances. Les croyants peuvent et doivent se parler au nom de l’Humanité, « une » à l’origine, « une » après la mort. Face à l’Islam, la République ne doit pas montrer et entretenir les divisions, elle doit souligner les différences pour les faire accepter.

Violence. Comme dans la Bible, quand le Christ chasse les marchands du Temple par exemple, la violence  est présente dans le Coran. Si les textes comportent des appels au pardon, à la paix, ils gèrent aussi la violence légitime en cas d’auto-défense, dans les combats contre les chrétiens de l’époque : il faut toujours garder à l’esprit que l’Islam est né dans la violence entrainant la nécessité de défendre le territoire, la foi. Dans le Coran, les appels au Djihad ne sont jamais offensifs pour tenter d’imposer l’Islam, ce sont toujours des appels au Djihad défensif. La violence est dans le cœur de l’homme. Les deux guerres mondiales, les plus meurtrières de l’Histoire, ont été des guerres laïques. Il n’y a pas si longtemps, la peine de mort existait en France, elle est toujours en vigueur dans le monde, y compris aux USA…

La différence. La différence n’est pas une arme. Ce qui est dangereux, c’est la dilution des différences : elle ne permet pas de connaitre l’autre. Nous avons une éthique commune qui nous réunit : la République. La vérité ne se possède pas, la vérité c’est Dieu, chacun essaie de marcher vers Dieu à sa façon car le salut est une notion éminemment individuelle. La liberté individuelle est absolue. Quitter l’Islam est autorisé. La laïcité permet la liberté et la confrontation des différences.

Notions développées pendant les réponses aux questions.

Rien n’oppose chrétiens et musulmans, il faut juste qu’ils se rencontrent, que chacun découvre les écritures de l’autre, la formation de l’autre.

Chez nous, les musulmans vivent un Islam magrébin de France et pas un Islam de France.

Plutôt que revendiquer le droit de porter le foulard, Tareq Oubrou souhaiterait que les apports de la culture islamo-arabe, dans les sciences et les arts en particulier, soient reconnus en France au même titre que les fondements judéo-chrétiens et gréco-latins de notre civilisation.

L’humanisme est un terrain commun de recherche sur lequel croyants et non croyants peuvent se retrouver.

Carême/Ramadan. Si la notion de privation existe dans ces deux rites, le jeune du Ramadan c’est le triomphe de l’esprit sur le corps, il permet de se rapprocher de Dieu par la « liberté de dire non à toutes les pulsions (alimentaires, sexuelles, de consommation en général)».

Religions/Capitalisme. Trop souvent, quand ce n’est pas toujours, capitalisme et religions font bon ménage alors que la société de consommation est à l’opposé des préceptes religieux. Aux USA, la victoire et la richesse sont considérées comme une grâce de Dieu. Le prêtre et l’Imam n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer les dérives de la financiarisation du monde au risque de choquer les oreilles de partisans de la pensée unique, intégristes et capitalistes à la fois…   

Ressenti personnel.

Indiscutable qualité des débateurs et de l’attention de l’assistance. Les interventions de Christophe Roucou étaient  plutôt attendues, mise à part la condamnation claire de la toute-puissance de l’argent.  Tareq Oubrou a montré une grande liberté de ton : il a su en quelques mots lever de nombreuses ambiguïtés, démontrer une ouverture très intéressante et apporter des informations sur la liberté qui accompagne  les rites  musulmans.

Réconfortant de voir autant d’aurillacois consacrer une soirée à une telle réflexion qui laisse espérer une plus grande compréhension entre des communautés souvent présentées comme antagonistes.

Le dialogue portait les relations chrétiens/musulmans. Ceux qui n’ont pas la Foi (religieuse) ont pu se sentir parfois non concernés sur les questions strictement théologiques ; ils ont certainement ressenti que le dialogue entre tous est possible, les trois intervenants ont rappelé qu’on peut avoir la Foi dans de multiples domaines, pas nécessairement religieux.

La quasi-totalité des participants avaient des convictions affirmées et une capacité certaine à écouter les « bonnes paroles ». Le véritable défi c’est d’amener la masse des citoyens à partager cette réflexion. Il n’est pas certain que les solutions proposées pour aller dans ce sens (multiplier les occasions de contact, faire passer le message à l’école…) soient suffisantes pour éviter les crispations qui se multiplient dans notre société mais un pas a été franchi.

Les politiques s’étaient abstenus. Ils ont eu tort : une immersion dans le vrai dialogue aurait pu leur ouvrir de nouveaux horizons. 

*Approche personnelle mais observation objective : comment ne pas faire le lien entre les vertus du dialogue prôné pendant la soirée (don de soi et risque de perdre par ce que l’on apprendra de l’autre) et les interminables tirades du maître qui officie quelques étages au-dessus de l’Espace des Carmes ? Pour ceux qui ne connaitraient pas les lieux, la salle des monologues de la CABA est située au dernier étage de l’immeuble occupé au rez-de-chaussée par l’Espace des Carmes, lieu de la conférence. 

Christophe Roucou... prêtre pas toujours très bien perçu par une partie de la hiérarchie catholique. Si son ouverture vers les musulmans ne pose pas problème, son refus de prendre pour argent comptant les méthodes de la finance mondiale ne lui attirent pas que des louanges.
Tareq Oubrou, costume cravate... pour bien signifier qu'un imam est un homme comme les autres. Une pointe d'humour pour illustrer des convictions profonde, il a donné une image très ouverte de l'Islam.

29 mars 2015

Où sont les femmes?

Incorrigibles et machos

Pravda/candidats même combat. Édition de mercredi 25 mars page 7 pour la Pravda, reportage interview/deuxième tour dans le canton de Vic.

Les propos des hommes des binômes encore en course sont repris. Rien pour ces dames. On voit clairement, sur les photos qui accompagnent l'article page 7, le micro de fr3 tendu vers de mâles paroles.

Récidive page 8, seuls les propos de Bruno ou Jacques sont cités. Les deux Marie ( Hélène ou Lyne) n'ont pas droit à une ligne!

Attention page 9, Céline Charriaud est sur la photo, oui mais les propos du seul JJ Montloubou sont repris. Et quand Madeleine Baumgartner est citée, pas de photo .... Faut dire qu'elle est battue.

Les élues ou en voie de l'être sont-elles muettes? Totalement sidérées? Volontairement écartées?

Pour avoir rencontré quelques-unes des moitiés de binômes rien n'est moins sûr ... en ce qui concerne les 2 premières interrogations.

Pour la troisième, on peut penser que les (mauvaises) habitudes ont la vie dure.

À croire que la seule première place admise pour les candidates est celle qu'indique la loi électorale (article L. 191): sur les bulletins de vote, selon un unique critère, l'ordre alphabétique.

On devine alors pourquoi  Delcros  s'est lié à Pradel

on comprend pourquoi Albisson prend Gardes,  ou Bayle/Carballo.

Compliqué pour Fabre!  Delrieu ou Tourtoulou?

Trop simple de reprendre au moins ce principe alphabétique ! La Pravda fait comme ça lui chante, une fois oui, souvent non.

Que pense l'avocat Moins du titre de la page 8 du journal du 26 mars?. Et sa colistière Martine Besombes?

Et si encore il y avait du contenu.

Inutile de chercher un peu de fond: les candidats rivalisent de calculs peu reluisants sur les voix obtenues, reportables, récupérables, ou bien se sont déjà projetés vers 2020.

Un début de programme pour la mandature à venir ?  Des idées pour le Cantal? 

Rien. À donner le vertige.

Rebelote dans les illustrations de la page 7 de la Pravda du 26 mars: pas la moindre candidate sur les 4 photos. Aucun nom de candidates dans les sous titres non plus.

Pas la moindre participation d'une bi-nommée dans le "débat" de la page 8 ... Elles n'ont aucune idée sur le sujet (?) Vincent, Jean-Antoine, Jean ou Philippe eux oui!

Alors Mesdames les candidates, élues & futures élues, prenez la parole sans attendre qu'on vous la donne. Ne vous contentez pas du strapontin qu'ils veulent vous laisser dans la prochaine assemblée.

Prenez les responsabilités qui vous reviennent.

Pas facile.

Dans un échange déjà ancien avec Madeleine Baumgartner, racontait comment, pendant les premiers temps de son mandat, on la prenait pour la secrétaire/collaboratrice du président quand elle accompagnait celui-ci dans ses déplacements. Ce dernier ne faisait rien pour changer cette image.

Elle accéda ensuite à une vice-présidence où elle donna toute sa mesure  .... On connait néanmoins, ce que fut, pour elle, la suite ...

Aux électrices et électeurs, aux élues présentes et à venir, il faut ne jamais manquer de rappeler, rappeler encore, qu'il ne suffit pas de décréter la parité, il faut la faire vivre.

a b

20 mars 2015

Extrait d’une conférence gesticulée

de Franck Lepage

(allez sur Google pour en « avoir » et en savoir plus)

 

" Mesdames, Messieurs, regardez bien : je vais rentrer dans l'espace sacré du conte. (Il tourne bras ouverts autour du faisceau de lumière mais sans rentrer dedans.) Retenez votre souffle, je vais entrer dans l'espace sacré du conte, et de la vérité de la parole. Regardez bien. C'est sur le visage que cela se passe..." (Au moment où il pénètre, visage levé, dans le faisceau, il est écrasé d'une lumière blanche qui fait ressortir les contrastes de son visage... lève le doigt en regardant les spectateurs).

-Il était une fois... ... dans mon pays la France, dans une région de mon pays la France... et dans une ville de cette région de mon pays la France, un tyran. Qu'on appelle dans mon pays, un maire. Un « grand-maire ». Ce tyran était fatigué d'opprimer sa population. Il se demandait comment il se pourrait qu'elle s'opprimât elle-même. Il eut un songe. Un matin, il convoqua son grand vizir, qu'on appelle dans mon pays la France, un secrétaire général de grand-mairie et il lui dit :

« - Ô grand directeur général de mes services, j'ai eu un songe! Je voudrais que tu convoques pour moi,.. une commission de participation des habitants. » A ces mots, terrorisé, le grand vizir eut les dents qui s'entrechoquèrent de peur et il dit :

«  - Maire-grand, maire-grand ! Comme tu as de grandes dents (qui rayent le parquet). Mais, si tu convoques toute ta population, est-ce que tu n'as pas peur que...?

- Ô grand directeur général de ma grand-mairie, comme tu m'écoutes bien, mais comme tu m'entends mal. Je ne t'ai pas parlé de ma population, je t'ai parlé d'une commission. » Subjugué par tant de machiavélisme politique, le grand vizir eut alors les genoux qui s'entrechoquèrent :

« - Maire-grand, maire-grand ! Comme tu as de grandes dents... Mais... Mais si tu proposes à tes citoyens de...

- Ô grand secrétaire général de mairie, comme tu m'écoutes bien, mais comme tu m'entends mal ! Je ne t'ai pas parlé de mes citoyens. Je t’ai parlé de mes habitants. »

Subjugué par tant de... saloperie politique, le grand secrétaire général de mairie eut alors… (il hésite en cherchant vainement ce qui, pour la troisième fois pourrait s'entrechoquer dans son corps et, finalement essaie les coudes.)

Ça, c'est le conte! Tout par trois!...

Le grand secrétaire général de grand-mairie eut alors, - je ne sais pas, moi !- les coudes qui s'entrechoquèrent...

« - Maire-grand, maire-grand. Comme tu as de grandes dents, mais si tu proposes à tes habitants de s'exprimer, est-ce que tu n'as pas peur que...

- O grand secrétaire général de ma grand-mairie, comme tu m’écoutes bien mais comme tu m’entends mal ! Je ne t'ai pas proposé qu'ils s’expriment, mais qu'ils par-tici-pent. »

Et c'est ainsi, Mesdames et Messieurs, que dans cette ville de mon pays la France, plus jamais on n'entendit parler des problèmes des gens. Voilà, j'avais fait ça comme ça…

13 mars 2015

Serment d'Hippocrate

 

"Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services  qui me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque."

En-tête

Discipline à la Maison d'arrêt d'Aurillac 

Petits coups de projecteur sur trois années de participation à la commission de discipline de l'établissement pénitentiaire en tant qu'assesseur civil. 

Découverte.

Avoir été convoqué en bonne et due forme par l’administration ne change rien : obligation de montrer patte blanche en arrivant à la maison d’arrêt, pièce d’identité confisquée, passage sous le portique détecteur de métaux, présence de plusieurs gardiens pour passer, bruyamment, d’une grille à l’autre, une clé ne suffit pas pour ouvrir une porte. La salle de la commission est un réduit de quelques m2, type cellule avec un vasistas minuscule en guise de fenêtre, équipé d’une table d’écolier à deux places pour trois personnes, d’un ordinateur et d’une imprimante super mal placée, sous la table, pile à hauteur des genoux encombrants au moment de récupérer les feuilles imprimées.

À la première participation, violence d’un détenu envers un autre, découverte du mitard : ça ne fait pas froid que dans le dos. Dans quelle optique les législateurs ont-ils prévu des séjours dans cette cave, genre de cage à contention pour animaux ? Exemplarité de la sanction pour avoir la paix en prison… transformée en machine à fabriquer des fauves qui, de toutes les façons, devront sortir un jour ? Désarmant manque d’imagination des législateurs. 

Déroulé d’une commission.

Le président, directeur ou directeur adjoint de l’établissement, seul habilité à prendre la décision, rappelle les motifs de la comparution. Le détenu, accompagné, une fois sur deux d’un avocat (souvent commis d’office) a déjà été entendu.

Interrogatoire par le président et les deux assesseurs qui se réunissent ensuite pour délibérer après avoir entendu l’avocat et le détenu. Pendant la délibération, le président rappelle l’échelle des sanctions parfaitement codifiées,  du simple avertissement au mitard en passant par le blocage de la cantine, la privation de télé, l'isolement…

Délibération terminée, le détenu prend connaissance de la sanction immédiatement applicable. Les procès-verbaux sont datés à la main, signés en 7 exemplaires par le président de la commission, le détenu et l’avocat ! Absurdité administrative à l’état pur. Quand François parle de simplification administrative, il pourrait mettre le nez là-dedans. Bien évidemment tout est codé… et l’agent, par ailleurs assesseur, chargé d’assurer le secrétariat n’a pas reçu de formation spécifique. 

Un condamné à huit jours de mitard est directement isolé, il dispose de quinze jours pour faire appel mais l’appel n’est pas suspensif : si la décision en appel lui est favorable il sera indemnisé des mois ou des années plus tard, pour avoir été sanctionné abusivement.

Pour certaines infractions au code de bonne conduite en prison, le procureur peut se saisir du dossier et une peine supplémentaire peut se rajouter à la décision de la commission. 

Motifs de convocation.

Pas de nom, pas de date, pas d’énoncé des sanctions appliquées pour respecter au mieux le secret des délibérations. Simple aperçu des motifs de convocation.

Quelques violences entre détenus pour règlement de comptes suite à des disputes à l’intérieur de la prison, suite à des crises de jalousie vieilles d’avant l’incarcération. Quelques grammes de cannabis ou cartes sim dissimulés dans les chaussures pendant une visite au parloir ou à un retour après une permission. Récupération d’objets (téléphones essentiellement) ou de produits interdits (alcool le plus souvent) dans la cour de promenade avec circonstances aggravantes si les détenus montent une pyramide pour récupérer les projections restées coincée dans le grillage tendu au-dessus de la cour. L’insistance de certains détenus à vouloir faire entrer l’interdit quand on connait l’efficacité des portiques et des fouilles à corps, à vouloir détourner les règles de vie sont souvent le signe de personnalités perturbées. Exemples.

Comment expliquer qu’un détenu chargé de la distribution du pain puisse se vanter de l’avoir fait après s’être masturbé et ne pas avoir jugé utile de se laver les mains ? Cette fanfaronnade avait déclenché une révolte de la population carcérale.

Comment expliquer qu’un détenu ait renversé son frigo dans sa cellule pour le transformer en baignoire sous prétexte que le gardien ne voulait pas qu’il reprenne une douche quelques instants après la précédente ?

Comment expliquer qu’un détenu, surpris au bas de la pyramide, certifie qu’il n’était pas dans le coup et qu’il était intervenu par peur de voir ses amis se casser la pipe ?

Les rares durs à cuire passés en commission se repèrent tout de suite. C’est un détenu, accusé d’avoir récupéré, du haut de la pyramide, une bouteille de vodka, qui reproche au directeur de la maison d’arrêt de ne pas avoir fait installer un filet anti projection qui aurait évité la tentation de se faire expédier la boisson interdite par la voie des airs par-dessus le mur d’enceinte! C’est un détenu qui refusant toute promiscuité demande une cellule individuelle et explique au directeur qu’il mettra la pagaille pour aller au mitard chaque fois qu’il en sortira. Il se permet même de proposer au directeur un règlement intérieur plus à sa convenance, mélange de ce qu’il a pu apprendre au cours de ses nombreuses incarcérations précédentes !

Éléments de ressenti personnel.

Double constat implacable : la prison prive de liberté, c’est sa raison d’être, c’est une sanction protectrice pour la société qui pourrait le nier. La prison ne prépare en rien à la réinsertion, c’est là que le bât blesse. Incarcérer pour incarcérer sans distinction de gravité des crimes et délits est une absurdité, fruit de la bêtise humaine, Brel aurait dit de la paresse humaine. Cette démarche automatique ne résout rien*, tout au plus elle évite de se poser des  questions, elle flatte les plus bas instincts de l’électeur sans rassurer les victimes conscientes qu’à sa sortie, le coupable risque d’avoir été plus endurci qu’amendé positivement. .

Combien de fois en échangeant avec les avocats après une audition n’est-on pas tombé d’accord pour constater que le détenu relevait plus de soins psychologiques, de désintoxication que de sanctions codifiées sans effet ?

De ces commissions restent gravées dans la mémoire les échanges de regard avec certains détenus, conscients d’avoir enfreint le règlement mais regrettant de l’avoir fait pour s’être laissés entraîner par plus fort qu’eux. La prison, loi de la jungle, école du crime, ce n’est pas du bidon.

Certains détails montrent que rien n’est fait pour humaniser l’institution : pourquoi, entre eux, les membres du personnel doivent- ils s’interpeler par leur grade, leur fonction et pas par leur nom ou leur prénom ? Pourquoi un gardien qui veut parler à son collègue est obligé d’annoncer à tout l’établissement : « gradé du 1er étage !» ?

À ces constatations, il faut encore rajouter la surrèglementation des parloirs : pour avoir vu, en d’autres circonstances, un gardien expliquer à une maman venue rendre visite à son mari qu’un enfant de quatre ou cinq ans n’avait pas le droit d’aller voir son père avec une minuscule voiture toute en plastique, comment ne pas se demander si les faiseurs de lois et de règlements ne passent pas leur temps à rendre toute réinsertion impossible ?  Il y a même eu une période où la dimension des dessins qu’un bambino pouvait donner à un de ses parents emprisonné était codifiée (en gros, un grand post it).

 

*Si l’exemplarité de la peine est un bouclier crédible pourquoi les pays adeptes de la peine de mort, USA en tête,  sont-ils parmi les plus criminogènes ?

bernard bonhoure

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l'idiot | Réponse 16.03.2015 10.34

Bravo super travail instructif et intéressant. On n'imagine pas cela, vu de l'extérieur...

anti-carcéral | Réponse 30.01.2015 13.12

Quel dommage de ne pas avoir porté la voix des prisonniers au dehors, ni d'avoir régulièrement dénoncé les conditions d'incarcération. FEU À TOUTES LES PRISONS!

Pierre | Réponse 30.01.2015 08.30

Beau reportage....mais comment modifier ces règlements stupides et dégradants??

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Commentaires

24.10 | 19:16

Vivement que le projet de la sablière vois enfin le jour !! Centre ville trop chère, aucune concurrence !

...
17.10 | 11:40

Bonjour bravo pour votre reportage ...pour la gare de st flour, la nouvelle est vraie...il suffit de vérifier auprés du chef de gare...suite au prochain numéro.

...
16.10 | 18:37

Malheureusement l'éolien industriel ne marche pas. Peut-être de petites unités perso pourraient être une solution, couplées à d'autres sources et des économies

...
16.10 | 13:09

Mais mes amis CARREFOUR c'est du pipo , le géant du discount allemand s'installe ET CONSTRUIT à côté de Casino et personne n'en parle.......

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