Parole aux citoyens

20 ans déjà

Pourquoi ça dure encore, 20 ans après avoir été dénoncé dans l'article de

Thierry Desjardins?

Ci-dessous, compte rendu non exhaustif des débats. Vous pouvez bien évidemment commenter sur le site du blog ou, si vous avez peur de manquer de place, en envoyant un mail à « testu15@orange.fr ».

Mœurs et personnel politique.

A droite, Alain Marleix, nouveau député à l’époque, s’est installé sur un fauteuil qu’il fait suivre dans tous ses déplacements, de locaux de chasse en mairies de petites communes. En 2017, difficile d’imaginer le Nord Cantal sans son ex-secrétaire d’Etat, roi du charcutage électoral. Il devrait rester député… en attendant de prendre un train de sénateur qui lui conviendrait à merveille. Autre objectif pas anodin, il éliminerait Delcros, sénateur par erreur suite à la trahison socialiste, et Jarlier, disqualifié sur une faute bénigne sur son compte de campagne.  

A « gauche », au centre et à droite à la fois, Jacques Mézard. S’il a échoué dans son désir de devenir maire d’Aurillac, pour le reste c’est le plus grand marionnettiste que le Cantal ait connu. Chantage permanent envers les socialistes à qui il doit tout. Alliances de circonstance avec Marleix et Descoeur. Anesthésie consensuelle à la CABA. Copinage avec la FDSEA… Que serait la politique cantalienne sans Mézard ? Certainement beaucoup plus utile aux cantalous qui aimeraient avoir du boulot plutôt que des loisirs. On ne compte plus les équipements dits structurants (salles de spectacle, tribunes, aire évènementielle…) dont le seul but est de caresser dans le sens du poil les électeurs potentiels. Petite anecdote sur l’image de Jacques Mézard dans la population.

Samedi 3 septembre, fin de matinée, avec les amis de Testu nous préparons l’Espace des Carmes. Une dame d’un certain âge vient sonne à la porte de mon domicile à Saint-Simon. Elle explique à mon épouse que, malgré la date limite des inscriptions dépassée, elle voudrait participer à la rencontre de l’après midi car elle n’en peut plus de voir à quel point Jacques Mézard a sacrifié le Cantal pour faire carrière. Cette dame sait de quoi elle parle. A son époque, son mari, médecin, a été une des chevilles ouvrières du développement d’un établissement de renom sur la place d’Aurillac. Une obligation familiale ne lui a pas permis finalement de se déplacer et de témoigner l’après-midi mais les « amis de Testu » apprécient de tels soutiens citoyens.  

Si Baptiste Servans, président du SMSACR15 (Syndicat des Mécontents du Système Agricole affilié à la Coordination Rurale) a très sérieusement exposé la situation catastrophique des producteurs de viande et de lait (un GIE se permet de payer le lait 22 centimes d’euro le litre alors que le cout de production est au minimum à 350 euros), il a beaucoup amusé l’assistance en parlant de la « MAFIA » (dans le milieu agricole tous ceux qui n’adhèrent pas à la FNSEA utilisent ce terme pour parler des disciples de Xavier Beulin, industriel dans le pétrole "vert", homme d'affaires international mais président de la FNSEA) et il a fait rire tout le monde en rappelant ce qu’il avait répondu à un élu venu lui faire la leçon : « ton père était un chêne, toi tu n’es qu’un gland ! »

Avec  un peu de recul, on s’aperçoit que cette boutade recouvre une réalité qui pose question. Comment se fait-il que Jacques Mézard, Vincent Descoeur, Pierre Jarlier ou Bernard Delcros sont des « fils de », élus qui, autrefois, avaient fait leurs preuves ? Si Pierre Mathonier, maire d’Aurillac, un moment sous la coupe de Mézard, s’est plus ou moins fait tout seul, Alain Calmette s’est retrouvé maire d’Aurillac par la volonté du Roi René, Alain Marleix est le petit fils spirituel de Georges Pompidou, papa politique de Pierre Raynal. On a beau chercher, aucune femme n’occupe un poste essentiel dans le Cantal et il y a belle lurette qu’aucune nouvelle figure n’est venue apporter du neuf. Quand la démocratie devient héréditaire à ce point, c’est qu’il « y a quelque chose qui cloche là-dedans », parole de Serge Reggiani.

Quelques sujets abordés.

Production d’énergie renouvelable. Si l’objectif est louable, la mise en œuvre est déplorable.

Solaire au sol : qui peut être pour dans une région riche de ses pâturages et de ses paysages ?

Eolien : outre l’impact sur le paysage, attraction touristique à préserver, ce sont les montages financiers autour de cette technologie qui dérivent vers les pires abus au profit d’entreprises souvent venues d’Allemagne… où la filière est en perte totale de vitesse. Bien évidemment nos petits requins locaux et des élus à la vue rabaissée par l’idée de toucher des subventions, ont plongé dans le système. Comment expliquer que des ténors de la Chambre d’Agriculture aient osé installer le siège social d’une entreprise de production électrique, avec une multitude d’établissements secondaires, dans l’immeuble consulaire qui affichait, il y a peu, « l’équilibre est dans le pré » ?

Production fromagère. Là aussi nos décideurs ont fait passer la charrue avant les bœufs, la communication avant la fabrication. Compter sur Chantal, la blonde, et Moscato, aussi crédible en fromager qu’en ecclésiastique, pour fourguer un produit industrialisé sans odeur et sans saveur à des amateurs de produits du terroir, nous envoyait droit dans le mur, c’est fait. La production de Cantal a baissé, celle de Salers tradition est anecdotique  Pourquoi ne pas multiplier les coopératives type Valuéjols et son lait haut herbage (42 centimes d’euro le litre) un peu à la façon de ce qui se fait dans les fruitières du Doubs et du Juras ? Les indéboulonnables de la FDSEA préfèrent industrialiser. Le lait de Holstein doit être traité et retraité pour servir de matière première à un fromage qui perd toute spécificité. Fabrication à l’usine de Saint-Mamet, propriété de la Sodial qui n’a plus rien à voir avec une vraie coopérative.  

Production de viande bovine. Dans la filière, tout le monde a compris : plus on approche du consommateur, chez le boucher en l’occurrence, plus il est possible de faire de la marge. Chez nous la religion est à la production d’animaux maigres jeunes pour les exporter sur le marché mondial de l’engraissement. Résultat : nos éleveurs tirent la langue et les veaux (bien) élevés au lait de leur mère et à la bonne herbe partent en Turquie, Espagne ou Italie pour être (mal) finis aux céréales et poudres diverses importées d’Amérique du Sud.  

Réforme territoriale. Pour faire court, les penseurs du ministère de l’intérieur ont oublié de  rétablir des équilibres. Les massiacois n’ont rien à faire à Toulouse. Une bonne réforme aurait coupé le Cantal en deux en rattachant le Nord à Clermont et le sud à l’ensemble Figeac-Cahors-Toulouse. Nos élus de Droite opposés, au départ, à la réforme, y ont vu une formidable occasion de développement quand le pèlerin du Puy s’est retrouvé président intermittent de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Chez nous, c’est comme ça. Peu importent les idées, les réalités. L’essentiel est de se retrouver entre copains.

A plus petite échelle, avec les intercommunalités, c’est la même histoire. On n’a pas pris le temps de regarder ce qui marche. Les calculs politiciens pour garantir le statuquo chez les VAP** ont pris le pas sur les projets de territoire. Plus du tiers de la population départementale dans la CABA, curieuse méthode pour équilibrer l’activité économique dans tout le département. La commission départementale a trahi les engagements pris par l’association des maires du Cantal envers les petites communes et la communauté de communes Cère et Goul en Carladès risque d’être engloutie par la CABA cet automne.

**La VAP est une VIP qui se croit importante mais se comporte en assistée.

Désenclavement.

En 20 ans deux chantiers conséquents. Tunnel du Lioran, nouvelle route vers la Corrèze. Techniquement belles réussites. Financièrement, catastrophe pour la RD 120 avec le contrat de Partenariat Public Privé.

La RN 122 zigzague toujours autant, financièrement, le département et la CABA, qui pleurent devant les baisses de dotations de l’Etat, sont fiers de s’être engagés à aider l’Etat à financer la future déviation de Sansac.

Tout est mis en œuvre pour enlever toute attractivité au train. Dernière décision : supprimer le train sur Aurillac Brive pendant la période de chute des feuilles mortes !

Reste l’avion : de mieux en mieux traité, y compris jusqu’à tomber dans le ridicule avec l’éphémère ligne Aurillac Lyon et la surprenante desserte Aurillac/Ajaccio réservée à on ne sait qui, vu les tarifs pratiqués. Il se passe décidément toujours quelque chose entre le Cantal et la Corse…

Services aux personnes. Fermetures d’écoles par centaines. Vieillissement des populations, difficultés de management dans les maisons de retraite, arrêt de la section d’apprentissage « aide à la personne ».

Sous tutelle de l’ARS et du Conseil départemental, avec ses centaines de salariés, la principale structure de gestion de l’enfance et de l’adolescence en difficultés est empêtrée dans d’insolubles problèmes de gouvernance, de procédures prudhommales pour licenciements abusifs. La légèreté de la gestion du recrutement d’un nouveau directeur vaut son pesant de cacahuètes. La liste des dizaines de candidats recalés a été envoyée à certains postulants en pièce jointe à un mail type de refus. Résultats des dizaines de professionnels se sont retrouvés en porte à faux avec leurs employeurs actuels certainement heureux de savoir que leurs collaborateurs cherchent à les quitter.

Des fêtes pour cacher la léthargie. Une étape du Tour de France, les étoiles du sport de passage une semaine, les reportages à la télé, les résultats du Stade Aurillacois Cantal Auvergne Rhône Alpes (SAC A RA (ts)) flattent le chauvinisme ambiant mais ne changent rien en profondeur. On fait parler du Cantal, les cantalous aimeraient trouver du travail pour eux et leurs enfants.

L'emploi. Bien sûr des initiatives positives existent : elles concernent de toutes petites structures avec des jeunes qui veulent profiter de notre qualité du cadre de vie mais elles ne font pas boule de neige et sont loin de compenser les destructions d’emplois constatées dans l'agriculture, certaines industries et dans le tertiaire.

Beaucoup imaginaient que l’informatique et internet seraient des voies de développement et permettraient l’installation ou le maintien de services dans le Cantal. Erreur. Exode des cadres dirigeants suite au regroupement à Clermont, Toulouse, Lyon ou Limoges de toutes les instances de décisions dans les banques, les assurances, les services sociaux et même dans les entreprises privées. Que reste-t-il de Flauraud aujourd’hui à Aurillac ?

En guise de conclusion et...d'interrogation. 

L’impression générale que l’on pourrait dégager des débats, c’est que nos décideurs, obsédés par leurs carrières, cherchent à laisser des traces pour pouvoir dire à leurs électeurs : « vous voyez, c’est moi qui l’ai fait ». Dans le genre, comment ne pas penser à l’aire évènementielle et la tribune Jacques Mézard, à la zone d’inactivité de La Feuillade Vincent Descoeur, aux locaux de chasse Alain Marleix, au Mirador de Neussargues Bernard Delcros, au Cristal Alain Calmette… ?

La palme de l’électoralisme revient certainement à Bernard Delcros qui au prix d’un extraordinaire montage est parti pour avoir « sa » maison de santé.  

Incendie d’un immeuble classé. Président la communauté de communes, Bernard Delcros réussit à convaincre la ville de Murat de racheter les ruines pour y installer « sa » maison de santé. L’architecte des bâtiments de France exige la sauvegarde de la façade, bonjour la facture pour Murat. Alors également président de Logisens, Bernard Delcros réserve les niveaux supérieurs du futur immeuble pour faire du logement social malgré les innombrables appartements vides dans la ville. Les travaux sont en cours. Dans quelques mois, un ou deux ans tout au plus, tout sera terminé, à moins de 200 mètres de l’Hôpital de plus en plus tourné vers la collaboration avec des médecins venus d’Aurillac pour la plupart, mais personne n’est en mesure de dire si les locaux prévus pour les généralistes seront occupés… Les médecins libéraux ne veulent pas de cette maison Delcros. Pourquoi l’Agence Régionale de Santé, théoriquement soucieuse de faire des économies, a-t-elle fermé les yeux ?      

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Mestries Pierre | Réponse 04.10.2016 20.14

Je n'ai qu' mot à Dire: BRAVO !!!!!!

alaska | Réponse 03.10.2016 21.43

Maison de santé de Murat avec annexe à neussargues... quel ridicule ... mais il faut profiter des subventions ... et de l'enfumage Delcrosi...en !!!

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Commentaires

19.09 | 13:37

Aie aie aie ferme ta bouche Testu, tu en dis trop... Tu vas nous en énerver plus d'un. Les heureux élus peuvent aussi refuser ces "émoluments" !

...
19.09 | 11:52

le volume des déchets avait été très mal évalué par les élus. Le COLSEB par son action a protégé la biodiversité fait évité en sus des dépenses inconscientes.

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13.09 | 10:33

Youpie, Testu reste dans la place, ne baisse pas les bras et nous offre un florilège de brèves. Vous avez failli nous manquer. Manquerait plus que ça !

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09.08 | 14:38

Bonjour
L'économie, comme vous le remarquez semble la solution adaptée. Mais qui ira expliquer aux peuples "émergents" qu'il faut ne pas vivre comme nous ?

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