Tout est pareil au même

Et réciproquement !

Sommaire

Le bleu du ciel, sans fard (souvenir du confinement)

Chemins boueux de campagnes. Coups tordus, retournements, etc. par S.M.

A Vic-sur-Cère Testu ajoute au bourbier. Rions un peu pour oublier la crise par S.M.

L'hôpital ne veut pas que la charité se moque de lui Par J-P R.

Le monde comme il va, lettre d'Amérique aux temps de la covid par CS

Histoires d'amour. Episode 2/3 par CC

 

Bleu du confinement, sans traces de ceux qui vont à l'autre bout du monde, promener leur perche à selfie
Ce masque pakistanais ne filtre pas les mauvaises odeurs

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Chemins boueux de campagnes

Aurillac : Pierre Mathonier, par ses vidéos quotidienne sur face de bouc, au sujet de l'épidémie covid (faute de se faire un nom), s'est gagné un surnom : celui de curé d'Ars (agence régionale de santé).

Catherine Amalric, estampillée Mézard, adoubée LREM, continue sa marche et les virages ne lui font pas peur. Pas sûr que les colistiers de Jean-Antoine Moins, à qui on avait vendu le combat sans transiger (notamment les nouveaux, tendance jeunes, purs et ouverture) soient ravis d’accueillir à leur côté, celle qui infréquentable avant le premier tour, se voit aujourd’hui, à 9,64 %, parée de toutes les qualités.

Hé, les « naïfs », si vous voulez de bonnes places bien chauffées l’hiver et climatisées l’été, autant apprendre à avaler immédiatement les couleuvres. l'Ane curieux vous conseille une chanson de Gainsbourg interprétée par Régine. Surtout le couplet.

Allez, tous en chœur : 

« Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça glissera mieux. Ouvre la bouche, ferme les yeux».

Saint-Flour : Pas si facile que prévu pour Martine Guibert. La marquise des vents, oblitérée Wauquiez, cuirassée Jarlier et titulaire d’une dentition propre à rayer tous les parquets, n’a pas entrainé le vote majoritaire des sanflorains. Il se murmure, que si ce premier tour avait été annulé, Saint-Pierre revenait dans la course, faire don une fois encore, de sa personne à Saint-Flour. Hélas, il y aura un deuxième tour.  Hélas, la « grande mission » gouvernementale qu’il espère et qui lui permettrait de « garder l'œil » sur ses « obligés », semble se faire désirer…

Ce garçon aurait-il de mauvaises fréquentations ? D'autant que les tripatouillages lyonnais entre Colomb le petit et Wauquiez le grand, tracassent l'Olympe.

Mauriac : Nouvelle équipe installée. Edwige Zanchi et ses ministres élus au premier tour, ont pris la courageuse décision, d’augmenter de 20% leurs indemnités. « Oui, on est novice,  mais on ira chercher la formation », explique le maire, dans les colonnes du journal La Montagne du 30 mai.

Rassurez-vous, vous êtes bons !

Cette mesure, c’est maintenant qu’il fallait la voter. Ne serait-ce que pour en profiter depuis le début. Et puis, à Testu, on a rien contre des indemnités en rapport avec le travail fourni. Ce que l’on aime moins, c’est le cumul et les « rentes », qui se font en empilant les soi-disant responsabilités. Maire ici, président là, délégué ceci, directeur cela… J’en passe et des meilleurs. Sans injurier l’avenir, il semble qu’à Mauriac, de bons clients se profilent pour l’Ane curieux (journal-testu@la poste.fr).

Au département : La marque rouge n’imprimant pas, on parle du retour des valeurs sûres. « Cantalons nous dans le Cantal » pourrait être réédité. Il reste de ces autocollants, mais je suppose que pour relancer l’économie, on fera appel à de chers conseillers.

Les pauvres conseilleurs crient famine aujourd’hui, la crise sanitaire ayant révélé, leur inutilité sociale quant à la survie, puisque l'essentiel  se résume à un abri, de la bouffe, des chiottes et un bon médecin pour profiter de tout ça.

Toujours à la pointe de la relance économique locale et du bruit médiatique à bas coût, Bruno « killer » Faure, après avoir acheté et distribué pléthore de masques fabriqués au Pakistan (on espère que le désinfectant virucide indiqué sur le paquet, ne provoque pas d’allergie), achète 30 fourmes de Cantal, pour en distribuer trois à des associations départementales. Le reste part aux associations caritatives de l'Essonne, histoire de renforcer des liens et aussi, que pleins d'essonniens, viennent habiter le Cantal "la grand-mère de mon homologue francilien est d'ailleurs cantalienne" (rassure le grand homme dans La Montagne du 2 juin 2020).

Avec ça c’est sûr, on devrait pousser les murs.

Et aussi on est content pour le petit fils ! C'est important les grand-mères, surtout quand elles sont cantaliennes.

Ah, Bruno "larme à l'oeil" Faure, que d'émotions !

Par contre, on ne sait pas si l'achat de 30 fourmes va amener de la trésorerie dans l’escarcelle des paysans, ou dans celle de l’industrie laitière.

Nono 15, champion de la relance, soutient aussi la presse. Il achète des demi-pages à sa gloire, sur le thème du masque (pakistanais de Montluçon ou lyonnais), selon qu'il pose, pour les LR du département (encartés, anonymes ou indécis), ou pour ceux de la région.

Comme Lolo 43 grand joueur, qui  prend (lui), des pages entières. Tout ce battage, conduit avec l’argent public des budgets communication. Jamais avec leurs émoluments, indemnités, note de frais, avantages, réglés pourtant aussi, du fruit de nos impôts.

C'est indéniablement la marque des bons gestionnaires de savoir comment utiliser l'argent des autres.

Comme dirait la grand-mère : "ça mange ça sien et ça mange ça mien!"

Vic-sur-Cère : La campagne va bon train. Opposition en pleine forme. Soutien éhonté du département. Médisances et coups tordus de rigueur. 

S'il est difficile pour l’Ane curieux de s’en mêler (la bête y a son écurie), Testu, lui, ne peut rester indifférent devant la mauvaise foi et les ragots nauséabonds. Pas grave, Testu et l’Ane curieux, n’ont et n'auront que d'honnêtes gens pour amis, dans les maisons du peuple, d'ici ou d'ailleurs.

On livre donc, nous aussi, un tombereau de fumier pas bio.

Le reportage dans le marigot se décline en cinq chapitres : Une photo non truquée, suivie d’un texte court en deux versions (A et B). Si l’une est sûrement fausse, l’autre certainement vraie.

Avertissement à l'attention des mal comprenant :  Les nuances entre sagesse, vérité, rumeur et médisance, sont ici la conscience, l'humour, le doute (et) (ou) l’angle de vue.

 

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Petit jeu pour oublier la crise

Option A \

Aux abois dans l’inquiétude fébrile avant le deuxième tour, l’équipe municipale vicoise, siège encore. La horde, menée (nul ne l’ignore) par une socialiste, ne recule devant rien pour prolonger le bail. Première étape : dépose du docteur Maurice Delort, symbole d’une droite sociale comme il en existait dans le pays. Le buste du grand homme, que d’aucuns nommaient (même de son vivant) le « bon docteur des neiges », jeté à bas sous le parking de l’ancien supermarché ! En attente d’enlèvement aux gravois, il semble mesurer la méchanceté du geste.

Option B \

Déposée et stockée par les services municipaux, la statue du bon docteur Delort, attend qu’il lui soit choisi un écrin plus à même de la mettre en valeur. Elle demeurait avant, au fond du mini golf, cachée en saison, derrière des jeux gonflables.

 

 

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Et ça continue

Option A \

La dictatrice qui gouverne Vic, n’a pas laissé le choix aux enfants du docteur Delort. Le buste sera installé là et pas ailleurs. Jusqu’au paiement de la rançon.

Option B \

La famille du docteur Maurice Delort est invitée à donner son avis quant à l’emplacement futur de l’effigie. 

 

 

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encore

Option A\

Déni de démocratie

On vous l’avait bien dit, qu’ils n’auraient pas le choix.

Option B\

Démocratie

Après consultation de ses descendants, l’effigie du célèbre docteur a été installée devant le mini golf, qu’il a contribué à créer. Aujourd'hui, Maurice Delort, fait face au monument aux Morts, où figure le nom de son père, Pierre, décédé en 1918, par suite des blessures contractées au champ d’horreur en 1914. Lui aussi était médecin à Vic. Son fils Maurice et son petit fils Pierre le furent également. La lignée familliale se poursuit avec le cardiologue Antoine Apert et sa sœur Juliette, interne en pédiatrie.

 

 

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et encore

Option A\

La sorcière socialiste attaque les symboles qui la gênent

Elle a fait arracher les maquettes des châteaux et églises ornant le mini golf (mais n’a pas encore osé toucher Pesteils). L'horrible stalinienne, ordonne ici à l’employé municipal, de les brûler en place publique, si les vicois ne votent pas pour elle au deuxième tour.

Option B\

Pas de panique

Dominique Bru, le maire de Vic et David Barbès, un employé municipal, s’assurent de l’état des maquettes du mini golf, déposées par le gérant, Philippe Guilhen. Ce dernier répare et repeint certaines parties du circuit, pour préparer le déconfinement et la réouverture du site.

 

 

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et encore, apothéose en forme de bouquet final

Option A\

Le scandale du retard des travaux à la piscine expliqué aux naïfs.

La corruption de l’incapable engeance socialo-communiste, régnant à la mairie, éclate enfin au grand jour. La provenance du caviar de la gauche aussi.

Profitant de prétendus travaux, les usurpateurs  municipaux ont détourné des équipements publics, pour y établir un élevage d’esturgeons. Le caviar (allégué Russe) étant vendu à prix d’or dans les boutiques alimentant la gauche germanopratine. Il a fallut la crise sanitaire, pour que fût révélée, l’étendue et la réalité du scandale : Les fabuleux bénéfices, revenaient directement dans la poche du maire et de quelques privilégiés (*).

Option B\

Les conditions de réouverture de la piscine en questions

Le moindre des avis demandé, reste celui des alevins, amenés ici à l’état d’embryon par les plumes ou les pattes des oiseaux lacustres. Ils méritent bien (pour leur constance à vivre sans filtre et sans javel), d’être mis à la Cère. Les travaux recommencent. Les entreprises font ce qu’elles savent faire et profitent du retard qu’elles n’ont pas pris avant la crise. Reste les distances à matérialiser hors d’eau et comment désinfecter bancs, vestiaires et pelouse, après le passage des usagers. Dans l’eau peu de risque de contagion. L’atmosphère javellisée n’est pas propice à la Vie, fut-elle virale et logée dans les postillons et autres glaires (puisqu'il faut nommer les choses).

(*) Mais pas dans la mienne, sinon j'aurai rien dit

Serge Menini

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L’hôpital ne veut pas que la charité se moque de lui

Opinion d’une lectrice, vraie croyante qui se dit fausse sceptique : « Les autorités sanitaires face à une épidémie, ne font penser qu’au vide sanitaire ».

Pas faux !

Pendant la crise sanitaire, les agences régionales de santé (ARS) se sont souvent illustrées par leur absence de coordination. Jusqu’au petit baron dirigeant celle du grand Est, qui promettait de continuer, après la pandémie, à fermer les lits qu’on lui avait ordonné de supprimer. Les ARS ne sont que des comptables et n’en déplaise à cette profession, la comptabilité est parfois une science d’ânes (même pas curieux).

Pour certains mégalomanes, l’art de la médecine s’est transformé en spectacle, plus ou moins déplorable. Il en est ainsi des crises, elles  révèlent les incapacités, les incompétences, mais aussi les héros. A 99,99 %, les soignants ont fait au mieux leur métier, prenant tous les risques sans compter leurs heures (mais dans ces professions cela devient une habitude).

Le gouvernement entre experts auto proclamés, spécialistes et contre experts, a navigué au doigt mouillé, oubliant même parfois de mouiller le doigt. De tout cela, il ne restera qu’une prime, jurée à certains et une médaille, promise à d’autres. Des hochets qui peut-être amuseront le peuple. Mais quid de la reconnaissance et quid de la hiérarchisation en fonction de la réelle utilité sociale des êtres ?

Jean-Paul Rommot

Ainsi va le monde. Dirigé par des hommes, mais aussi quelques femmes

Christine Sherman nous écrit.

Testu publie avec joie sa "Lettre d'Amérique"

Cher Testu,

J’espère que tu as bien émergé de ton trou le 11 mai, flairé l’air printanier et repris espoir en des lendemains qui chantent. De ce côté de l’Atlantique, la saison du coronavirus se prolonge. Au cas où la détresse américaine serait passée inaperçue dans ta presse déconfinée, voici un court bilan fin mai :

Covid, quand tu nous tiens…

- 1,6 millions de cas confirmés, 99 016 décès officiels au 27 mai. Juché sur ce monceau de cadavres, Trump déclare, lui, que les cas sont surcomptés, c’est un complot démocrate pour nuire à son image. Note que les plus de 65 ans représentent 80 % des décès. Comme ailleurs, l’invisibilité sociale des personnes âgées empêche le citoyen moyen de réaliser pleinement la gravité de la crise.

Une du New York Times le 24 mai, suivie de trois pages sur mille des cent mille victimes.

-  Toujours pas de généralisation des tests, sauf à force du poignet et d’endettement par certains Etats. Selon Trump, les Etats-Unis mènent le monde en matière de tests (ah, ah). En fait, ajoute-t-il, les tests sont non seulement inutiles, ils ont la mauvaise habitude de détecter des cas. Quelques tweets présidentiels : « Peut-être que les tests sont, je vous le dis franchement, surfaits. Peut-être qu’ils sont surfaits. Mais chaque fois qu’ils disent on en veut plus, on en veut plus… Alors on en fait plus et ils en veulent plus. », et : « Quand vous testez, vous avez un cas. Quand vous testez, vous trouvez quelque chose qui ne va pas. Si nous ne testions pas du tout, nous aurions très peu de cas. ».

- Plus de trente huit millions de nouveaux chômeurs depuis la mi-mars. Taux de chômage atteignant 23,7 %. Les économistes prévoient jusqu’à 30% de chômage d’ici 2021, avec 42 % des postes supprimés définitivement. Le chairman de la FED estime que 40% des ménages à faibles revenus ont perdu au moins un emploi en mars.

- Mesures prises par le gouvernement fédéral (en toute logique trumpuesque) : suppression des aides alimentaires (food stamps) aux Américains sans emploi qui n’ont pas d’enfants, pulvérisation des derniers pans fiscaux de l’assurance maladie dite Obamacare (décision finale de la Cour suprême cet automne), ce qui devrait supprimer la protection santé de millions de personnes, refus sénatorial attendu de l’aide financière aux Etats votée par la Chambre des représentants, ce qui va contraindre les localités et agences publiques à limoger infirmières, policiers, pompiers.

 

 

La cavalerie arrive…

Face à cette crise sans précédent, notre führer Trump mène activement la résistance :

- contre la fermeture des magasins : une dépression économique mettrait à mal ses chances de réélection. Il exhorte donc ses troupes à LIBERER (les lettres capitales sont de lui) les Etats où un confinement est en place.

- contre une pénurie de viande : un décret présidentiel dédouane les entreprises de viande en les « forçant » à rester ouvertes (les conditions de travail très rapprochées de ces usines ont conduit à une flambée des cas, entraînant plusieurs fermetures). Suggestions de mesures barrières, sans obligation de les appliquer.

- contre le port du masque : très mauvais pour le fond de teint, le masque, tout le monde vous le dira. Trump refuse donc de faire l’effort, même depuis l’arrivée du virus à la Maison Blanche. Le port du masque sera désormais politisé : les vrais patriotes gardent le visage nu.

- contre la science : si les experts sortent de la version officielle, virons-les ou déminons-les (par ex. le Dr. Bright, responsable de la recherche des vaccins, dans la catégorie des virés, et, chez les déminés, le Dr. Fauci, responsable et peut-être ex-responsable à l’heure où tu liras ma lettre, du groupe de travail COVID de la Maison Blanche).

- contre l’enregistrement des nouveaux décès : l’administration Trump est en train de modifier le mode de comptabilisation et met le couvercle sur les informations issues du CDC (agence de protection contre les maladies).

Les troupes d’extrême droite ont compris le message. Les voilà, à l’assaut du capitole de l’Etat du Michigan, dont la gouverneure refuse de rouvrir l’économie, armés jusqu’aux dents pour mieux montrer leur collection de pétoires à leurs copains.

Balcon intérieur du capitole du Michigan, pris en photo et tweeté par la sénatrice Dayna Poleanki, qui a avoué avoir eu très peur. Les séances des instances législatives du Michigan ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre. Vive la démocratie

Les voilà encore, attaquant les employés des restaurants fermés (canardage de trois employés McDonald en Oklahoma) ou des magasins qui exigent le port du masque (un tué dans le Michigan, coups et blessures dans un magasin Target en Californie). Les voilà enfin, envoyant des menaces de mort au Dr. Fauci, désormais protégé par des gardes du corps.

Et, en ce qui concerne le comptage des cas, l’Etat de la Georgie (gouverneur ultra trumpiste) vient de publier une courbe avec les dates dans le désordre afin de donner l’impression que la contagion est en baisse.

Brooklyn, 16 mai.

Extrêmes onctions …

Outre de lui prescrire des cures miracles, le roi Eau de Javel n’oublie pas de réconforter son peuple :

- Dans les conférences de presse : à des questions faciles, du genre, « M. le Président, avez-vous un message pour les familles des victimes », ou « avez-vous des conseils particuliers pour les Américains », il répond uniquement par des invectives : « C’est moi le président, et vous êtes « fake news ».

- A la Fête des mères (le 11 mai, ici). Quand tant de familles ont perdu leur matriarche : tweet anémique de « BONNE FETE DES MERES », suivi de 126 attaques contre la presse et autres ennemis du peuple.

- Aux jeunes diplômés de l’année 2020, privés de la cérémonie traditionnelle, rite sacré américain : silence radio. C’est Obama qui prononce le discours de fin d’études, télévisé dans tout le pays. Le même jour, Trump amuse ses fans en retweetant une scène du film Independence Day avec sa tête greffée sur le corps de l’acteur Bill Pullman.

La liste des ignominies que nous subissons est très longue, et je crains d’épuiser ta patience, cher Testu, alors je continuerai une autre fois (n’hésite pas à m’envoyer tes questions). Il faudrait que je te parle un jour des mesures de découragement et de limitation du vote, de l’annihilation des mesures de protection de l’environnement, de la ruine orchestrée de l’école publique, de la destruction de la poste américaine, etc.

Quelques nouvelles locales

Ma bourgade de Madison compte désormais 134 cas de COVID (contre 8 dans ma dernière lettre) et 15 décès, mais les mesures de distanciation et de fermeture des magasins ont permis d’aplatir la courbe dans le New Jersey et dans l’Etat de New York, deux Etats très touchés (146 000 et 350 000 cas). Certains commerces non essentiels sont de nouveau autorisés, moyennant des précautions bien sûr. Le weekend férié de Memorial Day verra l’ouverture des plages, même celle de Coney Island à New York. Si tout se passe bien, l’été et la paix sociale seront peut-être sauvegardés. Et puis, tout refermera en août quand la remontée des cas l’imposera, comme chez toi, peut-être.

Christine

Postscriptum :

Certains Etats, abandonnés par le gouvernement (débrouillez-vous, a dit Trump), sans revenu puisque l’économie est dans les toilettes, et confrontés à un accroissement sans précédent des dépenses, ont décidé de s’associer, en formant des groupements d’achat et en définissant ensemble des politiques de réouverture cohérentes : Pacte des Etats de l’Ouest (Californie, Washington, Oregon, Colorado et Nevada) et Conseil des Etats de l’Est (Massachusetts, Connecticut, Delaware, New Jersey, New York, Pennsylvanie et Rhode Island).

Cette approche régionale face à l’abdication de ses responsabilités par l’administration Trump, annonce-t-elle une forme de sécession qui nous séparerait des Etats moins peuplés tenant le pays en otage ?

On peut rêver… Je m’explique :

Le législatif américain est divisé en une Chambre des représentants et un Sénat. Le nombre de représentants de chaque Etat est proportionnel à sa population, mais le nombre de sénateurs est toujours de deux. Donc les Etats les moins peuplés ont même pouvoir de vote au sénat que leurs voisins. Par exemple, la Californie, env. 40 millions d’habitants, et le Wyoming, env. 600 000 habitants, ont chacun deux sénateurs. Les lois votées par l’Assemblée à majorité démocrate sont ainsi systématiquement bloquées par un sénat républicain non représentatif de l’électorat, et dont le président McConnell refuse même de mettre au vote les lois qui le dérangent. L’Assemblée est redevenue démocrate en novembre dernier et a depuis passé de nombreuses réformes, bloquées au Sénat. C’est l’assemblée qui a voté pour la destitution de Trump, c’est le Sénat qui l’a acquitté.

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Suite de notre nouvelle : Histoire d'amour (2/3)

(Résumé de la première partie : Bernard enterre sa femme Elizabeth, sous l’œil méprisant de sa belle-famille et sans arriver à regretter ce veuvage prématuré)

Condoléances, condoléances, ce n’en finit plus … Voici Joseph, ex-patron de Michelle. Un homme de patience. Veuf récent, lui aussi : un cancer ovarien. Depuis, il promène son deuil huit heures par jour dans les couloirs du bureau, inquiet comme une bête malade.

- Mon pauvre Bernard, c’est affreux. Oh, je sais combien tu souffres. Et la petite…Viens-me voir…, viens-me voir quand tu veux.  Vraiment. Nous parlerons, nous nous épaulerons l’un l’autre.

Ils s’embrassent. Bernard a de l’affection pour son collègue, mais cette compassion humide lui donne envie de s’ébrouer.

Suit la menue Martine, qui négocie périlleusement le gravier sur ses talons aiguilles. Représentant le couple Rambaud sans doute – il ne voit pas Jean -, des expatriés de La Réunion rencontrés à Val d’Isère. Tous les quatre « inséparables » le temps d’un séjour, puis deux, puis trois. Elizabeth ne pouvait pas les supporter. Elle méprisait l’élégance coloniale deux-fois-par-an-les-courses-à-Paris de l’épouse Rambaud. Car elle était snob, Sainte Elisabeth. Qu’elle se soit entichée du rejeton d’un comptable et d’une chef de rayon à Prisunic demeurerait à jamais un mystère. Et une abomination tristement confirmée aux yeux de Jacques, André et les autres Bélanger.

- Ah, Bernard, quelle perte… Notre Elisabeth adorée, si fine, si belle… Une skieuse incomparable. Jean est dé-chi-ré de ne pas être là. La société l’a renvoyé plus tôt que prévu aux antipodes, mais j’ai tenu à rester… Une poignée de main gantée prolongée et une voix qui baisse d’un ton : Mais je te reverrai tout à l’heure. Nous parlerons plus longuement, n’est-ce pas ?

Elle s’éloigne.  Bernard sent le regard de Jacques. Le défilé continue. Lorsqu’il s’achève enfin, le père et mari digne dans la douleur récupère prestement Anne-Marie et la bonne pour les ramener à la maison, avaler une aspirine, souffler.

Réception

Salutations à voix basse, manteaux que l’on confie à l’entrée, trépignement feutré sur le parquet ancien de l’hôtel particulier des Bélanger. Curiosité furtive des nouveaux initiés. Chacun présente ses respects à Jacques, posté près de l’entrée. D’instinct, la plupart ont compris que Bernard était en train de quitter la galaxie Bélanger. Pas de souci. Il se tient tranquillement à l’écart, près d’une fenêtre. Le contre-jour ne le dissimule toutefois pas assez des quelques raseurs déterminés à remplir leur devoir jusqu’au bout. Derrière l’une de ces âmes de bonne volonté, il aperçoit Vermont… Un bel homme, quand même… La gueule carrée, le port d’un militaire de carrière… L’haleine difficile… Le patron s’approche et lui écrase la main.

- M. Marchand, je suis désolé de votre deuil. Ce sont, je n’en doute pas, des jours très douloureux. Prenez tous les congés dont vous aurez besoin.  Il toussote : Je crains que ceci ne soit pas le bon moment, mais la direction souhaite que je vous avise dès aujourd’hui qu’elle vous propose la direction de notre filiale de Courbevoie. C’est un grand honneur. Cependant, compte tenu des circonstances, je comprendrais tout à fait que vous hésitiez... On m’a malheureusement demandé une réponse rapide. Appelez-moi dans quelques jours, si cela vous est possible.

Surpris, Bernard bredouille une réponse. Il admire le stoïcisme de Vermont, auquel échappe une promotion qu’il a amplement mérité. A-t-on pris un jeune veuf en pitié ? Ce n’est pas le style de la maison. Il ne peut s’empêcher de se sentir flatté. Partir à Paris, pourquoi pas ? Un poste prestigieux, un gros salaire et une vie excitante dans la capitale. Fortune, quand tu nous souris.

A suivre…

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SCHAFF Jean Louis | Réponse 21.07.2020 09.27

L.R. , ils veulent tout mais ils ont Moins et le département ça fait déjà beaucoup ; de plus ils ont en gestation un candidat sénateur masqué, là ça fait trop !

francois Romeo | Réponse 12.06.2020 11.19

vivement la suite

Jeanne Marin | Réponse 12.06.2020 10.06

Les L.R. veulent, Aurillac, la CABA, Vic, la Comcom, etc. Leur programme : la revanche. Ils n'ont, semble t-il, aucune autre vision, ni aucun autre programme.

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Commentaires

21.07 | 09:27

L.R. , ils veulent tout mais ils ont Moins et le département ça fait déjà beaucoup ; de plus ils ont en gestation un candidat sénateur masqué, là ça fait trop !

...
17.07 | 15:18

Vous êtes nombreux à aimer la prose de Christine. Elle est comme nous tous, bénévole... Et à ce titre fait comme elle veut
Notre salaire : Vos encouragements !

...
17.07 | 15:14

Je ne sais pas… Il a eu, lui, l'élégance de téléphoner pour dire citant Beaumarchais
"Sans liberté de blâmer, pas d'éloge flatteur"
D'autres font la gueule !

...
17.07 | 15:07

Merci Testu, effectivement vos reportages sur le monde local nous éclairent au niveau national. Y aura-t-il encore de ces lettres d'Amérique, si intéressantes ?

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