Liberté de produire et de détruire ?

Taxe Bonnet/Descoeur en Chataigneraie.

 Descoeur Bonnet, on continue.

Un matin où il avait mal dormi, le président Bonnet a décidé que les paysans paieraient 30 euros pour traitement des plastiques abandonnés dans les déchetteries. Soucis : les agriculteurs paient déjà une taxe sur ces produits et ils ne vont pas les porter dans les décharges communales après usage.

Malgré des remontrances et des lettres recommandées, le nombre de récalcitrants augmente et le nouveau président Descoeur n'est toujours pas revenu sur cette aberration.

Un agriculteur retraité nous fait remarquer que d'autres communautés de communes de la Chataigneraie appliquent cette même taxe. Nous en prenons note mais n'oublions pas de faire remarquer que l'inconséquence des uns ne justifie pas celle des autres.

Dans les cours de récréation, un élève pris en flagrant délit a souvent tendance à dire "y a pas que moi !". Sa remarque ne l'excuse pas le moins du monde.

 

Courrier du septembre 2015 de Baptiste Servans à Vincent Descoeur                                  

Lettre recommandée avec AR n°1A 115 045 43610                          

                                                                                        Monsieur Vincent DESCOEUR

 

 Objet : réclamation intempestive par

 la Trésorerie de Montsalvy d'une taxe

spécifique concernant les déchets agricoles.

                 

                   Monsieur le Président,

C'est avec étonnement mais non sans une certaine tristesse que nous devons   constater qu'une fois encore vous traitez les contribuables de la Communauté       de communes du Pays de Montsalvy avec un mépris avéré. En cela, dans vos         manières,  vous ne divergez pas des procédés habituellement utilisés hier par      votre prédécesseur, Jean BONNET. Celui-ci, effectivement averti de notre ferme opposition à l'institution d'une nouvelle taxe exclusivement réservée aux    agriculteurs,  n'avait pas cru devoir répondre à notre correspondance du 28 août 2012 – il y a donc trois ans ! - quand, notons-le, la seule bonne éducation lui aurait imposé de se rapprocher de nous pour s'enquérir du bien-fondé de nos positions. Mais passons …Cette lettre dont je vous  joins une copie, si vous   ne la connaissez pas, lisez-la ! Ce sera mieux.

Pour les mêmes raisons que celles avancées alors, nous vous annonçons avec sérénité que nous  ne paierons  pas. Pour votre information, à ce jour, une centaine d'exploitants agricoles – adhérents ou non à notre syndicat -         soutiennent notre position.

 Si la Communauté affiche aujourd'hui une trésorerie à tout le moins chétive, il conviendrait d'en rechercher les causes du côté des réalisations coûteuses  qui en ont largement grevé les moyens : l'inutile achat du domaine de Peyrot, la         création d'un centre de loisirs parfaitement surdimensionné, une nouvelle zone d'activités qui peine à se remplir - doux euphémisme – etc, en sont de bons      exemples.

 Au lieu de leur réclamer des sommes indues, il serait en effet grand temps que vous vous préoccupiez du sort des contribuables de la Communauté et, plus encore peut-être, que vous vous décidiez à étudier les dossiers en cours avant de faire souffler le vent de la terreur administrative sur une part non négligeable de vos administrés.

Dans les circonstances présentes, quand le monde agricole s'interroge avec inquiétude sur son avenir immédiat, il est tout particulièrement regrettable que vous vous engagiez dans une nouvelle attaque à son endroit. Cela, vous vous en doutez, nous ne pouvons l'accepter. Alors, pour que les choses soient claires, nous rendons immédiatement publique la présente. Ensuite, advienne que pourra.

 Néanmoins dans l'attente de vous lire très rapidement pour dissiper, s'il se     peut, ce qui, je le souhaite, ne devrait être envisagé que comme un véritable malentendu, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes      salutations distinguées. 

SMSACR15 – Le Bourg – 15 120 Lacapelle del Fraisse

                                                                                     Baptiste SERVANS

Pour info lettre adressée le 28 08 2012.

 

Syndicat des Mécontents du Système Agricole Coordination Rurale – S.M.S.A. CR15

            le Président                                                                                                   29.08.2012                  A M. le Président et Messieurs les Délégués communautaires

de la Communauté de Communes du Pays de Montsalvy

Objet : Contestation d'une nouvelle taxe visant la perception d'une redevance

sur les déchets spécifiques des exploitations agricoles.

         Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Ces jours derniers, de très nombreux éleveurs  attirent notre attention sur une nouvelle taxe qui vient frapper les déchets spécifiques de leur exploitation.

Il est remarquable de constater que cette nouvelle création d'un véritable impôt n'a fait l'objet d'aucune concertation.

Celle-ci aurait été bien utile car elle nous aurait permis de vous apprendre que les Paysans paient depuis de nombreuses années une taxe particulière intégrée dans le prix même de leurs fournitures. Elle est aujourd'hui de 30 € la tonne de plastique et passera à 50 € en 2013. Il en va de même pour les emballages des produits phytosanitaires, d'utilisation courante.

Enfin, l'agriculture dispose de sa propre filière de recyclage de déchets, assurée par l'association ADIVALOR.

Nous savons tous que ce ne sont pas les Paysans qui encombrent les déchetteries de gravats, de branchages ou des produits de taille de haies ou de pelouses. Il vous est facile de le vérifier puisque, les jours d'ouverture, des employés de votre Communauté surveillent les dépôts des particuliers.

Déjà parce qu'un certain nombre d'entre vous est ou a été agriculteur, vous êtes au fait des usages qui ont cours et il est donc pour le moins mal-venu de décréter une nouvelle taxe.

Sollicitant votre bonne compréhension, je vous saurais néanmoins gré  de supprimer sans délai ce que nous assimilons à un véritable racket et de procéder au remboursement immédiat de ceux qui, sans vérification préalable, auraient payé.

Dans le cas contraire, nous ne manquerons pas d'approvisionner la déchetterie.                                                                                                Baptiste SERVANS

 

 

 

 

 

 

 

 

   

18 aout 2015

Les cocus sont dans les porcheries bretonnes.

Histoires de fourbes qui se cachent derrière leur fourche et mettent en péril les porcheries de Bretagne, de France et de Navarre.

La Cooperl et un industriel de la cochonnaille bas de gamme  boudent la cotation du porc breton sous prétexte que le kilo de cochon à 1,4 €, c’est trop cher.

C’est quoi la Cooperl ?

Transparence structure.

Impossible de trouver la signification de ces six lettres y compris dans le petit guide des sigles édité par le Sénat de Jacques Mézard roi de l’export des broutards cantalous vers la Turquie. Né en 1966 avec 24 éleveurs, le groupe, basé à Lamballe,  prétend être coopératif, « structuré de la fourche à la fourchette »(1) avec « un management renouvelé et en ordre de marche »(1).

Valeurs.

Sur ce thème, aucun problème. Toute la litanie des bonnes intentions y passe : solidarité, effort, équité… « un groupe coopératif agricole qui prend des décisions avec et pour l’ensemble de ses adhérents »(1)…pour que « chacun puisse vivre au pays des fruits de son travail »(1).

Présidence.

Exactement comme dans toutes les structures du monde agricole cantalien, le président est un pur produit de la lignée J.A., génétiquement modifiée par la FDSEA, confirmé FNSEA.

Après un BTS agri préparé à Angers, Patrice Drillet, fils de paysan, a adhéré aux J.A. en 1988. Administrateur de la Cooperl en 1996, il en a pris la présidence le 5 juillet 2013 en récupérant du coup la patate chaude de la salmonelle dans le hachis à saucisson (voir ci-dessous)… manœuvre du conseil d’administration pour atténuer les retombées de l’affaire ?

Chiffres clés 2013 :

-2700 éleveurs-adhérents, devenus objectivement simples salariés, payés au rendement, d’une filière intégrée qui fournit les bâtiments, la génétique, l’aliment, le suivi sanitaire, qui maitrise l’achat des porcs, leur transformation et leur commercialisation.

L’adhérent travaille toute la journée sur l’exploitation, le soir il apprend que les dirigeants de « sa » coopérative estiment que 1,4 € pour un kilo de cochon, c’est trop cher. Motif : quitte à faire du très bas de gamme, la Cooperl veut jouer à l’export et concurrencer le monde entier… alors que le porc français ne représente que 41% dans la consommation des ménages français. Il comprend que lui aussi va devoir s’aligner ; bien évidemment, personne ne lui a demandé son avis de « coopérateur ». Plus cocu, y a pas.

-4 800 salariés sur la totalité des activités des services aux éleveurs à la commercialisation des charcuteries.     

-2,1 milliard de chiffre d’affaire : à ce niveau les experts de la finance font dire ce qu’ils veulent aux chiffres…

-5 670 000 porcs produits dont 4 740 000 porcs abattus, les autres partent sur le marché, en France, en Allemagne ou ailleurs pour être transformés en saucisses à cassoulet toulousain, à choucroute alsacienne, en charcuterie corse…

-1 542 000 tonnes d’aliments vendus… pour seulement 187 000 tonnes de céréales collectées.

Cooperl achète près de 1,4 million de tonnes de céréale ou d’oléagineux quitte à importer maïs ou soja OGM d’Amérique du Sud ou du Nord. Ces achats massifs produits à l’échelle industrielle et mondiale, assaisonnés de pesticides, la meilleure façon de soutenir le « made in France » ?

Transparence qualité.

Le prêt à manger sous vide, congelé, sec  ou en conserve a souvent une mauvaise mine trop salée, trop sucrée, trop grasse, trop peu gouteuse… mais, point fort, c’est propre : l’industrie agroalimentaire française brille par son hygiène qui reste un critère de qualité incontournable, ou presque depuis que l’État (UMP puis Radical Socialiste) n’a rien trouvé de mieux que de généraliser l’autocontrôle pour compenser la suppression des contrôleurs indépendants de l’État.

Sur un produit « très haut de gamme », la viande arrachée aux os par grattage mécanisé pour faire du saucisson tout aussi haut de gamme, la Cooperl s’est fait prendre avec une histoire de salmonelle mal venue. L’affaire remonte aux années 2010/2012.

La procédure prévoyait cinq contrôles réguliers sur des morceaux choisis de façon aléatoire. Suite à la découverte de salmonelle, des responsables de la « coopérative » n’avaient rien trouvé de mieux que de doubler le nombre d’analyses et de publier les résultats de cinq échantillons exempts de la bébête qui fait peur aux consommateurs. Soutenus bec et ongles par le Président de la Cooperl, les responsables de la fraude n’ont pas convaincu le tribunal de leur bonne foi. Le verdict est tombé début juillet de cette année : confiscation des 2,9 millions d’euros saisis en septembre 2014 par ordonnance du juge des libertés et de la détention, amende de 150 000 € pour la Cooperl, deux ans de prison avec sursis pour le cadre à l’initiative de la supercherie, 66 000 € de dommages et intérêts à deux associations de consommateurs et 3 000 € d’amende douanière. 

Extrait de la déclaration du président après l’énoncé du jugement : « Nous regrettons cette condamnation mais nous constatons que le Tribunal a aussi retenu les éléments du dossier qui montrent que nous avons constamment veillé à la santé du consommateur et à la qualité de nos produits. Nous avons par ailleurs à cœur, chaque jour, de défendre notre modèle coopératif au service de nos éleveurs adhérents, de nos clients et des millions de consommateurs qui nous font confiance… (2)» Emballez, c’est pesé.

Début de conclusion.

Plus globalement aujourd’hui, Le Foll, Hollande et Valls, clones de Le Maire, Sarko et Fillon, oublient de renvoyer les responsables dans les cordes. De réunion en réunion ils prennent des engagements qu’ils ne peuvent pas tenir puisque le prix payés par une coopérative à ses adhérents ne regarde pas le gouvernement mais les coopérateurs. Les médias s’amusent : les petits éleveurs paieront les boudins percés avec l’aumône versée par l’État... et on recommencera dans quelques semaines ou quelques mois.  

(1)Extraits du site de la Cooperl.

(2)Déclaration recueillie dans Ouest-France (2 juillet) et Process Alimentaire (6 juillet).

 

 

En deux mots dans le Cantal.

Production laitière : la crise en cours ne pourra que durer et s’aggraver dans le Cantal. Nos paysans, même sur équipés en matériel pour beaucoup(1), ne peuvent pas lutter avec les industriels du lait sur le marché mondial.

À le fête du bleu à Riom es Montagnes ce week-end, les producteurs de fromages AOP normands invités se faisaient un malin plaisir à décortiquer le cahier des charges des excellents produits proposés. Fromages au lait de vaches de race normande ruminant de l’herbe et du foin normands. Remise en cause annuelle du label AOP pour tous les producteurs sur des critères très précis : visuel extérieur, visuel sur la pâte, texture de la pâte, qualités gustatives. Si manquement à un seul des critères, avertissement ; en cas de récidive suppression de l’AOP pour le producteur.

Une démarche similaire chez nous aurait deux effets garantis :

-plus de Cantal ou de Salers à la pâte marbrée de blanc, mal pressée, fissurée façon savon de Marseille, au gout aigrelet mais cependant affiché de 18 € pour le jeune, à 30 € le kilo sur les rayons des marchés touristiques ;

-relance du rameau lait de la vache salers (2), création d’emplois dans de vraies coopératives porteuses d’une qualité artisanale capable de relancer la consommation pour de vrai.

Nous savons déjà que Michel Lacoste, vice-président de la FNPL, GAEC des Estives avec 470 000 litres de lait, fer de lance de l’industrialisation de la production laitière cantalienne ne veut pas entendre parler de changement de politique. Pensez-vous que le lotois Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, 500 000 litres de lait à l’année, vice-président de la FDSEA 46, associé coopérateur de la Sodial (3), ait la moindre envie de convaincre son ami et voisin de revenir à la qualité herbagère et, donc, fromagère ?

NB : pour avoir des nouvelles de la commercialisation du « Cantal Chantal Moscato » :

-coup de fil à la DRAAF. Échec : les chiffres de production 2014 (ne parlons pas du 1er semestre 2015) ne sont pas remontés à l’administration ;

- visite sur les sites du Comité Interprofessionnel du Fromage. Les dernières actualités proposées remontent au 2 avril 2012, Michel Lacoste est en photo comme s’il était encore président (4)…

-visite sur le site « J’aime le Cantal ». Dernières nouvelles « plus fraiches » (19 mars 2014) et surprise, sa boutique  propose de nombreux gadgets bas de gamme qui finissent de dégrader l’image du fromage…

(1)Les agriculteurs dénoncent les charges qui les oppressent. Ils n’ont pas tort… mais avez-vous entendu un seul « gros »ou jeune  exploitant reconnaitre qu’il s’est surendetté avec des machines et des tracteurs sous-utilisés les trois quarts de l’année ?

(2)La vache salers est une race mixte, on parle de rameau lait et rameau viande. Depuis 40 ans les penseurs de la FDSEA ont choisi de privilégié le coté viande pour exporter (à bas prix) des bêtes prêtes à être… engraissées et donc valorisées, ailleurs.  

(3)Sodial, 5 milliards d’euros de chiffre d’affaire, a racheté 3Adébut 2014.Il parait que cette boutique a l’esprit coopératif.

(4)En juin 2013, le CIF en mutation a élu président Bruno Vincent-Génot, Directeur général des Fromageries Occitanes. 

 

 

Lettre du président de la coordination rurale à celui de la FNSEA.(extraits).

"Cher Xavier,

Je suis très honoré de la lettre que tu nous as adressée hier, à nous, les paysans, suite aux mobilisations de ces derniers jours. En tant que paysan, je me permets de te répondre.

…  Tu écris dans ta lettre qu'il est de plus en plus insoutenable d'accepter la situation actuelle. Tu sais, confidence pour confidence, nous n'avons jamais accepté de vendre nos produits moins chers que leur coût de production.
Cette situation est issue non pas d'une crise, comme tu le répètes si souvent, mais d'une politique parfaitement orchestrée que tes prédécesseurs se sont appliqués à construire (déjà dès le Xème plan en 1989 !) et que tu continues à appliquer. Celle d'un productivisme outrancier, jetant les agriculteurs français aux mains des spéculateurs, pour soi-disant réactiver une « vocation exportatrice » alors que leur marché est le marché intérieur et unique de l'Europe depuis des lustres, et que celle-ci n'arrive toujours pas à se nourrir elle-même. Alors, vouloir vendre aux autres à un prix mondial inférieur à nos coûts de production nous semble très généreux, mais peut-être un tant soit peu inapproprié.

Je suis néanmoins très heureux de t'entendre parler de réguler les marchés après que tes prédécesseurs aient œuvré pour la fin des quotas, et j'espère que tu soutiendras nos actions en faveur d'une réforme de la PAC comme tu défends depuis quelques semaines nos revendications sur les prix.

 Depuis mon exploitation du Gers, je ne crois pas que la modernité que tu évoques consiste, comme tu t’esquintes à nous en convaincre, à essayer de s'aligner sur des prix toujours plus bas et à laisser les produits agricoles sous l'égide d'un libre marché total nous mettant en concurrence avec des fermes chinoises. Produire toujours plus, toujours moins cher, pour vivre toujours plus mal, nous, les paysans, en avons assez. Nous avons urgemment besoin d'une exception agriculturelle !

Je reste persuadé, comme l'écrasante majorité des éleveurs laitiers, que 340 € par tonne de lait, alors qu'il en faut au moins 450 euros pour couvrir les coûts de production et le salaire de l’agriculteur, est une mauvaise solution…

 Tu penses être la cible d'attaques personnelles. Je pense que l’autre jour, à Saint-Brieuc et à Lyon, les agriculteurs en avaient réellement après toi. Tu es en haut de la pyramide, et cela implique des responsabilités.
Les destinées de la société Avril (Sofiprotéol), que tu présides, sont-elles bien celles que les agriculteurs ont voulues en cotisant « volontairement et obligatoirement » pour construire cet outil qui contrarie leurs intérêts ? Comment Farmor, l’une de ses filiales, peut-elle encore travailler avec plus de 70 % de viande étrangère ? Peux-tu être fier de certaines coopératives qui sont entrées dans ton système et qui rémunèrent moins bien que le secteur privé, malgré tous les avantages qui leur sont concédés et que l'IAA nous reproche ?
J'espère que tu dénonceras désormais avec autant d'ardeur que nous toutes les entreprises qui, au lieu de travailler sur le territoire national à la valorisation de la production française, importent des « minerais agricoles » étrangers pour produire à moindre coût et déstructurent par là même notre belle agriculture…

 Pour terminer, je tiens à te rassurer : nous, les paysans, sommes fiers de notre métier.

Nous, les paysans, sommes droits dans nos bottes et n'avons pas fauté, en remplissant tous les contrats que la société nous a imposés, allant même plus loin que le reste de l'Europe.

Nous, les paysans, sommes fiers de façonner jour après jour les paysages du territoire français. Nous, les paysans sommes fiers d'être la base d'une gastronomie française parmi les plus renommées dans le monde.

Mais aujourd'hui, nous ne pouvons pas aller plus loin, nous n'avons simplement plus d'avenir avec le modèle économique que tu défends. Nous n’avons pas d’autre ambition que de vivre de notre métier pour faire vivre dignement nos familles, et nous souhaitons que tu mettes désormais tout en œuvre, avec la puissance de ton syndicat et des groupes que tu diriges, pour aboutir enfin à cet objectif."

La Conf, même si, comme le SMSACR15, elle ne fait pas l'unanimité, reprend les arguments des paysans qui ne participent pas au culte de l'exportation et de la guerre des prix sur les marchés mondiaux. Monsieur le Préfet finira-t-il par intégrer que les majoritaires ne sont à la FDSEA mais tout autour ? Cliquez pour agrandir.

Agriculture intox

Avec humour, la Conf. avait tiré la sonnette d'alarme avant que la crise ne prenne l'ampleur d'aujourd'hui. Le SMSACR15 avait lui dénoncé la stupidité de supprimer les quotas en Avril. Cliquez pour agrandir.

 35 centimes le litre, un coup médiatique.

 

Produire un litre couterait 35 centimes.

Comment ça ? Avec des vaches élevées à l’herbe des prés ou des vaches fermées dans des usines à lait, poussées aux céréales et aux compléments alimentaires qui transforment les bêtes en tubes à essais et machines à produire toujours plus ? 35 centimes c’est un « coup » médiatique qui arrange bien tous ceux qui veulent industrialiser pour partager le gâteau entre géants allemands et requins français.

À 35 centimes, la moitié des producteurs cantalous sont morts : chez nous, le cout moyen pour des exploitations à visage humain est estimé à 45 centimes.

Le prix de vente doit couvrir le prix de revient. 

Pourquoi le prix de revient a augmenté ? Essentiellement parce que l’aliment a augmenté. L’aliment, c’est quoi ? Essentiellement des céréales françaises, européennes, du maïs et des tourteaux de soja OGM d’Amérique du sud. Pourquoi n’en parle-t-on pas ? Parce qu’il faudrait aller manifester contre le président de la FNSEA, céréalier et homme d’affaires international qui profite du système comme toute la filière… en se disant défenseur des petits éleveurs qu’il contribue à enfoncer tous les jours.

Filière lait : le monde à l’envers.

Au sortir de la guerre, la France crie famine. Les producteurs s’organisent en coopératives et se payent  sur la vente de leurs produits. Fin des trente glorieuses, la France n’a plus faim, mais l’appétit est venu en mangeant. Concentration des petites coopératives puis apparition de grands groupes qui n’ont plus qu’un objectif : dévorer les petits. Traduction, peu après, dans le Cantal : construction de l’usine de Saint-Mamet, fruit de la collaboration Souchon/FDSEA.

Le monde agricole et  le culte de la personnalité étant ce qu’ils sont, émergence d’une caste qui prend les choses en mains d’autant plus facilement que les agriculteurs ont tendance à moutonner : la FNSEA, le CNJA et leurs petits représentants locaux s’incrustent partout (banque, santé, assurances, presse, formation, transformation, ministère, chambre d’agriculture…) en faisant semblant de conserver les bons côtés du système coopératif.

En réalité, le paysan perd toute maitrise. Il produit, donne le lait au ramasseur et attend… que le transformateur lui adresse la « paye ».

Vous allez chez le boucher, le boulanger ou  le poissonnier.  Vous vous servez. Vous faites enregistrer vos produits. Vous partez sans payer. Vous établissez le ticket de caisse en rentrant chez vous. Un mois plus tard, vous adressez votre paiement en joignant le ticket de caisse… établi par vos soins.

Caricature ? Un « peu », mais sur le fond, avec des grands groupes « coopératifs » gérés par la FNSEA ou des industriels, le petit paysan cantalou en est là.

Les quotas garantissaient un droit à produire et à vendre. Avec l’arrêt du système voulu par tous les partisans de la liberté de produire plus*, c’est la loi de la jungle « ruralicide ». Les gros résisteront en se goinfrant sur le dos de ceux qui les ont écoutés depuis des décennies, le Cantal finira de se désertifier.

Testu n'est pas seul à se poser des questions.

Manipulation des petits par les gros.

Paru dans la « newsletter » n°166 de l’Union, 22 juillet 2015, diffusée dans toute la ruralité cantalienne et au-delà. Michel Lacoste, plusieurs fois déjà à la « Une » du blog pour toute une série d’exploits, vice-président de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait, mobilise les troupes : « Il y a des camions qui circulent dans vos cantons. Bloquez-les, videz-les, taguez-les ! ». Vous remarquerez qu’il ne dit pas « nos » cantons, qu’il ne parle pas à la 1ère personne du pluriel : il envoie les jeunes et les autres au casse-pipe.

Qu’arriverait-il à tout dirigeant syndical salarié qui agirait de la sorte ? Après cet appel, comment la FDSEA peut-elle parler de débordements quand des exactions sont commises par des jeunes ou des désespérés du système ?

Violence, comme seul moyen d’action.

La presse locale et nos élus dénoncent régulièrement les incivilités qui gagneraient du terrain dans le Cantal. Que pensent tous ces braves gens de la présence passive de la police devant des barrages filtrants ou pas, des dégradations volontaires de services, de bâtiments ou de commerces ? Mettons-nous un instant à la place du chauffeur de camion impuissant devant le gaspillage de son chargement. Imaginons la violence ressentie par cet homme qui ne faisait que son boulot sans être nécessairement en mesure de comprendre la situation puisqu’il peut ne pas comprendre le français…

 Aujourd’hui, 31 juillet 2015, les troupes sont passées à l’assaut, la liste des façades barbouillées au lisier, des entrées encombrées de fumier et de détritus divers est impressionnante : Géant Casino, MSA ( gérée par la FDSEA), Préfecture, Direction Départementale des Territoires, Intermarché de la Ponétie, Intermarché rue de Firminy, Krill, Simply Market…  Revendications  avancées : gel des cotisations MSA, moratoire sur le « foncier non bâti »… comme si les propriétaires étaient les plus malheureux.

Quand on sait qu’une vingtaine de policiers casqués, armés de matraques avaient interdit à une quinzaine de retraités de s’approcher de la Préfecture où les rois des poubelles** allaient tenir réunion, preuve est faite que Thierry Desjardins avait raison et a toujours raison au moins sur un point : le Cantal, c’est la Corse sans les bombes ; l’État de droit, le Cantal connait pas.

Rappel du poids des FDSEA dans les départements ruraux.

Publié le 23 juillet 2015 sur son blog, par Thierry Desjardins, le journaliste qui avait découvert que la Corse était comme le Cantal, les bombes en plus.  

«…Dans nos départements ruraux, l’homme fort n’est ni le préfet, ni l’évêque, ni le président du conseil départemental mais bel et bien le président de la FDSEA locale. C’est lui qui réserve à ses petits copains les prêts, les meilleures terres, les meilleures ventes. Ce système féodal est évidemment l’une des premières causes de la catastrophe. Il faudrait donc, d’abord et de toute urgence, abattre cette Bastille syndicale et libérer notre agriculture…»

Tapez blog thierry desjardins pour en savoir plus.

Mangeons français.

Peut-on interdire l’importation de produits « étrangers » en France et revendiquer le droit d’exporter français ? Jacques Mézard, il en fera quoi de ses broutards FDSEA si, finalement, la Turquie et les autres refusent les animaux étrangers ? N'oublions pas non plus que 80% de ce que mangent les français est déjà d'origine française.

Au cas où l’amnésie aurait frappé trop fort, rappelons que les primes de la PAC, de l’Europe donc de l’ « étranger », représentent la moitié des revenus sur de nombreuses exploitations agricoles cantaliennes.

 

*Rappel : la FNSEA, grande sœur de l’UMP, a toujours considéré les quotas comme un frein au développement de l’élevage laitier. Sarkosy président, l’Europe a décidé de redonner la liberté de produire plus… Hollande président, Le Foll nous a expliqué qu’il fallait poursuivre dans cette voie… puisque la FNSEA avait gagné les élections aux chambres d’agriculture. Sur ce dossier c’est clair : UMP Républicaine, PS, PRG, UDI, MODEM, FNSEA, CNJA, ils sont tous responsables du plongeon promis pour l’élevage laitier cantalien et français.

**Rappel : à l’occasion de la mise en place du SMOCE qui voulait massacrer la forêt de Branviel pour en faire une décharge à ordures, le Préfet de l’époque ne voulait pas que des citoyens pacifiques dénoncent l’enfumage orchestré par le duo Mézard /Dabernat.

Un autre avis

Suite aux mesures prises par le gouvernement, pourquoi ne pas lire le point de vue de Michel Lemaitre à propos de l'émission "C dans l'Air" diffusée par France 5 ? Pour accéder au blog tapez « cantal’oches » sur Google. Article intitulé : "DES solutions pour DES agricultures".

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Andrieu | Réponse 19.08.2015 16.19

dirigeants cupides à la vue courte qui détruisent le potentiel exceptionnel du Cantal. INFORMEZ. il faut apprendre à consommer de la qualité.

Pierre | Réponse 19.08.2015 10.04

C'est désopilant !!
Les pourris du monde agricole.........

Est Cantal | Réponse 01.08.2015 00.14

Des nouvelles de l'émir Vert:
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/28/que-reprochent-ses-detracteurs-au-patron-de-la-fnsea_4702196_4355770.html

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Commentaires

19.09 | 13:37

Aie aie aie ferme ta bouche Testu, tu en dis trop... Tu vas nous en énerver plus d'un. Les heureux élus peuvent aussi refuser ces "émoluments" !

...
19.09 | 11:52

le volume des déchets avait été très mal évalué par les élus. Le COLSEB par son action a protégé la biodiversité fait évité en sus des dépenses inconscientes.

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13.09 | 10:33

Youpie, Testu reste dans la place, ne baisse pas les bras et nous offre un florilège de brèves. Vous avez failli nous manquer. Manquerait plus que ça !

...
09.08 | 14:38

Bonjour
L'économie, comme vous le remarquez semble la solution adaptée. Mais qui ira expliquer aux peuples "émergents" qu'il faut ne pas vivre comme nous ?

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