Printemps citoyen ?

Sommaire :

Jacques Mézard et sa route pour atteindre les "sommets"

de la République.

Monsalvy : témoignages sur l'éolien en Aveyron,

projets en Châtaigneraie. 

Sansac Veinazès : plaintes pour déni de justice. 

Nécrologie : Cybèle Pagès

 

Cliquez pour agrandir. Caricature (Y.F.) de la période où Jacques Mézard, élu local "responsable", cherchait à embourber Branviel dans nos ordures.

Promotion salons dorés de la République.

Tenancier d’une cabine téléphonique à ses débuts en politique, de bruits de couloir en effets de manche, Jacques Mézard se fit empereur de Théâtre de rue, président sénateur, le voilà contrôleur de la République… sans jamais avoir réussi à occuper le poste dont il rêvait : maire d’Aurillac.

Pour arriver à ses fins, il lui manquait ce petit quelque chose qui inspire la confiance et permet de créer une large adhésion populaire. Qu’à cela ne tienne, il usa de sa capacité de travail et de son intelligence à valoriser les énergies autour de lui sans attacher une grande importance au respect des personnes, adorant même jeter en pâture à sa cour tout empêcheur de tourner en rond, voir ci-dessous.  

La place qu’il occupe aujourd’hui : méritocratie républicaine ou supercherie de bonimenteur surdoué ? Tout être humain étant aussi complexe que la pensée de Macron, pas de jugement définitif mais quelques éléments de réponse qui nuancent les louanges locales et interrogent sur le fonctionnement de nos institutions.

De la com en veux-tu en voilà. 

Dans sa récente lettre aux élus (semble-t-il) Jacques Mézard certifie qu’il a toujours préféré « la création et le soutien de projets concrets » à la « communication politique » avant d’écrire : « notre département a de nombreux atouts à condition d’avoir des projets et moins de recours systématiques contre ces derniers ». Qu’en est-il ?

Tout le monde, sauf les aveugles, sait la place occupée par la communication à la CABA autour d’un chef d’œuvre de propagande électoraliste, Agglo-Mag. Sur le terrain, multiplication de panneaux, sucettes et autres gadgets à l’effigie de la CABA qui, comme les autres, gaspille l’argent public en communication. Rappelez-vous les brouettes de craie blanche (plusieurs milliers d’euros pièce) pour écrire CABA sur la pelouse du Stade Jean Alric.  

Projets et recours.

Stade à Aurillac : plus de 7 000 places pour moins de 2 500 spectateurs en moyenne : il n’y a pas eu de recours, hélas !

Zone évènementielle : des millions d’euros pour un parking à l’abandon 10 mois sur 12 : il n’y a pas eu de recours, hélas !

Carrefour à la Sablière : les hypermarchés ça eut marché mais ça ne marche plus. Il y a eu des recours, le projet risque d’aboutir quand même, tant pis pour le centre-ville, hélas !

Ordures à Branviel : il y a eu des recours, la forêt, poumon vert de la CABA, est sauvée, heureusement !

Petit historique de ce dossier emblématique de la méthode Mézard.

Tactique politicarde gagnante, échec total sur le terrain.

Début des années 2000. Jacques Mézard veut devenir sénateur mais un dossier ultra sensible le chiffonne : les ordures on les mets où ?

2004 : Bernard Filhol, maire d’Ytrac, élevé au grade de chevalier de la légion d’honneur se sent pousser des ailes et rêve lui aussi d’un fauteuil de sénateur.

2005/2006 : Bernard Filhol, pour jouer grand seigneur auprès des élus, accepte l’idée lumineuse de Jacques Mézard : traiter les ordures ménagères de l’Ouest Cantal à Branviel.

2007 : le Préfet cosigne avec Jacques Mézard et Vincent Descoeur un courrier (voir ci-dessous) qui vaut son pesant de boites à ordures en état de putréfaction avancée. Ils reconnaissent tous les trois que le projet Branviel n’a jamais été décidé en réunion officielle.                                                          

2008 : les électeurs d’Ytrac ne veulent pas d’une poubelle dans leur forêt, Bernard Filhol, battu aux municipales, voit s’envoler ses ambitions sénatoriales ; un boulevard s’ouvre pour Jacques Mézard, élu sénateur en septembre.

Comme promis, les nouveaux élus d’Ytrac, veulent sauver Branviel. Collaboration totale entre le conseil municipal et le Colseb, association à l’origine des recours contre le projet de décharge depuis 2006.

2008/2014. Incapable de trouver la bonne solution pour le traitement des ordures ménagères, Jacques Mézard détourne l’attention des conseillers de la CABA en leur offrant en pâture une tête d’ytracois en la personne du maire de la commune.

Centaines de milliers d’euros dépensés en frais d’études, d’avocats, de déplacements des forces de l’ordre ; gigantesque énergie engagée par les associations, la mairie, les habitants et les militants : la faute à qui ?  À Jacques Mézard et à ceux qui l’ont soutenu (très peu nombreux) ou à ceux qui n’ont pas osé dire non (un très grand nombre).

2019 : les ordures descendent à Montech, la région Auvergne Rhône Alpes a récupéré la compétence et elle a décidé que chaque département devait se débrouiller pour traiter ses ordures chez lui. Mézard, d’une rare incompétence sur ce dossier, méritait bien une série de promotions.   

Promotions salons dorés.

Pendant et après cet épisode Jacques Mézard, président du groupe RDSE au Sénat, a fait la leçon à la France entière. En novembre 2015, dans le cadre de la préparation de la COP 21, rapporteur pour la gestion des déchets, au nom de la Délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation (voir ci-dessous), il a déclaré : « … il faut faire confiance aux élus locaux pour faire les bons choix et maximiser la performance des territoires ». 

De gauche et de droite depuis ses débuts, Jacques Mézard a su gagner la confiance de Macron qui en a fait un éphémère ministre de l’agriculture*, un catastrophique ministre de la cohésion des territoires et du logement**et, maintenant, un membre du Conseil constitutionnel… en compagnie d’Alain Juppé, le bordelais repris de justice, sous la présidence de Laurent Fabius***. 

 

*Macron, novice en politique, croyait en Mézard. Une fois de plus, il s’était trompé dans un choix de collaborateur : Mézard, le supposé rural, n’avait aucune compétence en agriculture. 

**Mézard a voulu la baisse des APL, en 2017, pour, entre autre, dynamiser la construction. Résultat 2018 : baisse de la construction de 7 % avec accélération de ce plongeon au dernier trimestre 2018, moins 20% de logements neufs par rapport à 2017. 

*** Pour son mariage à Crandelles, René Souchon avait choisi Laurent Fabius comme témoin. Jacques Mézard et Laurent Fabius pourront évoquer de bons et mauvais souvenirs à propos de leur ex ami/ennemi commun : le roi René 1er (et dernier) d’Auvergne.  

Info plus

Le préfet cosignataire de la lettre du 13 mars 2007 Jean-François Delage est devenu préfet des Pyrénées Orientales, d’Indre et Loire et, pour finir, membre du « Conseil supérieur de l’appui territorial et à l’évaluation », un organisme chargé, pour l’essentiel, d’évaluer les performances des préfets, sous-préfets et hauts fonctionnaires ! 

Si l'ascenseur social est en panne pour les "riens", la "méritocratie républicaine" se porte de mieux en mieux pour "ceux qui ont réussi". 

B.B.

 

Les déchets, extraits de la note de synthèse. Comment un aussi beau pays que le notre a pu choisir un rapporteur aussi incompétent à la toute petite échelle du Cantal ?
Quand l'officieux en petit comité remplace l'officiel en réunion légalement convoquée... et devient source de multiples dérapages sans perturber le représentant de la République.

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Il était une fois … A la croisée des chemins

9 mars 2019 - de notre envoyé spécial à Montsalvy

 

Il était extraordinaire de voir ce samedi le public captivé à l’écoute des deux conférenciers venus du Lévézou exposer la situation de ses habitants après qu’ils aient été livrés aux maniganceurs de l’éolien. Malgré les milliers de témoignages, rien, jusqu’ici, n’y fait ou presque et la machine, telle un rouleau compresseur, semble dérouler sa sinistre activité sans que quiconque ne puisse l’en empêcher.

De nombreux signes cependant tendent à nous faire espérer. Il y a fort à parier que le Président de la Châtaigneraie va buter sur ce qu’il n’a pas eu l’intuition de détecter, en l’espèce une opposition calme et résolue aux requins sans foi ni loi en quête de terrains bien exposés pour y placer les machines infernales, maintenant annoncées, celles qui nous sont promises, culminant à 232 mètres. Quid des innocents qui les auront cru et auront succombé aux promesses de revenus significatifs (argent facile), qui n’en ont pas fini de regretter d’être si facilement tombés dans le panneau.

Oubliant d’entrée de jeu ce que la Constitution même refuse. Voir l’article 4 de la Déclaration, des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, toujours bon à rappeler : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. »

Que penser des conseils municipaux poussés dans la voie politicienne la plus contestable, comme pris en otage, qui s’affirment ces jours-ci favorables à l’implantation d’aérogénérateurs industriels sur le territoire de leur commune ? Ce serait le cas de LABESSERETTE où, nous en faisions état l’autre jour, le Président de la FDSEA du Cantal soi-même aurait signé un bail avec un promoteur ? Toutes opérations qui ne valent pas tripette au regard du contexte d’abus de pouvoir et d’abus de confiance dans un climat de manipulation généralisée. La justice a de beaux jours devant elle. Comme écrit également précédemment, nul n’ayant jusqu’ici été mandaté pour ce type d’opération, seuls les conseillers élus au printemps prochain qui se seront signalés aux électeurs en faisant ouvertement campagne pour le système visé du vent qui souffle fort et supposé rapporter gros, pourront participer aux décisions susceptibles d’engendrer ici l’avènement de l’éolien.

Raison pour laquelle le Président du Conseil départemental de Charente-Maritime, Dominique BUSSEREAU, demande ces jours-ci au Préfet de son département de « surseoir à toute implantation de nouvelle éolienne ». A l’instar de celui-ci, formons le vœu que le département du Cantal se détermine clairement sur ce sujet capital tant pour l’avenir des activités économiques majeures (agriculture, tourisme) que celui de ses habitants (nuisances sonores – infrasons - et chute spectaculaire de la valeur des biens situés à proximité des installations). 

Géographie de la casse.

Mais aujourd’hui, le cœur du sujet, c’est l’offensive des éoliens-babas en Châtaigneraie (quelques 181 mâts en projet, nous ne cessons de le rappeler) derrière lesquels on devine la présence conjuguée, évidente, du référent départemental d’En Marche et de son copain de la Châtaigneraie intercommunautaire new-look. Nous sommes rendus là en plein mic-mac politique bas de gamme duquel est évidemment absente toute préoccupation réellement écologique.

Et nous voici donc rendus du côté de Labesserette, précisément au lieu-dit Le Rocher des 4 Communes où viendrait s’implanter le 1er projet d’envergure qui devrait déjà, pour commencer, s’imposer aux riverains du village du Pouget, de Lafeuillade et de Lacaze et nombreux autres hameaux. Sans compter le point de vue du Puy de l’Arbre, sérieusement altéré. Et c’est effectivement là que le Président de la FDSEA disposerait de parcelles qu’il aurait d’ores et déjà confiées aux promoteurs ? Nous avons déjà posé la question mais, jusqu’ici, obtenu nulle réponse.

Une certitude, la discorde entre habitants est en train de s’installer dans le pays et c’est là la pire des choses qui puisse nous arriver – dixit Jean MARTY décrivant l’autre soir l’état du Lévézou dix ans passés l’invasion de l’éolien. Pour vous en convaincre, écoutez l’argumentaire minimaliste et misérable que développent de nouveaux venus dans le dossier auxquels on a fait miroiter la perception de quelques poignées d’argent pour se porter volontaires à la destruction du pays qui les a vu naître. Allez donc voir, en replay, sur LCI l’intervention d’un éleveur de Glénat (10 mars, jour de consultation de la population*) content de voir arriver les éoliennes car « le lait ne paye plus » ! Quintessence de la misère. Vous prendrez alors la mesure du drame en train de se jouer.

A suivre …

* La population de GLENAT s’est majoritairement prononcée ce dimanche contre les implantations de machines sur le territoire de la commune. Premier succès pour l’association Vents d’Amarugue qui se dépense tant et plus pour apporter à tous l’indispensable information que le chef d’orchestre intercommunautaire se garde bien d’apporter à ses concitoyens. Celui-ci n’a-t-il pas commis cet exploit d’occulter les résultats de l’enquête réalisée dans sa commune, Parlan, au mépris absolu de ses administrés. Mais, comme dirait l’autre, le vent se lève et ils n’ont pas tout vu.

Retour à la case départ : ceux qui ont entendu samedi à Montsalvy les témoignages venus du Lévézou savent à quoi s’en tenir. C’est alors, pour les gros malins, le début de la fin.

J.C.M.

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Demander à Madame le Préfet

d'appliquer une décision de justice,

c'est trop ?

Sansac Veinazès : le conseil municipal refuse toujours de respecter la décision du tribunal. Nouveau dépôt de plainte à la gendarmerie de Montsalvy pour déni de justice contre les élus qui ne respectent pas la loi, et contre Madame le Préfet, qui depuis plus d'un an oublierait de faire appliquer la décision de justice (extraits procès verbal ci-dessous). 

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Adieu l’artiste, adieu Cybèle

Pendant que certains "élus" se poussaient du col, pour satisfaire leurs ambitions électorales et s'arrangeaient entre eux, sans vergogne et sans crainte tant il semble qu'entre gens du même monde, tout soit permis (voir les articles ci-dessus), une petite bonne femme vivait paisiblement sur les hauteurs de Thiézac. A la lecture de la lettre signée de l'immense J. Mézard, du grand V. Descoeur et par le préfet de l'époque, concernant une réunion soi-disant publique, évoquée (par celui qui n'était pas encore sénateur, ni ministre, ni sage) pour justifier la décision de déposer notre caca dans la forêt de Branviel, on mesure toute l'ironie apporté par la réponse : Cette réunion n'a pas eu lieu. Il s'agissait juste d'un arrangement entre soi, pour décider où iraient croupir nos ordures... Voila un petit aperçu de la façon dont nos grands hommes gèrent la vie des citoyens. Mais, ils sont élus, direz-vous avec raison. Certes ! Alors, au lieu de râler, présentes-toi aux suffrages. Ensuite, tu pourras critiquer.

Seulement, il n’y a aucune chance qu'un simple quidam soit élu à un poste d'où il pourrait agir sur les leviers du pouvoir. Pour arriver là, il faut avoir le soutien d'un "grand" parti politique (c'est à dire jurer de voter comme le parti vous dira qu'il faut voter) ou (et) être le fils d'une des "élites" en place, car ces gens se reproduisent ou se cooptent entre eux. Ce qui est le cas de deux des signataires de la lettre précitée. Mais bon, c'est un mauvais exemple, comparaison n’est pas raison.

Peut-être pourrai-je ici apporter ma contribution au grand débat : Lors de chaque élection, pour des postes de député, pour des « régionales », des cantonales ou pour les mairies des communes de plus de 50 000 habitants (être maire d’un village ne présente aucun autre intérêt que celui de prendre des coups sans jamais pouvoir agir, le budget des contraintes imposées dépassant souvent celui de la commune), on pourrait introduire une part de hasard en tirant au sort une liste de citoyen (ne) de base (acceptant de concourir) et leur garantir (sur les deniers publics), la même visibilité en termes de publicité et d’affichage, qu’aux autres candidats (-es) issus (es) du sérail. Après, ce sont les votants (es) qui décideraient ! Cette carte supplémentaire introduite dans le jeu de poker menteur (duquel s’abstiennent de plus en plus de citoyens), apporterait sûrement outre l’espoir, des surprises

Quittons les hauteurs jupitériennes pour rejoindre celles de Thiézac, où vivait une petite bonne femme qui elle, n'a jamais fait de politique et c’est bien dommage.

 Une femme hors du commun

 

Cybèle devant le portrait de son mari Jean en faucheur

L'intelligence du coeur

A l'atelier de restauration avec Pierre Paulet

Elle était connue, Cybèle Pagès, connue et surtout aimée ! Née à Paris en 1928, d’une maman redevenue célibataire après son divorce, elle fait des études d'art. Très jeune, elle entre aux Beaux-Arts sur dispense, tant elle est douée. Elle obtient son diplôme et travaille avec Pierre Paulet, un des fondateurs de l'atelier de restauration du Louvre, œuvrant notamment en 1955, à la restauration de la galerie des glaces à Versailles.

Sous le plafond de la galerie des glaces à Versailles

Une jeune femme libre

Une jeune fille moderne avec ses collègues des Beaux-Arts

 Elle est belle, elle aime la danse et dans une « matinée dansante », rencontre Jean qui deviendra son mari. Elle quitte son métier pour l'assister dans son entreprise d'auto école, dans le 12ème arrondissement de Paris. Ils auront une fille.

Pour l'amour de Jean

Jean est un enfant de Thiézac. En 1973, ils rentrent au pays. Jean a acheté des terres et fondé une station-service à Thiézac. Du carburant pour autos et motos à l’essence de térébenthine, il n’y a que quelques molécules d’écart. Elle distribue ordinaire, super et gasoil mais, entre deux clients, ne cesse pas de peindre. Son mari lui a aménagé une pièce attenante au bureau. Les clients de passage étonnés, repartent avec le plein et parfois, chargés d’un bouquet croqué d’après les fleurs qu’amènent des Thiézacoises à l’artiste.

Dans son atelier thiézacois

La discrétion et le talent

La maire de Thiézac, Hélène Canis, lui fait confiance et lui demande de restaurer des tableaux de l’église. Le bouche à oreille fait le reste. On lui confie des trésors, elle installe les œuvres nécessitant une échelle, dans le garage et tremble d’être cambriolée, tant passent ici des merveilles… Mais tout se fait dans la discrétion et sans publicité. Son prénom lui vient de Smyrne en Turquie où sa grand-mère enceinte, assiste à l’exhumation d’une magnifique statue en or de Cybèle, la mère des dieux grecs. Par respect des conventions chrétiennes, elle n’osera jamais donner ce prénom à sa fille, qu’elle appellera Inès, comme sa marraine. Mais toute sa vie, Inès entendra l’histoire et quand à son tour, elle aura une fille le 30 juillet 1928, elle l’appellera Cybèle. Comme est fort (encore), le poids de la convention, elle lui adjoindra celui de Marie, pour christianiser ce prénom trop païen. Marie-Cybèle donc (qui ne signera jamais autrement que Cybèle).

Elle vient de loin Cybèle

Gaétano Bargigli qui fit souche en Turquie

Ses ancêtres sont des Bargigli, famille nombreuse de la petite noblesse florentine. Né en 1780, Gaétano Bargigli et l'un de ses frères partent proposer leur épée aux Turcs, empêtrés dans les interminables guerres russo-turques. Ils se distinguent et font souche dans ce pays de cocagne où tout pousse comme par magie. Gaétano aura un fils, Simon, qui épousant sa cousine Elisabeth Balladur (sur dispense), donne naissance à Edgard Bargigli, le grand-père de Cybèle. Edgard devient directeur d’une ligne de chemin de fer Turque et occupe ses loisirs en chassant dans les montagnes d’Anatolie, pendant que sa femme prend les eaux à Smyrne (devenue Yzmir par la volonté d’Atatürk). Elle vient de loin Cybèle Pagès qui enchanta Thiézac, jusqu’au matin funeste du 11 mars dernier qui la vit rejoindre, ce qu’elle appelait « le grand tout ». Sa vie riche de rencontres et son esprit ouvert, lui valurent d’être heureuse comme elle a su rendre heureux les autres. Cybèle, c’était avant tout des yeux magnifiques. Une vision profonde qui savait débusquer la beauté, jusque sous la crasse la plus infâme. Le plus misérable et vil des vermisseaux humains qui croisait son regard, pouvait d’un coup se sentir beau, immensément. J’en ai fait l’expérience ! Elle était ainsi, Cybèle Pagès, empathique, à l’écoute, modeste, généreuse, trouvant toujours aux autres des qualités qu’elle seule savait voir et dire. Ceux qui l’écoutaient finissaient par découvrir cachés au fond d’eux, des trésors. Elle donnait l’espoir. Elle aimait ! Elle aimait peindre la beauté du corps des femmes, celle des paysans, celle des fleurs, celle des scènes bucoliques et du bâti ancien. A 90 ans, elle peignait encore (de plus en plus disait-elle). Sur son lit d’hôpital, elle dessinait et surtout lisait beaucoup, curieuse de connaître de nouveaux auteurs, de nouveaux styles, de nouveaux horizons. Elle avait la jeunesse éternelle et c’est toute jeune qu’elle est partie la fée. Adieu l’artiste, adieu l’amie. Depuis ton « grand tout », puisses-tu donner un peu d’empathie à ceux qui nous gouvernent. J’ai bien dit empathie, pas clientélisme !

Serge Menini

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Marino | Réponse 05.04.2019 18.18

L'alchimie de la rencontre entre 2 êtres qui ne se contentent pas de l'ordinaire de la vie, a adouci l'envol de Cybèle vers "l'énergie universelle"
Merci Serge!

Carole | Réponse 26.03.2019 13.31

Bravo pour cet au revoir à notre si belle Cybelle !

René Paul | Réponse 26.03.2019 09.37

Merci d'apporter un autre éclairage que la pub éhontée qu'impriment les gouvernants. L'éolien c'est d'abord notre fric, distribué à des sociétés marchandes

simonebousquet. | Réponse 21.03.2019 19.06

Trés déçue de n'avoir pas pû accompagner Cybèle à sa dernière demeure; j'aurais tant voulue la revoir; c'était une personne exceptionnelle, Jean a eu beaucoup d

alain prieur | Réponse 20.03.2019 16.00

félicitations pour cet hommage justifié à une talentueuse artiste méconnue car toujours extrèmement discrète

DOMINIQUE CIRIANI | Réponse 20.03.2019 11.09

surtout l'article au sujet de Cybèle PAGES !

L'Idiot | Réponse 20.03.2019 09.50

Vos enquêtes expliquent la mode durable du jaune citron ! Mézard qui est un exemple pour ses pairs, ne pense qu'à Mézard. C'est sa notion de l'empathie

Annick | Réponse 18.03.2019 10.07

Merci Serge d'avoir si bien écrit, comme d'habitude, sur cette immense petite femme, si belle ... Cybèle !

nicole Muller | Réponse 16.03.2019 12.56

EXCELLENT DOSSIER .Très bien !!

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Commentaires

15.07 | 08:44

Très bonnes a alyses l' humor en plus

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13.07 | 23:24

trop bon, j'adore!!

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04.07 | 21:19

Notre merveilleux président, nous dit que le peuple veut d’avantage de services publics..... Juste autant qu’avant me suffirait!!!!!!

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21.06 | 09:32

Ont peu faire confiance a nos politiques nationaux et locaux pour accélérer la casse des services publics

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